L’Euro-fédéralisme, ou le lit de Procuste Par Bruno Guigue le 07 juillet 2016

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L’Euro-fédéralisme, ou le lit de Procuste *
Après la stupeur provoquée par la fronde populacière du 23 juin, les dirigeants de l’UE s’emploient à faire comme si de rien n’était, l’essentiel étant de perpétuer l’ordre des choses tout en tentant de limiter les dommages collatéraux. Faisant de nécessité vertu, ils appliquent alors un raisonnement qui est celui de la branche pourrie. Pour conjurer le risque de contagion qui menace l’édifice branlant échafaudé depuis trente ans, ils ne veulent voir dans l’amputation du membre félon qu’un inconvénient passager. L’important, c’est que les affaires reprennent et que rien ne change, à 27 comme à 28.
Tentation du statu quo
Pour la Commission, solder les comptes du Brexit permettra bientôt de le réduire au statut inoffensif de mauvais souvenir. Au prix d’une mutilation dont le préjudice est jugé surmontable, on entend bien perpétuer ad libitum l’espace mirifique du grand marché et en maintenir les règles, comme si rien de substantiel ne devait l’affecter. A ceux qui ne l’auraient pas compris, Jean-Claude Juncker a d’ailleurs adressé une formidable leçon de choses en annonçant, dès le lendemain du vote britannique, la poursuite des négociations sur l’instauration du libre-échange avec le Canada.
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Les dirigeants de l’UE, ont énoncé mercredi à Bruxelles leurs lignes rouges vis à vis de Londres. | EPA / MAXPPP
De leur côté, les partisans du fédéralisme se réjouissent secrètement de la défection d’un Etat qui constituait une pièce rapportée de la construction européenne. Et s’imaginant sans doute que l’UE y gagnera en cohésion, ils font la promotion d’un projet éminemment progressiste consistant à pousser les feux de l’intégration au moment même où un peuple d’Europe vient de la rejeter. Ce projet repose, il est vrai, sur un mythe tenace qui refait surface à chaque crise comme un serpent de mer, et qui se présente comme la solution rêvée aux déraillements récurrents de la machinerie communautaire. Ce mythe tenace, on le sait, c’est la transformation progressive de l’UE en un véritable Etat fédéral, au nom d’une communauté de destin supposée entre les peuples du Vieux Continent.
Haro sur l’Etat-nation
Perspective radieuse sur le papier, mais au prix d’une sérieuse prise de distance avec le monde réel. Ignorant toute profondeur historique, ses partisans font comme si la fabrication d’une entité supranationale pouvait damer le pion à des nations millénaires. Biffant d’un trait de plume technocratique l’histoire et la géographie, ils voient dans l’Etat-nation, au mieux, la butte-témoin d’un âge révolu. Ils y discernent avec dédain une sorte de survivance archaïque promise à l’étiolement, voire un simple catalogue d’us et coutumes révocable à loisir sur injonction bruxelloise.
C’est pourquoi ils espèrent l’avoir à l’usure. Avec le rouleau compresseur de l’intégration, ils veulent le faire disparaître, cet Etat-nation qui sent le moisi. Pour prémunir le capital de ses foucades démocratiques, ils lui substituent patiemment, depuis trente ans, un artefact dont l’obéissance aux marchés est garantie sur facture. L’Etat-nation est déjà privé de sa monnaie ; sa politique budgétaire est corsetée par des règles absurdes ; on lui interdit toute politique industrielle ; il est assujetti à des directives soustraites à la délibération populaire, mais ce n’est pas suffisant ! Par de nouveaux transferts de souveraineté que l’on justifiera en agitant l’épouvantail du populisme ou en brandissant l’étendard de la modernité, le fédéralisme n’aura de cesse de le mettre complètement à poil.
Le lit de Procuste
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Peu importe que la réalité historique des Etats-nations, attestée par la permanence des référents symboliques qui définissent le génie national, passe par pertes et profits du grand projet unificateur. Les langues nationales seront remplacées par l’anglais, et la culture originale dont témoignent ces idiomes ancestraux sera bientôt diluée dans les prétendues valeurs communes d’une Europe adonnée au Veau d’or. Comme le lit de Procuste, l’euro-fédéralisme coupe tout ce qui dépasse ! Il rêve d’annihiler les différences nationales pour les fondre dans un magma insipide dont le résultat prévisible sera, au mieux, la condamnation des Européens à l’impuissance collective.
Voulue par les concepteurs de l’Union, cette impuissance n’est pas un raté du système, elle en est l’essence même. En flouant la souveraineté nationale, en déniant à l’Etat le pouvoir de mener sa politique, le fédéralisme anéantit la volonté populaire. Car si un Etat ne peut plus décider de sa politique, on ne voit pourquoi il faudrait demander au peuple d’en délibérer. Les euro-fédéralistes le savent mais ils n’en ont cure : tuer l’Etat-nation, c’est tuer la démocratie. La nation, en effet, est le cadre ordinaire dans lequel un peuple peut s’imposer les lois de son choix, en changer si bon lui semble, et élire les dirigeants à qui il confie le soin de les appliquer.
Par une supercherie dont l’UE est la caricature, les fédéralistes entendent substituer à des Etats-nations historiques dans lesquels les peuples se reconnaissant une supra-nation dont personne n’a la moindre idée. Dans cette construction idéologique, le projet chimérique de l’Etat fédéral européen sert de paravent à une démolition en règle des corps collectifs dont l’Etat-nation est la clé de voûte. Au nom d’un super-Etat imaginaire, on entend saper l’existence de ces formes d’organisation collective qui ont fait l’Europe moderne, malgré les attaques qu’elles subissent désormais de la part des commis du capital.

Le modèle américain
Que l’Europe politique ait eu pour promoteur Jean Monnet, homme d’affaires travaillant pour les Etats-Unis, rappelle que la construction européenne est un projet made in USA. Car elle avait et elle a toujours pour finalité essentielle l’assujettissement de l’Europe occidentale, formidable réservoir d’hommes et de marchés, à l’hégémonie américaine. Mieux encore, les fédéralistes européens prennent les USA comme modèle, comme si les deux continents avaient des histoires comparables. Ce faisant, ils s’aveuglent sur les vertus de cette comparaison. Car ils oublient que c’est le vide des grands espaces américains, purgés de leurs indigènes récalcitrants, qui donna aux Etats-Unis leur cohésion, leur permettant d’absorber les vagues d’immigration successives en provenance du Vieux Continent.
s’il y a une nation américaine, c’est parce qu’elle est dès l’origine la projection de l’Europe vers son propre occident et qu’elle s’est déployée depuis un centre, le Nord-Est des Pères fondateurs, vers une périphérie qui fut une terre de conquête. Ce qui a fait l’unité américaine, c’est cette vacuité de l’espace. Terre sans histoire (autre que l’histoire à venir), l’Amérique a offert la virginité de ses plaines fertiles au labeur acharné de ses pionniers. Il est plus aisé, pour une communauté humaine, de forger son unité dans une géographie sans histoire que dans une géographie qui en est pleine, dans un espace vierge que dans un lieu déjà saturé de sens. Moyennant la destruction cynique des sociétés indiennes, la nation américaine a saisi cette chance.
L’alibi fédéraliste
Entre les USA et l’Europe, comparaison n’est donc pas raison. Le terreau de la construction européenne est encombré d’histoire, tandis que celui de la nation américaine était déblayé avant usage. La mémoire européenne est pleine, celle de l’Amérique cherche désespérément à se remplir. L’Amérique a fait de l’un avec du vide, et elle s’est contentée de le remplacer. L’Europe veut faire de l’un avec un multiple saturé qui lui colle à la peau. L’Amérique s’est bâtie sur une géographie sans histoire (européenne), l’Europe entend bâtir son avenir, mais en composant avec son passé. C’est pourquoi l’idée européenne a bien un sens, mais ce n’est pas celui que veut lui imposer au forceps l’idéologie fédéraliste.
L’euro-fédéralisme, en réalité, n’est pas un projet, mais un alibi. C’est une machine de guerre visant au désarmement unilatéral des souverainetés populaires, une tentative obstinée d’évidement, sous des prétextes humanistes, de ce qui constitue le substrat de la démocratie moderne. Vêtu des oripeaux du pacifisme, de l’humanisme et du progressisme, sa logique infernale accoucherait immanquablement de leurs contraires. En ramenant au plus petit dénominateur commun des volontés populaires privées de leur cadre naturel, l’euro-fédéralisme, s’il parvenait à ses fins, porterait le germe des affrontements qu’il prétend empêcher. Rien de bon pour les peuples européens ne sortira jamais du lit de Procuste.
Bruno Guigue | 7 juillet 2016
* Faire un lit de Procuste, désigne la tentative de mettre tous les hommes dans le même moule, standardiser les opinions et les comportements. C’est uniformiser, quitte à déformer ou dégrader. C’est reconnaitre ne pas être capable de s’adapter aux cas particuliers.
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Bruno Guigue, ancien élève de l’École Normale Supérieure et de l’ENA, Haut fonctionnaire d’Etat français, essayiste et politologue, professeur de philosophie dans l’enseignement secondaire, chargé de cours en relations internationales à l’Université de La Réunion. Il est l’auteur de cinq ouvrages, dont « Aux origines du conflit israélo-arabe, L’invisible remords de l’Occident, L’Harmattan, 2002 », et de centaines d’articles.
Source: http://arretsurinfo.ch/leuro-federalisme-ou-le-lit-de-procuste/

Soros – Crime Contra a Europa

arretsurinfo.ch:

“Ces ONG, financées par un milliardaire américain, qui encouragent les migrants à s’installer dans l’UE

Ces ONG financées par un milliardaire américain qui chuchotent à l’oreille de l’Union européenne pour encourager les migrants à s’y installer
Alors qu’une grande crise migratoire traverse l’Europe depuis de longs mois, certaines ONG jouissent d’une influence non négligeable auprès des instances décisionnelles de l’Union européenne. Derrière plusieurs d’entre elles se cache l’ombre de George Soros, le spéculateur et philanthrope américain.
Atlantico : D’après vous, les ONG qui préconisent l’installation des migrants en Europe reçoivent leurs directives et leur financement du spéculateur américain George Soros et de l’Union européenne. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Bernard Carayon : Ce qu’il faut rappeler avant tout, c’est que l’Europe connaît un bouleversement humain, politique et social sans équivalent depuis 1945, avec l’arrivée de ce que l’on appelle les « migrants » dans notre novlangue collective : des étrangers en situation irrégulière et des réfugiés qu’on ne peut distinguer les uns des autres.
Une centaine d’ONG soutiennent l’installation de ces migrants en Europe. Un tiers d’entre elles sont subventionnées par l’Union européenne et par l’Open Society de George Soros. Le milliardaire spéculateur américain s’est fait connaître dans le passé pour avoir fait sauter la Banque d’Angleterre en 1992 et récupéré, au passage, plus d’un milliard de dollars, fait exploser les monnaies thaïlandaise et malaisienne en 1997, et spéculé contre le franc en 1993 ! Sa fortune est immense : près de 25 milliards de dollars ! Les revenus de ses capitaux ont été ou sont utilisés pour financer les « révolutions colorées » et des ONG, notamment pro-migrants : un milliard de dollars par an.
L’Open Society de George Soros et le think tank américain « Migration Policy Institute », domicilié à Washingthon D.C, ont par ailleurs publié en commun un rapport nommé « Accueillir l’engagement. Comment le sponsoring privé peut renforcer l’installation des réfugiés dans l’Union européenne ?« . Ce rapport se félicite que la Commission européenne ait encouragé l’appel aux sponsors privés et aux ONG pour réinstaller, hors-quotas, des migrants au sein des Etats-membres.
Autre élément : l’ONG PICUM, la « Plateforme pour la coopération internationale des sans-papiers », domiciliée à Bruxelles, exerce une influence considérable auprès des institutions européennes. Elle a produit récemment un guide à la suite de la directive de l’Union européenne « relative aux victimes », destiné à faire progresser l’accès à la protection, aux services, et à la justice des « migrants sans papiers ». Cette fois-encore, l’ONG est financée par l’Union européenne et par l’Open Society.
Troisième élément : l’ONG OXFAM, collaboratrice régulière de l’Open Society, finance avec cette dernière le mouvement « Y’en a marre » au Sénégal, qui est une tentative de « révolution colorée » dont Soros est coutumier ; Oxfam s’est investie aussi dans la lutte contre le charbon, à l’occasion de la COP 21, et est notamment financée par l’Union européenne, qui lui a versé 75,3 millions d’euros pour l’année 2013-2014.
Parmi tous les mauvais coups portés à la France – à l’industrie et aux banques françaises dans le passé –, OXFAM a exigé, dans son rapport « Solidarité avec le peuple syrien » d’octobre 2015, d’intensifier les programmes de réinstallation, critiquant la France parce qu’elle ne contribuait pas suffisamment à ces programmes, et a préconisé l’accélération des démarches pour les regroupements familiaux, l’accélération des modalités de parrainage communautaire ou des possibilités de bourse universitaire et de rémunération fondée sur le travail.
Un autre acteur du soutien aux immigrés est le réseau UNITED for Intercultural Action. Il est composé d’activistes d’extrême-gauche et notamment financé par le Conseil de l’Europe, la Commission européenne et l’Open Society.
On ajoutera également que, parmi les principaux think tanks influents sur la question, lethink tank américain European Stability Initiative est en réalité l’inspirateur du plan Merkel d’octobre 2015. Ce plan préconise que l’Allemagne accueille davantage de migrants et les exempte de visas pour circuler librement.
Derrière cet obscur think tank, on retrouve encore une fois l’Open Society de Soros, le Rockefeller Brothers Fund et bien d’autres financeurs américains.
Tout nous ramène ainsi au même homme : George Soros, celui qui finance à la fois l’opération des Panama Papers (au travers de l’ICIJ et de l’OCCRP) et ces ONG. Ces ONG pèsent à leur tour sur les institutions européennes et les programmes gouvernementaux, comme en Allemagne, pour accueillir des étrangers en situation irrégulière.
 
Au fond, vous critiquez aussi le fait que l’Union européenne, elle-même influencée par les ONG, finance justement les mêmes ONG qui soutiennent les migrants. C’est un échange à circuit fermé en quelque sorte ?
Il y a une complicité intellectuelle et politique entre l’Union européenne et les ONG que je viens de citer. Toutes sont portées par une idéologie sans-frontiériste, l’Europe représentant un terrain de choix car ses institutions sont très perméables à leurs idées politiques.
Cette question du financement n’a pas encore été posée devant l’opinion publique : qui finance ces ONG ? Comment peut-on accepter qu’une institution européenne soutienne des opérations qui violent les lois et les règlements des Etats membres de l’Union ? Financer des activités illégales, avec l’argent du contribuable européen, est illégitime et illégal !
Je souhaite que, pour le temps de la crise du Proche-Orient, les politiques migratoires ressortent de la compétence des Etats-nations, puisque l’Union européenne a démontré son impuissance et s’absorbe dans des solutions scandaleuses.
Je suggère que les députés français des Républicains au Parlement européen demandent des comptes à la Commission. Qu’ils réclament des chiffres ! Combien les contribuables européens payent-ils pour soutenir des ONG qui préconisent l’installation chez nous, en Europe, d’étrangers en situation irrégulière ?
L’administration bruxelloise apparaît totalement décalée par rapport aux aspirations des peuples. Partout en Europe, elle suscite un rejet qui rejaillit sur la construction communautaire. Un sondage, paru début mars, montrait que 59% des Français étaient hostiles à l’accueil des migrants. Et pourtant, en dépit de la poussée des mouvements de contestation dans l’opinion, l’Union continue dans cette direction.
Le ministre de l’Immigration australien a accusé les ONG d’encourager les migrants à des actes désespérés pour imposer un changement de politique migratoire, suite au suicide d’un migrant. Pensez-vous que les ONG et les think tanks aient un dessein politique supérieur au rôle humanitaire proclamé ?
Nul ne peut dire que les ONG agissent plus pour des raisons humanitaires que politiques.
J’observe simplement que la plupart d’entre elles sont financées par George Soros et que ses préoccupations sont vraiment politiques. On l’a vu à l’œuvre en Crimée, en Ukraine, en Géorgie, cherchant sans cesse l’affrontement avec les Russes et entraînant l’Europe dans ses obsessions, au mépris de nos intérêts et de notre amitié historique avec la Russie.
Son projet politique est partagé par une kyrielle de mouvements d’extrême-gauche, rejetant les frontières. Son projet, c’est No borders !
Soros, qui est derrière l’affaire des Panama Papers, ne donne pas pour autant un exemple éthique dans la gestion de sa fortune personnelle. Celle-ci a longtemps été gérée à travers le Quantum Fund, créé en 1973 et domicilié aux îles Caïman et aux Antilles néerlandaises. Ce fond n’a plus, depuis 2011, qu’une seule activité : gérer le Soros Fund Management, créé en 1969, et astucieusement installé à New York.
Le Soros Fund Management, qui a le mérite, en apparence, d’être domicilié aux Etats-Unis, a changé de statut en 2011 au lendemain de l’adoption par les USA de la loi Dodd Franck Wallstreet Reform And Consumer Protection qui a imposé un plus grand contrôle des marchés financiers et donc des fonds spéculatifs. Soros Fund a alors été transformé en « family office« , qui est exclu des obligations de transparence ! Le statut très particulier de ces « family offices » a fait l’objet d’un lobbying effréné, à l’époque, de George Soros, sous prétexte que l’argent familial devait être géré librement par la famille. En résumé, le Soros Fund Management est installé aux Etats-Unis, bénéficie d’un statut opaque, mais est géré par un fond, le Quantum Fund, domicilié dans des paradis fiscaux.
La Commission européenne propose une « contribution de solidarité » de 250 000 euros par réfugié pour contraindre les pays récalcitrants à l’accueil de réfugiés sur leur territoire : équivalent de leur suivi (éducation, logement, …) pendant 5 ans. Soit 50 000 euros par an. Pensez-vous qu’il y ait un décalage entre la cause des migrants et celle des Français dont le revenu de solidarité minimum est bien inférieur (socle du RSA : 6 288 euros par an) ?
C’est cela qui est scandaleux ! L’Union européenne se moque des travailleurs pauvres, issus des Etats de l’Union.
Je veux rappeler à nos bonnes consciences de gauche que le nombre de Français sans abris a progressé de 50% en 10 ans et de 84% à Paris, que le chômage des jeunes atteint en Europe 22%, près de 26% en France, alors que ces ONG exigent d’ouvrir le marché de l’emploi à ces migrants, négligeant les risques par ailleurs que représente leur infiltration par l’Etat islamique. D’ailleurs, puisque les ONG sont si promptes à agir avec tant d’énergie en faveur des migrants, je les invite à se mobiliser au service des SDF ou à rechercher l’accueil de leurs protégés auprès de l’Arabie Saoudite, du Qatar et de l’Algérie.
Sans compter que l’Union européenne a promis 6 milliards d’euros à la Turquie pour qu’Erdogan conserve chez lui les réfugiés de la région. Et il en profite pour obtenir la libre circulation des Turcs en Europe alors que son pays ne respecte pas les valeurs de l’Europe comme la liberté d’expression.
Propos recueillis par Clémence Houdiakova
Publié le 12 Mai 2016
Bernard Carayon est avocat et maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Paris
Source: Atlantico

Os manipuladores da crise migratória Thierry Meyssan

 

Os manipuladores da crise migratória

As biografias dos três principais organizadores da crise migratória, e da resposta que lhe dá a União Europeia, atestam os seus laços com a administração norte-americana e a sua vontade prévia de abolir as fronteiras. Para eles, as migrações actuais não são um problema humanitário, mas a ocasião para pôr em prática as suas teorias.
 | DAMASCO (SÍRIA) | 2 DE MAIO DE 2016 

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- Peter Sutherland, representante especial do Secretário-Geral da ONU encarregue das migrações internacionais
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Peter Sutherland
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Antigo Comissário Europeu Irlandês para a Concorrência, depois Director-Geral da Organização Mundial do Comércio (1993-1995); antigo director da BP (1997-2009), presidente da Goldman Sachs International (1995-2015); antigo director do Grupo de Bilderberg, presidente da secção Europeia da Comissão Trilateral, e Vice-Presidente da Mesa Redonda Europeia dos Industriais.
Se o Sr. Sutherland nunca perde uma oportunidade para sublinhar o dever moral de vir em socorro dos refugiados —Católico tradicional, foi conselheiro da IESE Business School da Opus Dei e, desde 2006, consultor Administração do Património da Santa Sé –- ele é, sobretudo um Ideólogo das Migrações internacionais. Entrevistado, a 21 de junho de 2012, pela Comissão de Assuntos Internos da Câmara dos Lordes, ele declarava que todos devem ter a possibilidade de estudar e de trabalhar no país da sua escolha, o que é incompatível com todas as políticas de restrição das migrações; e que as migrações criam uma dinâmica crucial para o desenvolvimento económico, independentemente do que dizem os cidadãos dos países de acolhimento. Por conseguinte, concluía ele, a União Europeia deve minar a homogeneidade das suas nações [1].
- Gerald Knaus, director-fundador da European Security Initiative (ESI)
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Gerald Knaus
Sociólogo austríaco. Trabalhou de 1993-2004 na Bulgária, na Bósnia-Herzegovina e no Kosovo –-no final do mandato de Bernard Kouchner—, primeiro para ONGs, depois para a União Europeia. Ele prosseguiu as pesquisas, de 2005 a 2011, no Carr Center for Human Rights Policy, da universidade de Harvard, depois das quais publica Can Intervention Work?(«Pode o Intervencionismo Funcionar?»- ndT). Ele funda a ESI em 1999, na Bósnia-Herzegovina. O Instituto recebe a sua primeira subvenção do US Institute of Peace(Instituto da Paz dos EU), instituição irmã da NED, uma dependente do Pentágono. Depois, Knaus parte para Washington onde ele é recebido precisamente na National Endowment for Democracy (NED), depois na Carnegie Fondation, e no American Enterprise Institute. Além disso, ele é recebido por James O’Brien e James Dobbins no Departamento de Estado, e por Leon Fuerth na Casa Branca. Em breve, a ESI é financiada pelo German Marshall Fund, a Mott Fondation, o Open Society Institute ( de George Soros), a Rockefeller Brothers Fondation, e os governos holandês, irlandês, luxemburguês, norueguês, sueco e suíço.
Em 2004, ele publica um relatório assegurando que a imputação segundo a qual 200.000 Sérvios tinham sido expulsos do Kosovo é uma mentira da propaganda russa. Em 2005, ele lança a teoria segundo a qual o AKP turco é uma formação «calvinista islâmica» buscando criar uma forma de «democracia-muçulmana».
No seu livro, Can Intervention Work? —que publicou com Rory Stewart, antigo tutor dos Príncipes William e Harry, do Reino Unido, que ele havia conhecido no Kosovo, e que, sucessivamente, se tornou assistente de Paul Bremmer, em Meyssan, durante a ocupação do Iraque, depois o director do Carr Center for Humans Rights Policy—, ele congratula-se com as invasões norte-americanas e desenvolve uma nova concepção da Colonização. Segundo ele, o «Intervencionismo Humanitário» é legítimo, mas só pode ter êxito se levar em conta as realidades locais. Ele redige, assim, o elogio de Richard Holbrooke , a quem havia conhecido no Kosovo. O seu livro irá ser promovido por Samantha Power, que é, tal como ele, uma antiga colaboradora de Holbrooke, e havia criado e dirigido o Carr Center for Humans Rights Policy, onde ele foi pesquisador.
- Diederik Samsom, deputado nerlandês, Presidente do Partido do Trabalho
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Diederik Samsom
Físico nuclear, antigo director de campanha sobre o Clima e a Energia da Greenpeace. Eleito deputado (pela proporcionalidade) desde 2003, tornou-se presidente do seu Grupo parlamentar, depois presidente do seu partido. Falha, entretanto, na presidência do Parlamento e na função de Primeiro-ministro. Recusa, então, participar no governo de coligação que apoia, e permanece presidente do seu grupo na Assembleia.
Teria um Q.I. de 136, e ganhou duas vezes um concurso televisivo de testes de inteligência. Declara-se ateu militante, é não fumador e vegetariano estrito. Ele foi convidado junto com o Primeiro-ministro, Mark Rutte, em junho de 2014, para a reunião do Grupo de Bilderberg, onde puderam debater com Peter Sutherland —mas não com Rory Stewart, que só fora convidado para a reunião de 2012—.
Segundo os observadores políticos holandeses, ele é a principal vítima do referendo de apoio ao Acordo Europeu com a Ucrânia. Ele tinha-se, pessoalmente, comprometido neste tema e contra a Rússia. A sua derrota traduz-se de acordo com as sondagens num recuo, de metade a três quartos, na influência do seu partido.
Tradução
Alva
[1] “EU should ’undermine national homogeneity’ says UN migration chief” («A U.E. deveria minar a homogeneidade nacional diz o Chefe das migrações nas Nações Unidas»- ndT), Brian Wheeler, BBC, June 21st, 2012.

Como a União Europeia Manipula os Refugiados Sírios: Thierry Meyssan

 

Como a União Europeia manipula os refugiados sírios

A crise dos refugiados que ensombrou a União Europeia durante o segundo semestre de 2015 foi artificialmente fabricada. Entretanto, vários grupos tentaram instrumentalizá-la, fosse para destruir as culturas nacionais, para recrutar trabalhadores a baixo preço ou, ainda, para justificar o financiamento da guerra contra a Síria. No fim, uma vez passada a vaga e os estragos causados, o problema permanece, sobretudo, pelo lado africano.
 | DAMASCO (SÍRIA) | 2 DE MAIO DE 2016 

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Chegada de migrantes afegãos da Turquia à Grécia.
Desde a publicação coordenada da fotografia de uma criancinha curda, Aylan Kurdi, afogado numa praia turca, a 3 de Setembro de 2015, a opinião pública europeia mobilizou-se através de diversas iniciativas em favor dos refugiados. De imediato, o Presidente francês, François Hollande, e a Chanceler federal alemã, Angela Merkel, se pronunciaram a favor de um «mecanismo europeu de acolhimento permanente e obrigatório», enquanto uma multidão imensa, surgida não se sabe de onde, começava a sua progressão a pé através dos Balcãs. Apenas o Primeiro-ministro húngaro, Viktor Orban, se levantou contra esta súbita migração em massa.

A proposta da ESI

Até aqui, a questão das migrações era um problema económico, principalmente a partir de África para a Itália. A isto era preciso adicionar uma questão interna da União : a demanda pela indústria pesada alemã expressa pelo seu Presidente, Ulrich Grillo, de poder recrutar, para a Alemanha, 800.000 trabalhadores leste-europeus não pertencendo ao espaço Schengen. Do dia para a noite, juntava-se a estes dois factores económicos o dos refugiados humanitários, fugindo a uma zona de guerra.
A primeira proposta concreta para responder à nova situação é formulada, a 17 de Setembro de 2015, pela ESI (“European Security Initiative”-ndT), um “think tank” criado em Berlim, depois detalhada a 4 de Outubro. Tratar-se-ia de concluir um acordo entre a União Europeia e a Turquia de maneira a parar o fluxo, ao mesmo tempo organizando a transferência de 500.000 refugiados sírios para a União ao longo dos doze meses seguintes. Além disso, a Turquia iria comprometer-se a retomar os outros migrantes que continuassem a entrar ilegalmente na União, enquanto, em troca, ela beneficiaria de uma isenção de vistos para todos os seus cidadãos.
«É um reconhecimento que a crise síria é efectivamente única, e criou uma crise humanitária a uma escala que a Europa não conheceu desde a Segunda Guerra Mundial» indica a ESI, a qual precisa que a iniciativa deve partir da Alemanha, como resposta à intervenção russa na Síria.
Ora,
- a ESI considera como sendo evidente que os refugiados sírios fogem da «repressão do regime de Bashar» apoiado pela Rússia.
- a ESI só toma em conta os refugiados sírios e não os refugiados iraquianos, igualmente perseguidos pelo Daesh (E.I.).
A ESI precisa que o seu plano tem igualmente como objectivo :
- prevenir o desenvolvimento da extrema-direita na Áustria —o director deste “think-tank” é Austríaco—
- preparar uma operação similar para 1,1 milhões de refugiados sírios, actualmente baseados no Líbano, e que serão enviados para a América do Norte e para a Austrália. Trata-se, aqui, da aplicação das teorias de Kelly Greenhill sobre a «gestão estratégica das migrações como arma de guerra» [1], tal como os pesquisadores da ESI tinham constatado aquando do desencadeamento da guerra do Kosovo [2].
Por outro lado, ao propôr reenviar os migrantes para a Turquia a ESI parece ignorar que este país não é um Estado seguro para os refugiados, e que o mesmo recusou assinar a Convenção de 1951.
 

 

O Plano Merkel

A 23 de Setembro, o Conselho Europeu publica um comunicado em que mistura, por sua vez, a questão dos migrantes com a da guerra na/contra a Síria [3].
Os princípios do plano da ESI são retomados a 7 de Outubro pela Chanceler Angela Merkel, aquando de uma entrevista com a jornalista Anne Will na televisão ARD.
Para apresentar o seu projecto, agora denominado «Plano Merkel», a ESI organiza conferências em Berlim, Ancara, Istambul, Estocolmo, Bruxelas e Haia.
Independentemente da urgência provocada pela multidão que se junta nos Balcãs, a União organiza, a 12 de Novembro, em La Valletta, uma cimeira para regular a questão estrutural das migrações económicas vindas de África. Fica acordado criar um Fundo especial de € 1,8 mil milhões de euros para projectos de desenvolvimento, de longo prazo, que irão proporcionar uma perspectiva económica local aos Africanos e os ajudar a fixar-se nos seus locais.
A União organiza, a 29 de Novembro, uma outra cimeira do Conselho Europeu desta vez com a Turquia. O «Plano Merkel» é adoptado pelas duas partes. No entanto, pacote de ajuda à Turquia é adicionado a um montante inicial de 3 mil milhões de euros.
O Conselho justifica esta súbita generosidade como um apoio para o abrigo de refugiados sírios que teria já custado US $ 8 mil milhões de dólares à Turquia, mas sem encarar dar uma soma equivalente ao Líbano e à Jordânia que abrigam, entre os dois juntos, mais refugiados sírios que a Turquia. Além disso, o Conselho finge ignorar que as despesas Turcas já foram reembolsados pela ONU, pelo Catar e pela Arábia Saudita, e que a Turquia tem sistematicamente pilhado o Norte da Síria —pelo desmantelamento de máquinas-ferramentas e roubo de antiguidades—, resultando em somas infinitamente superiores. Finalmente, a maioria dos 2,7 milhões de refugiados sírios na Turquia integraram-se na economia local, de tal modo que menos de 240. 000 foram colocados sob a proteção do Programa Alimentar Mundial.
Na realidade, a Alemanha e a França, que pressionaram para a criação desta subvenção, pensam assim financiar, indiretamente, o prosseguimento da guerra contra a Síria, o que —segundo eles— irá pôr fim ao calvário dos refugiados pelo derrubar da República Árabe Síria.
A 21 de janeiro 2016, o director da ESI, Gerald Knaus [4], publica uma coluna de opinião no Süddeutsche Zeitung. Ele defende o princípio de uma cooperação mais estreita e directa entre a Alemanha e a Turquia, sem passar pela União Europeia. Ele conclui que um falhanço do «Plano Merkel» levaria «ao reforço daqueles que querem abolir o direito de asilo, que são contra os refugiados, contra a União, contra a Turquia, contra os muçulmanos, e que apoiam Putin». [5].
Gerald Knaus não explica porquê é que o facto de se tratar entre Berlim e Ancara directamente, sem passar por Bruxelas, permitirá lutar contra o eurocepticismo. Como tão pouco explica porque é que a Rússia quereria ver os refugiados sírios morrer afogados no mar Egeu.
Ninguém reagiu a estas insanidades porque há muito tempo que a questão dos refugiados não mais é tratada de maneira racional.

O Plano Merkel-Samsom

A 28 de Janeiro, enquanto a presidência rotativa do Conselho Europeu se sediava, por seis meses, nos Países Baixos, o Primeiro-ministro holandês Mak Rutte e o seu aliado, o presidente do Partido do Trabalho, Diederik Samsom [6], anunciam no De Volkskrant ter preparado as modalidades concretas para a realização do «Plano Merkel» [7]. Irá falar-se portanto, agora, de «Plano Merkel-Samsom» para designar o projecto apresentado pela ESI [8].
De passagem, fica-se a saber que Diederik Samsom realiza consultas com diversos governos socialistas europeus desde Novembro e que ele já tinha ido à Turquia.
A 18 de Março, o Conselho Europeu, presidido pelos Países Baixos, confirma a conclusão do acordo de 29 de Novembro [9]. Salvo que, por um passe de magia, os 3 mil milhões (bilhões-br) de euros que deviam ser entregues à Turquia se tornaram 3 mil milhões anuais.
No entanto, entre as duas cimeiras europeias, o número de refugiados entrados ilegalmente na União, a partir da Turquia via Grécia, é avaliado em cerca de 200. 000.

Observações sobre uma deriva

Em seis meses e meio passou-se de uma crise envolvendo refugiados, provindos principalmente de África, afogando-se no Mediterrâneo antes de se aproximarem das costas italianas, a um maná para a indústria pesada alemã poder utilizar 800.000 trabalhadores de baixos salários, depois a uma operação de financiamento da guerra contra a Síria e de deslocalização da sua população.
Com efeito, fica provado que :
- O representante especial do secretário-geral da Onu encarregue das migrações internacionais, Peter Sutherland [10], forçou o Programa Alimentar Mundial a diminuir as dotações destinadas aos refugiados sírios, a 1 de Julho de 2015, tornando difícil a sobrevivência de cerca de 240. 000, dentre eles, na Turquia. Desta forma, o grupo de pressão anglo-saxão que ele representa entendia provocar uma crise afectando a identidade das Nações Europeias. Esta decisão, seguida de declarações de hospitalidade do Presidente francês e da Chanceler alemã, no dia seguinte à publicação da foto do cadáver do jovem Aylan, encorajou alguns refugiados sírios a tentar a sua sorte na Europa. De seguida, Peter Sutherland opôs-se ao «Plano Merkel-Samsom» porque ele estabiliza as populações (e só instrumentaliza a crise contra a Síria).
- A Imprensa Nacional francesa, que fornecia até 2011 os passaportes sírios, fabricou um grande número deles que foram distribuídos no início da crise a migrantes económicos não-sírios –-principalmente Libaneses—, de maneira a aumentar a pressão dos «refugiados» sobre a Europa.
- Circuitos de migração foram organizados, não para trazer os refugiados sírios da Turquia para a Europa, mas para ir buscar Sírios a casa, na Síria, e levá-los para a Europa. Rumores foram lançados propagandeando condições de acolhimento luxuosas para refugiados sírios na Europa, uma linha aérea especial foi aberta desde Beirute, e uma linha de transporte marítimo, desde Tripoli, para encaminhar para Esmirna Sírios que não eram refugiados. Em algumas semanas, viu-se burgueses de Damasco e de Lataquia —que sempre tinham apoiado a República Árabe Síria— vender os seus negócios e tomar o caminho do exílio.
No fim, contrariamente a certas declarações oficiais :
- A ligação entre a pressão migratória na Europa e a guerra na / contra a Síria é artificial. Foi deliberadamente criada de maneira a provocar, ao mesmo tempo, tanto a aceitação de migrações como o financiamento, indirecto, da guerra pela União. Se algumas centenas de milhares de Sírios foram pressionados a atravessar o Mediterrâneo, é pouco provável que milhões os viessem a seguir.
- A mistura de populações, que se montou para formar a multidão que atravessou os Balcãs, é particularmente explosiva. Ela incluí tanto Sírios e Iraquianos, como Afegãos, Albaneses e Kosovares etc. O facto de todas essas pessoas serem predominantemente muçulmanas não bastaria para esconder que têm culturas, e uma interpretação da sua religião, muito diferentes; origens sociológicas e motivações sem qualquer ligação entre elas.
- Para além do episódio do segundo semestre de 2015, a pressão migratória sobre a Europa permanece essencialmente Africana. No entanto, nos próximos anos ela poderia se tornar Turca. Com efeito, se Ancara privar, como anunciou, 6 milhões dos seus cidadãos da sua nacionalidade, estas pessoas tentarão, por todos os meios, fugir do seu país de origem se possível antes de se tornarem apátridas. Uma transferência poderia ser facilitada pela abolição dos vistos necessários aos cidadãos turcos para entrar no espaço Schengen.
A reter : 
- Três grupos, diferentes, manipularam a crise dos refugiados do segundo semestre de 2015 :
• os partidários da destruição das culturas nacionais, reunidos em volta do antigo presidente da OMC, Peter Sutherland, o qual pensava assim favorecer o livre-comércio global ;
• a indústria pesada alemã, à volta do seu presidente Ulrich Grillo, o qual esperava, assim, dispôr de 800. 000 novos trabalhadores de baixos salários ;
• a França e a Alemanha, representadas por François Hollande e Angela Merkel, os quais viram aí uma maneira de legitimar o financiamento indirecto da sua guerra contra a Síria.
- Estes três grupos têm em comum o apoio à OTAN, a inter-comunicação, nomeadamente no fórum do Grupo de Bilderberg, e a partilha de um mesmo cinismo face às populações. Mas os seus fins são divergentes, de tal modo que, no fim, os Estados saíram a vencer face aos partidários do livre comércio global.
- Como muitas vezes acontece neste tipo de crise, as populações deliberadamente postas em movimento não excederam algumas centenas de milhares de pessoas. Elas juntaram-se a outros fluxos, mais antigos e constantes. Foi a interpretação mediática mentirosa que deu a impressão de uma transferência iminente de milhões de pessoas.
Tradução
Alva
[1] “Strategic Engineered Migration as a Weapon of War” («Migração Estrategicamente Orquestrada como Arma de Guerra»- ndT), Kelly M. Greenhill, Civil War Journal, Volume 10, Issue 1, July 2008.
[2] Em 1999, a CIA organiza o deslocamento, em três dias, de mais de 290.000 Kosovares da Sérvia para a Macedónia, em frente às câmeras das Agências de imprensa ocidentais. Trata-se de fazer crer numa repressão étnica pelo governo de Slobodan Milošević, e de justificar a guerra a seguir.
[3] « Déclaration du Conseil européen sur la vague de migration », Réseau Voltaire, 23 septembre 2015.
[4] Ver a sua biografia em : “Os manipuladores da crise migratória”, Thierry Meyssan, Tradução Alva, Rede Voltaire, 2 de Maio de 2016.
[5] «Ein Plan B für Merkel», Gerald Knaus, Süddeutsche Zeitung, 21. Januar 2016.
[6] Ver a sua biografia em : “Os manipuladores da crise migratória”, Thierry Meyssan, Tradução Alva, Rede Voltaire, 2 de Maio de 2016.
[8] “Rights groups criticise Europe refugee resettlement plan”, Patrick Kingsley, The Guardian, January 28th, 2016.
[10] Ver a sua biografia em : “Os manipuladores da crise migratória”, Thierry Meyssan, Tradução Alva, Rede Voltaire, 2 de Maio de 2016.

O Suicídio Europeu Face à Turquia – por Thierry Meyssan

 

 
A HISTÓRIA EM VIAS DE SE REPETIR

O suicídio Europeu face à Turquia

RESEAU VOLTAIRE. ORG
 
Ao assinar um acordo —diga-se de passagem, ilegal no Direito Internacional— com a Turquia para abrandar o afluxo de migrantes, os dirigentes da União Europeia envolveram-se um pouco mais num pacto com o diabo. Uma grande parte dos 3 mil milhões (bilhões-br) alocados a Ancara servirá para financiar o apoio aos jiadistas e, por conseguinte, a aumentar o número de migrantes que fogem à guerra. Acima de tudo, revogando, nos próximos meses, os vistos com a Turquia, os Europeus instituem a livre circulação entre os campos da Al-Qaida, na Turquia, e Bruxelas. Esmagando assim os povos iraquiano e sírio sob a opressão dos jiadistas, que eles financiam indirectamente, e abandonando o povo turco à ditadura do Presidente Erdoğan, preparam as bases de um vasto enfrentamento do qual virão a ser as vítimas.
 | DAMASCO (SÍRIA) | 22 DE MARÇO DE 2016 
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Aquando da conferência de imprensa de 18 Março de 2016, o presidente da União Europeia, Donald Tusk (um Polaco que defende os interesses da Alemanha), parecia tentar acalmar a fúria do presidente da Comissão, Jean-Claude Juncker (um Luxemburguês que defende os interesses dos E.U.A.). Para enorme satisfação de um Primeiro-ministro Turco, tranquilamente irónico, Ahmet Davutoğlu.
© União europeia
«A democracia é como um tramway, subimos para ir aonde queremos e aí chegados descemos»
Recep Tayyip Erdoğan (1996)
O Conselho Europeu de 17 e 18 de Março de 2016 adoptou um plano visando resolver o problema colocado pelo afluxo maciço de migrantes provindo da Turquia [1]. Os 28 chefes de Estado e de governo submeteram-se a todas as exigências de Ancara.
Nós havíamos já analisado a maneira pela qual os Estados Unidos entendiam utilizar os acontecimentos do Próximo-Oriente para enfraquecer a União Europeia [2]. No início da actual crise dos «refugiados», fomos os primeiros a observar simultaneamente que este evento tinha sido deliberadamente provocado, e os problemas insolúveis que ele ia colocar [3]. Infelizmente, todas as nossas análises acabaram provadas, e as nossas posições foram, depois, amplamente adoptadas pelos nossos detractores de então.
Indo mais longe, interessa-nos avaliar a maneira como a Turquia tomou conta do jogo e a cegueira da União Europeia, que persiste em estar um passo atrás.

O jogo de Recep Tayyip Erdoğan

O presidente Erdoğan não é um homem político como os outros. E, não parece que os Europeus, nem os povos, nem os seus dirigentes, tenham tomado plena consciência disso.
• Primeiro, ele veio da Millî Görüş, um movimento islâmico pan-turquista ligado aos Irmãos Muçulmanos do Egipto e defensor do restabelecimento do Califado [4]. Segundo ele —como, aliás, segundo os seus aliados do Milliyetçi Hareket Partisi (MHP)— os Turcos são os descendentes dos Hunos de Átila, eles próprios filhos do lobo das estepes da Ásia Central, do qual herdariam a resistência e a crueza. Formam uma raça superior chamada a governar o mundo. A sua alma é o Islão.
O presidente Erdoğan é o único chefe de Estado do mundo a reivindicar-se de uma ideologia supremacista étnica, perfeitamente comparável ao arianismo nazista. É, igualmente, o único chefe de Estado no mundo a negar os crimes da sua história, nomeadamente os massacres de não-muçulmanos pelo Sultão Abdulhamid II (os massacres hamidianos de 1894-1895: pelo menos 80. 000 Cristãos mortos e 100.000 Cristãs incorporadas à força nos haréns), depois pelos Jovens Turcos (genocídio dos Arménios, dos Assírios, dos Caldeus, dos Siríacos, dos Gregos pônticos e dos Yazidis de 1915 a 1923: pelo menos 1,2 milhões de mortos); um genocídio que foi executado com a ajuda de oficiais alemães, entre os quais Rudolf Höss, futuro director do campo de Auschwitz [5].
 
 
Ao celebrar o 70º aniversário da libertação do pesadelo nazista, o presidente Vladimir Putin sublinhou que «as ideias de supremacia racial e de exclusivismo provocaram a guerra mais sangrenta da História» [6]. Depois, aquando de uma marcha —e sem nomear a Turquia—, ele apelou a todos os Russos para estarem prontos a renovar o sacrifício dos seus avós, se necessário, afim de salvar o princípio da própria igualdade entre os homens.
• Em segundo lugar, o presidente Erdogan, que apenas tem o apoio de um terço da sua população, governa sozinho o país pela força. É impossível saber com precisão o que pensa o povo turco, uma vez que a publicação de qualquer informação pondo em causa a legitimidade do presidente Erdoğan é agora considerada como uma violação da segurança do Estado, e conduz imediatamente à prisão. No entanto, se nos referirmos aos mais recentes estudos publicados, em outubro de 2015, menos de um terço do eleitorado o apoia. O que é nitidamente menos que os nazistas em 1933, que dispunham, então, de 43% dos votos. Esta foi a razão pela qual o presidente Erdoğan só pode ganhar as eleições legislativas após uma grosseira falsificação.
Entre outras:
- Os média (mídia-br) da oposição foram amordaçados: os grandes jornais quotidianos Hürriyet e Sabah assim como a televisão ATV foram atacadas por homens de mão do partido no poder; foram lançadas investigações visando jornalistas e órgãos de imprensa acusados de apoiar o «terrorismo» ou de ter feito comentários difamatórios contra o Presidente Erdoğan; “sites” web foram bloqueados; prestadores de serviços digitais suprimiram do seu cartaz os canais de televisão da oposição; três dos cinco canais de televisão nacionais, entre os quais a emissora pública, foram nos seus programas claramente partidários do partido no poder; outros canais de televisão nacional, o Bugün TV e Kanalturk, foram fechadas pela polícia.
- Um estado estrangeiro, a Arábia Saudita, derramou £ 7 mil milhões (bilhões-br) de «donativos» para «convencer» os eleitores a apoiar o presidente Erdoğan (ou seja cerca de 2 mil milhões de euros).
- 128 sedes políticas do Partido de esquerda (HDP) foram atacadas por sicários do partido do presidente Erdoğan. Inúmeros candidatos e suas equipes foram espancados. Mais de 300 lojas curdas foram saqueadas. Dezenas de candidatos HDP foram presos e colocados em prisão preventiva durante a campanha.
- Mais de 2. 000 opositores foram mortos durante a campanha eleitoral, quer pelos ataques, quer por causa da repressão governamental visando o PKK. Várias aldeias do sudeste do país foram parcialmente destruídas por tanques do exército.
Desde a sua «eleição», uma cortina de chumbo desceu sobre o país. Tornou-se impossível alguém poder informar-se sobre o estado da Turquia através da sua imprensa nacional. O principal diário da oposição, Zaman, foi colocado sob tutela e limita-se agora a louvar a grandeza do «sultão» Erdoğan. A guerra civil, que lavra já no Leste do país, estende-se, com atentados em Ancara e até Istambul, perante a total indiferença dos Europeus [7].
Erdoğan governa quase só, rodeado por um grupo restrito, no qual se inclui o Primeiro-ministro Ahmet Davutoglu. Ele declarou publicamente, durante a campanha eleitoral, que não respeitava mais a Constituição e que, agora, todos os poderes lhe estavam entregues.
A 14 de março de 2016, o presidente Erdogan declarou que face aos Curdos: «A democracia, a liberdade e o estado de direito não têm mais o menor valor». Ele anunciou sua intenção de alargar a definição legal de «terroristas» para incluir todos os que são «inimigos dos Turcos» —quer dizer os Turcos e não-Turcos que se opõem ao seu supremacismo—.
Por metade de mil milhões de euros, Recep Tayyip Erdoğan, fez construir para si próprio, o maior palácio jamais ocupado por um chefe de Estado na história mundial. O «palácio branco», em referência à cor do seu partido, o AKP. Ele estende-se por 200. 000 metros quadrados e compreende todo o tipo de serviços, entre os quais “bunkers” de segurança ultra-modernos ligados a satélites.
• Terceiro, o presidente Erdoğan utiliza os poderes que anti-constitucionalmente se atribuiu para transformar o Estado turco em padrinho do jiadismo internacional. Em Dezembro de 2015, a polícia e a Justiça turcas conseguiram estabelecer os laços pessoais de Erdoğan e do seu filho Bilal com Yasin al-Qadi, o banqueiro global da Al-Qaida. Ele despediu, pois, os policias e os magistrados que tinham ousado «pôr em causa os superiores interesses da Turquia» (sic), enquanto Yasin al-Qadi e o Estado colocavam um processo judicial ao quotidiano de esquerda BirGün por ter reproduzido o meu editorial, «Al-Qaida, eterna reserva da Otan».
Em Fevereiro último, a Federação da Rússia entregava um relatório de Inteligência ao Conselho de Segurança da ONU atestando o apoio do Estado turco ao jiadismo internacional, em violação de inúmeras resoluções [8]. Eu publiquei um estudo aprofundado sobre estas acusações, imediatamente censurado na Turquia [9].

A resposta da União Europeia

A União Europeia tinha enviado uma delegação para vigiar as eleições legislativas em novembro de 2015. Ela adiou longamente a publicação do seu relatório, depois resolveu-se a publicar sobre isso uma curta versão, adocicada.
Em pânico pelas respostas das suas populações reagindo duramente à entrada maciça de migrantes —e, para os Alemães, à abolição do salário mínimo que daí resultou—, os 28 Chefes de Estado e de Governo da União finalizaram com a Turquia um procedimento para que ela resolva os seus problemas. O Alto Comissário das Nações Unidas para os Refugiados, Filippo Grandi, declarou, de imediato, que a solução escolhida viola o direito internacional, mas, mesmo supondo, a propósito, que as coisas possam ser melhoradas, nem é este o principal problema.
A União comprometeu-se a
- pagar 3 mil milhões de Euros anuais à Turquia para a ajudar a fazer face às suas obrigações, mas sem qualquer mecanismo de verificação da utilização destes fundos;
- pôr fim aos vistos exigidos aos Turcos para entrar na União [10] —o deve ser feito em alguns meses, ou até semanas— ;
- acelerar as negociações de adesão da Turquia à União —o que, pelo contrário, será muito mais demorado e aleatório—.
Por outras palavras, cegos pela recente derrota eleitoral de Angela Merkel [11], os dirigentes Europeus contentaram-se em encontrar uma solução provisória para abrandar o fluxo dos migrantes, sem procurar resolver a origem do problema e sem ter em conta a infiltração de jiadistas neste fluxo.
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Que fizemos?
© União europeia

O precedente de Munique 

Nos anos 30, as elites europeias e norte-americanas consideravam que a URSS, devido ao seu modelo, ameaçava os seus interesses de classe. Eles apoiavam pois, colectivamente, o projecto nazi de colonização da Europa Oriental e de destruição dos povos eslavos. Apesar dos repetidos apelos de Moscovo para a criação de uma vasta aliança contra o nazismo, os dirigentes europeus aceitaram todas as reivindicações do chanceler Hitler, incluindo a anexação das regiões povoadas pelos Sudetas. Foi o Acordo de Munique (1938), conduzindo a URSS a adoptar o salve-se quem puder e a concluir o Pacto germano-soviético—1939—(Molotov-Ribbentrop- ndT). Só muito tardiamente é que certos dirigentes europeus, depois norte-americanos, perceberam o erro e decidiram aliar-se com Moscovo contra os nazis.
Diante de nossos olhos repetem-se os mesmos erros. As elites europeias consideram a República da Síria como um inimigo, seja porque defendem o ponto de vista colonial de Israel, seja porque esperam recolonizar, eles mesmos, o Levante apropriar-se das suas gigantescas reservas de gás ainda inexplorado. Elas apoiaram, pois, a operação secreta norte-americana de «mudança do regime» e fingiram acreditar na fábula da «Primavera Árabe». Após cinco anos de guerra por procuração, constatando que o presidente Bashar el-Assad ainda está lá, embora tivessem mil vezes anunciado a sua demissão, os Europeus decidiram financiar pelo montante de 3 mil milhões de euros anuais o apoio turco anual aos jiadistas. O que, segundo a sua lógica, deveria permitir a sua vitória e, portanto pôr um fim às migrações. Eles não tardarão a perceber [12], mas já muito tarde, que ao abolirem os vistos para os cidadãos turcos, autorizaram a livre-circulação entre os campos da Al-Qaida na Turquia e Bruxelas [13].
A comparação com o final dos anos 30 é tanto mais parecida quando na altura do Acordo de Munique o Reich nazista já havia anexado a Áustria, sem provocar reação notável de outros Estados europeus. Ora, hoje em dia, a Turquia ocupa já o Nordeste de um Estado-Membro da União Europeia, Chipre, e uma faixa de alguns quilómetros de profundidade na Síria, que administra através de um walli (prefeito) nomeado para este efeito. Não apenas a U.E. aceita isso, como pela sua atitude, ela encoraja Ancara a prosseguir as suas anexações com total desprezo pelo Direito internacional. A lógica comum ao chanceler Hitler e ao presidente Erdoğan é baseada na unificação da «raça» e na purificação da população. O primeiro queria unir as populações de «raça alemã» e purificá-las de elementos «estrangeiros» (Judeus e Roma), o segundo quer unir as populações de «raça turca» e purificá-las de elementos «estrangeiros» (os Curdos e Cristãos).
Em 1938, acreditavam na boa fé do chanceler Hitler, hoje em dia na do presidente Erdoğan.
Tradução 

 

Soros-Obama-Merkel-Erdogan Win Control Of Europe (in Strategic Culture Online)

EDITOR’S CHOICE | 20.03.2016

Soros-Obama-Merkel-Erdogan Win Control Of Europe

Investigative historian Eric Zuesse is the author, most recently, of  They’re Not Even Close: The Democratic vs. Republican Economic Records, 1910-2010, and of  CHRIST’S VENTRILOQUISTS: The Event that Created Christianity.
On Friday, March 18th, a combined effort by George Soros, Barack Obama, Angela Merkel, and Tayyip Erdogan, arranged to get the EU to abandon previously sacrosanct fundamental human rights of refugees, and to transfer $6B+ to Turkey, in return for placing the refugee burden onto Turkey and getting Turkey to cooperate so as to assist the breakup of Syria, which will enable a gas-pipeline and an oil-pipeline to be built through Syria to enable Qatar’s gas and Saudi Arabia’s oil to be pipelined through Syria into the EU, so as to replace Russian oil and gas, which now fuel the EU.
Here, in my rush translations from the original German-language reports at German Economic News (Deutsche Wirtschafts Nachrichten) are the key reports and headlines: deutsche-wirtschafts-nachrichten.de
Turkey deal: Germany could take majority of refugees
[Translated by Eric Zuesse from] German Economic News  |  Published:18:03:16 02:56 Clock
The most important consequence of the EU summit is not in the official statement. A plan long discussed, now finalizing: Germany takes the majority of refugees from Turkey, and oil and gas pipelines will replace Russian oil and gas to Europe by Saudi oil and Qatari gas.
Europe’s energy supply should result in future Syria. (Graphic: oilprice.net)
Screen Shot 2016-03-18 at 10.40.37 PM
According to Luxembourg Prime Minister Xavier Bettel, the leaders of the European Union mutually agreed with Turkey to cut Russia out of the EU gas market, cut Qatar [a U.S. ally] in. They agreed in the early hours of Friday on a refugee-&-gas-pipeline package to be approved by the Turkish government.
This agreement will substantially correspond to the Pact of Angela Merkel with Turkish President Erdogan. But it apparently comprises only a small portion of the prepared between Germany, Turkey and the USA.
Gerald Knaus, director of the Soros-funded think tank “European Stability Initiative” (ESI), for many months now has been advising Chancellor Angela Merkel on the refugee crisis. His ESI submitted the plan in October.
The original plan consists of two parts: On the one hand, Germany should, during the coming year, “grant 500,000 Syrian refugees asylum, who are now in Turkey.” Other European countries may participate, but on a voluntary basis. At the same time Turkey will take from Greece “all new migrants.”
Knaus, himself Austrian, told the Viennese daily the press, that “in the background, a more radical idea has already been largely negotiated” which will “probably very soon be announced“: Knaus said that a “coalition of the willing” will take 900 Syrians per day — “no matter how many Syrians come to Greece.” This would be about 300,000 people per year — slightly less than in the original Soros plan.
The reason for Europe’s acquisition of hundreds of thousands of refugees is obvious: The proposed EU summit one-to-one solution would not be enough to relieve Turkey significantly. Moreover, it’s not lawful from the perspective of the Geneva Convention, as human rights organizations have complained since the start of the Soros proposal. The coalition of the willing currently consists of Germany, Portugal and Sweden. Austria has not yet agreed. Presumably Merkel will move some other countries also to participate. Thus, the plan could be presented as a European solution.
From an organizational standpoint, Knaus thinks that consideration in Turkey of the plan will succeed in an agreement being reached. Knaus holds this to be essential. He told the newspaper Die Welt: “The acceptance, by the public, of receiving the refugees is essential. Had we in Europe started earlier with a quota solution, we’d be farther along today. I think that also Sweden and Austria would have been on our side. Unfortunately, the process in the past year fell out of control. We had no idea who is coming into our country. This fueled fears. “
The Soros plan is apparently agreed with the US government. Angela Merkel supported in this way the geopolitical plans of the Americans, who have a special interest in developing their energy policies in the region. They are planning the Trans Adriatic Pipeline (TAP). Construction of TAP is pushed by the United States. This will run from the Turkish border via Greece, Albania and the Strait of Otranto to Italy. Thus, one of the main refugee routes to Europe, which is particularly overloaded after the closure of the Balkan route, will be cleared for pipelining gas into Europe.
Further destabilization of the TAP region is therefore not in the interests of the United States. They also want to ensure that Europe is supplied via a pipeline that’s under US control, not under Russian control. The US and Russia are fighting for the European energy market.
It is interesting in this context that a competing Russian pipeline through Syrian territory could also result. The surprising retreat of the Russians from Syria might suggest that there could be an agreement between Russia and the US: In this way, the geopolitical interests of both Great Powers could be safeguarded. The relationship between the pipeline projects and the war in Syria has the raw material site Oilprice.net analyzed in order that all parties want to solve the dependence of Saudi oil.
In this connection the role of the Americans is also in the media largely ignored regarding the visiting US diplomat Victoria Nuland in Idomeni. Nuland’s pithy sayings (such as “fuck the EU”) and her role in Ukraine, made her try to become known as a Goodwill Ambassador for Europe; she Thursday visited the refugee camps in the northern Greek Idomeni, reports Kathimerini .
The Turkish news portal Haberler reports what Nuland said in Idomeni: “It needs to be done for these people more. Athens has made a direct request to Washington. In this difficult situation, I’m here, for American-Greek solidarity. We will work together to solve the problem of distribution of refugees within the EU. In addition, we want to help ensure that the deal between the EU and Turkey is fair and transparent. It’s time to better accommodate the migrants. “
On 11 March, Nuland met with representatives of the Greek government in Athens to discuss the full range of bilateral and regional issues, including the request for assistance of Greece to the United States, in solving the migration problem, reported the US State Department.
This context could explain also why Angela Merkel has waited so long to go to the German public with a real plan for the refugee crisis — even though they have long been familiar with the Soros plan and he apparently also laid the basis with the Chancellor for Turkey jointly to launch the proposal at the EU summit: this was to help Merkel not to inflame sentiment in Germany before the state elections. Because the message that Germany could possibly be the only country to take a large number of refugees, would have a serious impact that has led even without this perspective to tectonic shifts in favor of the AFD [anti-immigrant party].
Knaus sees the axis Ankara-Berlin as crucial for geopolitical orientation against Russia. He said in an international interview that Germany made the mistake not to place undue reliance on the EU Commission: “Germany has early understood much. But it made the mistake of relying too much on the implementation by the Commission. Germany would have taken matters into its own hands earlier.”
Knaus sees the role of Germany as partners with Turkey and the USA. Here lies the common interest to host the refugees: “Germany does not expire like other states in an anti-Islam rhetoric. At the same time it sees Ankara, in a delicate geostrategic position between anti-Muslim governments in Europe and a strong Putin. A successful and connected in partnership by Berlin may be worth a lot for Turkey and its approach to Europe.”
This closes the circle for the TAP pipeline: The Americans want to snatch the European energy market away from Russia. In the absence of our own energy policy, Europeans are currently completely dependent on Russia. If both pipelines – quasi in a duopoly of the Americans and the Russians – are built, the energy policy space for the EU would increase significantly.
That led to the present situation, a murderous war that’s driven hundreds of thousands from Syria and Iraq. It had to be, from a geopolitical point of view of the parties — Russia, the US and the EU — regarded as collateral damage.
After all, the Soros plan would in fact lead to the result that the right of asylum would be respected so that immigration to Europe is not completely disordered. What guarantees that the EU gets Turkey to treat the refugees humanely, is completely unclear. It also is unclear whether the acceptance of refugees in Germany can be satisfactorily prepared. It also remains open whether the EU will have, as a result of the apparent cleavage of the project, neither the power to play as a political union, nor a role that goes beyond that of simply a large, attractive market.

Jean Bricmond, Imperialismo humanitário (Migrações para a Europa) em Rebelión

Le Grand Soir:

Impérialisme humanitaire. Droits de l’homme, droit d’ingérence, droit du plus fort ?

Jean Bricmont est professeur de physique théorique à l’Université de Louvain (Belgique). Il a notamment publié « Impostures intellectuelles », avec Alan Sokal, (Odile Jacob, 1997 / LGF, 1999) et « A l’ombre des Lumières », avec Régis Debray, (Odile Jacob, 2003).
Présentation de l’ouvrage
Une des caractéristiques du discours politique, de la droite à la gauche, est qu’il est aujourd’hui entièrement dominé par ce qu’on pourrait appeler l’impératif d’ingérence.
Nous sommes constamment appelés à défendre les droits des minorités opprimées dans des pays lointains (Tchétchénie, Tibet, Kosovo, Kurdistan), à propos desquels il faut bien reconnaître que la plupart d’entre nous ne connaissent pas grand-chose, à protester contre les violations des droits de l’homme à Cuba, en Chine ou au Soudan, à exiger l’abolition de la peine de mort aux États-Unis, ou à dénoncer la persécution des femmes musulmanes.
Le droit d’ingérence humanitaire est non seulement très généralement admis, mais il est souvent devenu un « devoir d’ingérence ». On nous assure qu’il est urgent de créer des tribunaux internationaux pour juger divers crimes commis à l’intérieur d’États-nations. Le monde est supposé être devenu un village global et rien de ce qui s’y passe ne doit nous laisser indifférent.
La sagesse de ceux qui prétendent « cultiver leur jardin » passe pour anachronique et réactionnaire. La gauche excelle dans ce discours encore plus que la droite, accusée alors d’égoïsme, et pense continuer ainsi la grande tradition d’internationalisme du mouvement ouvrier et de solidarité lors de la guerre d’Espagne ou des luttes anticoloniales. Par ailleurs, la gauche actuelle insiste sur le fait qu’il ne faut surtout pas « répéter les erreurs du passé » en s’abstenant de dénoncer les régimes opposés à l’Occident, comme la gauche « stalinienne » l’a fait dans le temps à propos de l’Union soviétique ou à l’instar de certains intellectuels « tiers-mondistes », vis-à -vis du Cambodge à l’époque des Khmers rouges ou d’autres régimes issus de la décolonisation.
Corrélativement à cette situation, les mouvements pacifistes ne sont que l’ombre de ce qu’ils étaient, par exemple lors de la crise des missiles dans les années 80, et les mouvements tiers-mondistes ont pratiquement disparu. Il n’y eut pratiquement pas d’opposition à la guerre à la Yougoslavie en 1999, qui fut la guerre « humanitaire » par excellence, et très peu lors de l’invasion de l’Afghanistan en 2001. Il est vrai qu’il y a eu des manifestations gigantesques, uniques dans l’histoire et porteuses d’espoirs certains, contre la guerre en Irak. Mais il faut reconnaître qu’une fois la victoire proclamée par l’administration Bush, les opinions publiques, en Occident du moins, sont devenues relativement muettes, alors que continuent en Irak des combats qui sont loin d’être d’arrière-garde.
De plus, Fallujah a été un Guernica sans Picasso. Une ville de 300 000 âmes privée d’eau, d’électricité et de vivres, vidée de ses habitants qui sont ensuite parqués dans des camps. Puis le bombardement méthodique, la reprise de la ville, quartier par quartier. Quand un hôpital est occupé, le New York Timesjustifie cela en disant qu’il servait de centre de propagande, en gonflant le chiffre des victimes. Justement, combien y a-t-il de victimes de la guerre en Irak ? Nul ne le sait, on ne fait pas de body count (pour les Irakiens). Quand des estimations sont publiées, même par les revues scientifiques les plus réputées, telles le Lancet, elles sont dénoncées comme exagérées.
Face à cela, combien de protestations ? Combien de manifestations devant les ambassades américaines ? Combien de pétitions pour appeler nos gouvernements à exiger des États-Unis qu’ils arrêtent ? Combien d’éditoriaux dans les journaux qui dénoncent ces crimes ? Qui, parmi les partisans de la « société civile » et de la non-violence, rappelle que les malheurs de Fallujah ont commencé lorsque, peu après l’invasion, ses habitants ont manifesté pacifiquement et que les Américains ont tiré dans la foule, tuant 16 personnes ? Il n’y a pas que Fallujah ; il y a aussi, entre autres, Najaf, Al Kaïm, Haditha, Samarra, Bakouba, Hit, Bouhriz.
LBRussels tribunal, un tribunal d’opinion qui examine les crimes américains en Irak et dont fait partie l’auteur, reçoit fréquemment des informations sur des disparitions et des assassinats en Irak. Mais à qui transmettre ces informations ? Qui s’intéresse à cela ?

 

Cette double constation, l’omniprésence de l’idéologie de l’ingérence d’une part et la faiblesse de l’opposition aux guerres impériales d’autre part, est à l’origine de ce livre. L’auteur jette un regard critique sur les préjugés qui sous-tendent l’idéologie de l’ingérence et soulève un certain nombre de questions qui sont rarement énoncées et auxquelles il est encore plus rarement répondu : quelle est la nature de l’agent qui est supposer s’ingérer ?
Comme il s’agit en pratique des pays puissants, quelles raisons a-t-on de croire à la sincérité de leurs proclamations humanitaires ? Quel est l’effet sur le long terme des ingérences occidentales dans le tiers monde ? La vision traditionnelle du droit international, qui interdit l’ingérence unilatérale, est-elle vraiment dépassée ? Notre histoire et notre mode de développement nous donnent-t-ils le droit de dire aux autres pays ce qu’ils doivent faire ? Lorsque l’on parle de droits de l’homme, pense-t-on aussi aux droits économiques et sociaux ? Si oui, ces droits sont-il toujours compatibles avec les droits politiques et individuels ? Et s’ils ne le sont pas, comment établir des priorités entre différents types de droits ?

 

Par ailleurs, on peut également poser un certain nombre de questions aux mouvements progressistes, pacifistes ou écologistes. Ces mouvements ne prennent-ils pas trop vite pour argent comptant les déclarations des médias et des dirigeants occidentaux ? En particulier, les dirigeants du tiers monde démonisés par l’Occident sont-ils vraiment de nouveaux Hitler, face auxquels toute compromission équivaudrait à un nouveau Munich ? La construction européenne offre-t-elle un espoir d’alternative face à l’hégémonie américaine ? La politique d’ingérence est-elle réellement internationaliste ?
L’examen critique de ces questions ne se fonde sur aucun relativisme moral ou culturel. L’auteur admet parfaitement que toutes les aspirations contenues dans la Déclaration Universelle de 1948 sont souhaitables. La critique ne se limite pas non plus à celle, relativement courante, de l’hypocrisie du pouvoir américain, qui soutient des dictatures à certains endroits tout en prétendant imposer la démocratie à d’autres endroits. L’auteur cherche plutôt à mettre en question, d’un point de vue global, et tout en restant dans un cadre universaliste, la légitimité et les effets des politiques occidentales vis-à -vis du tiers monde.
Finalement, l’auteur tente d’esquisser une autre démarche politique que celle de l’ingérence, fondée sur une vision radicalement différente des rapports Nord-Sud et sur une volonté de remettre la critique de l’impérialisme au centre de nos préoccupations politiques. Il espère ainsi contribuer à la renaissance d’une opposition ferme et sans complexe aux agressions américaines présentes et futures.
Toute idée, aussi légitime soit-elle, court le risque d’être transformée en idéologie et d’être utilisée par les pouvoirs en place à des fins qui leur sont propres. C’est ce qui arrive avec l’idée de la défense des droits de l’homme lorsqu’elle se transforme en légitimation de l’ingérence militaire unilatérale et qu’elle appuie le rejet du droit international.
Pendant la période coloniale, la domination occidentale sur le monde a été justifiée par le christianisme ou par la ” mission civilisatrice ” de la République. Après la décolonisation et la fin de la guerre du Vietnam, c’est un certain discours sur les droits de l’homme et la démocratie, mêlé à une représentation particulière de la Deuxième Guerre mondiale, qui a rempli ce rôle.
Cette idéologie a réussi à mystifier et à affaiblir les mouvements progressistes ou pacifistes qui cherchent à s’opposer aux agressions occidentales et aux stratégies de domination. Elle est une sorte de cheval de Troie idéologique de l’interventionnisme occidental au sein des mouvements qui lui sont en principe opposés. De plus, elle contribue à faire oublier aux mouvements altermondialistes que l’ordre socio-économique profondément injuste qu’ils combattent est soutenu en fin de compte par la puissance militaire américaine.
Ce livre se propose de démêler un certain nombre de confusions idéologiques fort répandues, surtout dans les milieux progressistes, sur les thèmes des droits de l’homme et des rapports entre l’Occident et le reste du monde. Il espère contribuer ainsi à la renaissance d’une opposition ferme et sans complexe aux agressions américaines présentes et futures.
Jean Bricmont, Impérialisme humanitaire. Droits de l’homme, droit d’ingérence, droit du plus fort ? (Préface de François Houtart), octobre 2005, 256 pages Format 14 cm x 20 cm ISBN 2930402148 – 18 euros. Edition Aden http://www.aden.be

 

[Pour illustrer ce qui est erroné dans la tendance dominante, commençons par le slogan « ni-ni » : maintenant que Milosevic est à La Haye, les Talibans et Saddam Hussein renversés, les partisans de ce slogan peuvent-ils expliquer comment ils comptent se débarrasser de l’autre partie du « ni », Bush ou l’OTAN ?
Bien entendu, c’est impossible et ils le savent très bien. Mais c’est bien là tout le problème : on ne peut pas mettre sur le même pied un pays où vivent 4 % de l’humanité et dont les dirigeants déclarent ouvertement que le siècle qui commence sera « américain » et des pouvoirs brutaux (au demeurant très différents entre eux) mais dont l’action est fortement limitée dans le temps et dans l’espace. Jean Bricmont ]

 

 

 

Entrevista a Jean Bricmont, escritor y profesor de física teórica en la Universidad de Louvain, cuya última obra analiza cómo la excusa de la defensa de los derechos humanos se ha transformado en un instrumento de injerencia militar:
Imperialismo humanitario

 

 

Traducido para Rebelión por Germán Leyens

 

 

Jean Bricmont, es profesor de física teórica en la Universidad de Louvain; intelectual comprometido, acaba de publicar: “Impérialisme humanitaire. Droits de l’homme, droit d’ingérence, droit du plus fort? “ [Imperialismo humanitario. Derechos humanos, derecho de ingerencia, ¿derecho del más fuerte?]. Es una obra que analiza cómo la idea de la defensa de los derechos humanos en el intervencionismo occidental se ha transformado poco a poco en la legitimación de la injerencia militar. Jean Bricmont también forma parte del “Tribunal de Bruselas”. Es un tribunal de opinión que examina los crímenes de guerra en Irak y se considera como la continuación de la gran movilización internacional contra la guerra en Irak. Compuesto de intelectuales y juristas, el Tribunal de Bruselas participa igualmente en un movimiento más amplio que quiere poner fin al nuevo orden imperialista mundial.

Silvia Cattori: En la introducción a su último libro “Imperialismo humanitario”, usted escribe que existen dos tipos de sentimientos que conducen a la acción política: la esperanza y la indignación”. Toda persona dotada de conciencia no puede dejar de sentir indignación después leerlo. Países enteros han sido salvajemente destruidos por gobiernos que, como Estados Unidos, han actuado al margen del derecho y, lo que es más grave, con la complicidad de lo que se da por llamar la “comunidad internacional”. ¿Qué medios se pueden utilizar para difundir esta indignación en la opinión pública y asegurar su impacto político?

Jean Bricmont: ¡Qué pregunta complicada! Me limito a lo que soy capaz de hacer, escribir y hablar: evidentemente, se necesitan otros relevos, organizaciones políticas que no puedo, personalmente, estructurar. Las que existen no son suficientemente conscientes de las verdaderas prioridades, según mi modesta opinión. Hay que re-crear un movimiento internacional contra la guerra en Irak, como hubo en la época de la guerra de Argelia, de la guerra de Vietnam, de la crisis de los misiles, y como ya no existe en la actualidad.

S.C.: ¿Piensa que el desafío lanzado al mundo por “Eje por la Paz”, creado por iniciativa de Thierry Meyssan de la Red Voltaire, pueda constituir el punto de partida de un gran movimiento contra la guerra?

Jean Bricmont: La idea es buena: reunir a personas de diversos horizontes filosóficos, políticos, religiosos, y que actúan a favor de la paz; la mayor parte de los conflictos en el mundo son conflictos regionales, entre países vecinos o dentro de un mismo país. No hay más que un país que se permite enviar sus tropas lejos de sus fronteras, contra un país que no le ha hecho ningún mal, bajo pretextos totalmente inventados, y es Estados Unidos. Esta forma de actuar es una amenaza para la paz mundial, y debe ser detenida; no es una tarea simple, requiere la colaboración de la población estadounidense, y constato que una parte de esta última se da cuenta de que la opinión pública mundial no acepta la política de su gobierno. Al protestar aquí contra la política estadounidense, apoyamos a aquellos que, en Estados Unidos, quieren cambiar la política de su país.

S.C.: Si la mayoría de la gente se horroriza ante las imágenes que llegan de Irak, de Afganistán, de Palestina, no sabe con claridad que toda esta barbarie ha contado con el apoyo de los partidos progresistas. ¿Cómo han podido degenerar estos últimos hasta llegar a hacer creer que Bush y Blair libran una guerra por buenos motivos, siendo que se trata de agresiones contra la libertad y la dignidad de los pueblos?

Jean Bricmont: Hay que distinguir; hay diversos aspectos. La política de Bush no ha sido muy popular en los medios que pueden ser calificados de izquierdas, incluyendo el movimiento favorable a la ingerencia humanitaria. La política que fue verdaderamente popular, era la de Clinton; durante todo el período de su presidencia hubo un embargo contra Irak que sin duda ha causado más muertos que la guerra, y vi muy pocas protestas contra ese embargo por parte de personas que abundaban en elogios de la ingerencia humanitaria, por ejemplo en Yugoslavia. Si la gente no apoya la política de Bush, es porque posee el arte de presentarla muy mal, lo que resulta en que la hace impopular; también es muy arrogante, lo que agrava su impopularidad, sobre todo en el extranjero. Clinton no era así. Por otra parte, el apoyo de la izquierda al intervencionismo frenó la oposición a las guerras, incluso a las de Bush, y hace que dicha oposición sea relativamente superficial. No se opone por principio a la hegemonía y a la guerra en Irak, sino porque Bush es torpe. El objetivo del libro es sacudir al sector de la izquierda constituido por personas que a menudo son muy sinceras, pero que no poseen una visión suficientemente global de la situación como para tener como prioridades la paz y el respeto a la soberanía nacional de los países del Tercer Mundo. Ese tipo de ideas ha sido mermado por la ideología de la ingerencia humanitaria que nació después de la guerra de Vietnam.

S.C.: ¿Cuáles son los países que han sufrido guerras en nombre de ese “derecho de intervención?

Jean Bricmont: Desde el comienzo de la era colonial, existe fundamentalmente en Occidente una ideología según la cual, porque somos países civilizados, más respetuosos de la democracia y de los derechos del hombre, más desarrollados, más racionales, más científicos, etc., tenemos derecho a cometer monstruosidades contra países que consideramos como menos civilizados. El cristianismo, la misión civilizadora de la república, la carga del hombre blanco donde los ingleses, han servido sucesivamente de justificación ideológica para crímenes abominables. En la actualidad, la ideología que tiende a remplazar todo eso, es la ideología de los derechos humanos y de la democracia. Esto no conduce forzosamente a la guerra, pero abarca otras formas de acción, como el embargo contra Irak, o contra Cuba, y otras sanciones, que son aceptadas porque van dirigidas contra regímenes horribles, o que supuestamente lo son. La izquierda debería considerar lo que dicen las cumbres de los países del sur, o de los países no-alineados, que se han opuesto a todas esas sanciones y que lo dicen de modo muy explícito. Para ellos, ninguna sanción puede ser unilateral y todo debe pasar por la ONU. Los países del sur, que representan a la inmensa mayoría del género humano, no desean en ningún caso una semejante política de ingerencia.

S.C.: Usted escribió: “La ideología de nuestra época, en todo caso en lo que se refiere a la legitimación de la guerra, ya no es el cristianismo, ni la “misión civilizadora” de la República, sino un cierto discurso sobre los derechos del hombre y la democracia. Ese discurso y esa representación son lo que hay que encarar si se quiere construir una oposición radical y sin complejos a las guerras actuales y futuras.” Pero, ¿de dónde salió esa teoría del derecho a la ingerencia humanitaria?

Jean Bricmont: Su origen se remonta esencialmente a la administración Carter, que realizó un cambio. Antes de, y durante, la guerra de Vietnam hubo una política de apoyo a los regímenes anticomunistas, respetuosos o no de los derechos humanos, en nombre de la lucha contra el comunismo. Después del fin de la guerra de Vietnam, Carter redoró el blasón de Estados Unidos diciendo que los derechos humanos constituían el alma de su política extranjera. Esto contradecía su práctica política en Timor o en Afganistán, pero, con esa ideología y a causa del impacto de los “nuevos filósofos” en Francia, hubo una presión inmensa sobre la izquierda para que se distanciara de los movimientos revolucionarios y de liberación en el Tercer Mundo. La crisis yugoslava fue el clímax de la legitimación de la intervención porque la izquierda se puso a repetir consignas como: “No se puede permitir que hagan eso”, “es como Hitler antes de la guerra”, etc. El cambio de mentalidad se completó con la guerra de Kosovo, y la izquierda, sobre todo en Occidente, había capitulado por completo en el tema de la defensa de la soberanía nacional y del derecho internacional. Es lo que hace que la oposición a la guerra en Irak haya sido muy débil, sobre todo ideológicamente, en las cabezas de las organizaciones que podían estructurar esa oposición. Se aceptaban argumentos del estilo de: “Sí, pero primero hay que desarmar a Irak… “Aceptaban casi todos los pretextos a favor de la guerra, incluso personas que se declaraban contra la guerra. Y en la actualidad, las mismas personas parecen aceptar la idea de que los estadounidenses van a permanecer indefinidamente en Irak. La idea general, es que se asiste en Irak a una transición hacia la democracia: no todo va bien pero las cosas en general van mejor, o por lo menos, van a terminar por mejorar. En el momento de la caída de Bagdad gente de mi entorno creía que se había acabado y que no habría más resistencia. Muchos piensan todavía que esta última terminará por ser vencida, pero yo lo dudo.

S.C.: ¿No será que los ideólogos que han proclamado que había que imponer la democracia para combatir el “terrorismo”, han invertido el problema porque les convenía? ¿No habría sido necesario enfrentar las causas profundas, especialmente Israel, que provoca todos los conflictos regionales?

Jean Bricmont: No diría que eso genera todos los demás conflictos, pero juega un papel inmenso en muchos otros conflictos, eso es seguro. Los occidentales no comprenden que la naturaleza del conflicto israelí-palestino va mucho más allá de las fronteras de Israel o de Palestina por una razón muy simple: lo que los europeos han hecho, es hacer pagar a los árabes por los crímenes cometidos por los europeos contra los judíos. Las cosas se pueden resumir diciendo que no crearon un Estado judío en Europa, para compensar las desgracias sufridas por los judíos en Europa, no sólo porque los sionistas querían un Estado en Palestina, sino porque esta última estaba poblada por árabes, considerados en ese tiempo como carentes de todo valor. Desde entonces, no se ha reconocido jamás la raíz del conflicto, se han sumado otros conflictos al conflicto inicial, se ocupan territorios, etc. En realidad, las cosas se han agravado y existe una ceguera de los occidentales sobre las raíces y la profundidad del conflicto. No hay un niño que crezca en Rabat, incluso si están tan lejos de Palestina, que no sepa que si Israel fue creado en el sitio en el que se encuentra, es porque los europeos lo han hecho, judíos y no-judíos, que se creían más civilizados que árabes como él, y eso es difícilmente tolerable. Es una dimensión del conflicto que es mucho más profunda que lo que se comprende en general en Occidente.

S.C.: A propósito de la crítica de la política de Israel y del sionismo, usted ha escrito: “Cuando judíos como Norman Finkelstein o Noam Chomsky se atreven a criticar la política del movimiento sionista, tratan de hacerlos callar acusándolos de una extraña enfermedad psicológica, el “odio a sí mismo”. Y en cuanto a los no-judíos, basta una sola palabra: “antisemitismo”– ¿Qué se puede hacer para reconquistar un derecho a la libre expresión, asfixiado en la actualidad – especialmente en Franca – por esas acusaciones sin fundamento?

Jean Bricmont: Hay dos tipos de problemas: por una parte la satanización y la intimidación, por otra los procesos (Dieudonné Mbala Mbala, Edgar Morin, Israel Shamir y otros). Frente a esta situación, hay que defender la libertad de expresión. Es otro error de la izquierda y, de modo irónico, es precisamente una izquierda que se quiere antifascista y antiestalinista, la que adopta la doctrina, común al fascismo y al estalinismo, según la cual el Estado tiene derecho a determinar lo que se puede decir en cuanto a la historia o sobre otros temas. Las leyes que reprimen la libertad de expresión parten de ideas antirracistas tal vez generosas, pero mal entendidas. Esas leyes, igual que la ley Fabius-Gayssot contra el negacionismo, son sostenidas en general por la izquierda y la extrema izquierda (Gayssot es comunista). Pienso que es un error total, porque la respuesta a los discursos supuestamente de odio, es más discursos, no menos. Existen perfectamente medios de combatir al antisemitismo respetando la libertad de expresión; no faltan medios donde expresar puntos de vista criticando al antisemitismo. Además estoy perfectamente de acuerdo en que se critique al antisemitismo pero no es posible hacerlo de modo eficaz si no se distingue radicalmente entre el antisionismo, que consiste en un cierto número de actitudes políticas, y el antisemitismo, que es una forma de racismo. La gente que amalgama las dos cosas piensa que va a librarse del antisionismo difamándolo, al asociarlo con el antisemitismo; el problema es que se puede leer al revés la ecuación antisionismo=antisemitismo, es decir que se puede legitimar el antisemitismo al asociarlo con el antisionismo. Los que practican esta asimilación piensan que van a hacer desaparecer ideas que no les gustan, pero no se dan cuenta en todos los casos de que también pueden legitimar ideas que les gustan menos aún.

S.C.: Los movimientos que pretendían ser anticolonialistas han apoyado la ideología del intervencionismo occidental. Personalidades políticas – como Bernard Kouchner, Cohn Bendit, Joska Fischer – han hecho uso cínicamente de los derechos humanos y de la democracia por motivos oportunistas. ¿No es aún mayor la responsabilidad de estos personajes de gatillo fácil si se considera que los medios les han dado vía libre para proceder al lavado de cerebros?

Jean Bricmont: No quiero emprenderlas demasiado contra persona; es verdad que a veces cito en el libro a personas que son representativas de esa esfera de influencia, como Kouchner o Havel. Pero lo importante, es la desviación del movimiento ecológico. Cuando nació ese movimiento, era no-violento, opuesto a todo ejército, y ahora apoya una política una política de ingerencia humanitaria que presupone un ejército importante. Exigir una política de ingerencia humanitaria presupone tener los medios, un ejército poderoso, la posibilidad de transportar tropas a miles de kilómetros de distancia. Esta transformación del movimiento ecológico es extraordinaria. En la época de la guerra fría, existía verdaderamente una amenaza de guerra, tal vez exagerada, pero la URSS era poderosa y su ejército nos era potencialmente hostil. A pesar de ello, en esa época, los ecologistas abogaban por una defensa civil no-violenta, incluso en caso de agresión soviética. Por lo tanto, la ideología de la ingerencia ha producido transformaciones profundas, irreconciliables con la perspectiva ecologista del comienzo, a causa precisamente de la militarización que presupone su nueva posición política. Esto ocurrió en los años noventa, y esos movimientos oponen actualmente una resistencia muy débil a la guerra en Irak, no dicen mucho al respecto, y no hacen mucho. No dicen, por ejemplo: nuestra prioridad es exigir el retiro de las tropas estadounidenses de Irak. En EE.UU., por paradoja, existe una oposición muy fuerte a la guerra en ciertos sectores de la derecha, que no es neoconservadora, sino que es más tradicional, así como entre ciertos militares y sus familiares que pagan el costo de la guerra, en vidas humanas. Esta oposición contrasta con la actitud de los demócratas, o de la izquierda “moderada”, que dicen: “Hay que seguir ocupando, no podemos abandonar a los iraquíes, etc.” ¡No es sólo el gobierno Bush el que debilita el movimiento por la paz!

S.C.: Ha habido unanimidad en las fuerzas políticas para barrer con los principios que rigen el derecho internacional. Al no condenar a los Estados que han violado esos principios, las instancias internacionales han perdido igualmente todo crédito. El Consejo de Seguridad de la ONU ha ratificado las peores sanciones. ¿No ha llegado la hora de construir muros de contención para impedir que la superpotencia de Estados Unidos vaya más lejos? ¿Y no es demasiado tarde?

Jean Bricmont: No es nunca demasiado tarde. En lo que se refiere a la ONU, hay que usar matices. Lo que usted dice del Consejo de Seguridad es verdad: han legitimado la agresión, las sanciones, etc. Pero igual hay que ver a la ONU como un adelanto mayor en relación a lo que existía antes de 1945, porque ha reforzado el derecho internacional y ha ofrecido un medio para solucionar conflictos de manera pacífica antes de que estallen. Los votos de la asamblea general de la ONU son también interesantes: expresan en muchos temas el punto de vista de la opinión pública mundial. El problema del Consejo de Seguridad, es el derecho a veto, y el exorbitante poder de Estados Unidos, que posee medios enormes de presión sobre los miembros no-permanentes del Consejo de Seguridad. Toda reforma de la ONU debe pasar por la ONU, es decir debe tener el acuerdo de los países que tienen derecho a veto, y yo no sé cómo obligarlos a aceptar reformas que serían positivas en el sentido de que limitarían el poder de los Estados más poderosos, es decir el de ellos. Pienso que proyectos regionales, el proyecto bolivariano en América del Sur o el grupo de Shangai que agrupa a China, Rusia y otros países, que tratan de poner límites a la hegemonía estadounidense, constituyen buenos pasos. Y ciertos dirigentes estadounidenses se dan cuentan de que la política de Bush es la que, por reacción, suscita esas dinámicas, y por lo tanto querrían una política más suave, lo que se producirá sin duda cuando los demócratas vuelvan al poder: un retorno a la política de Clinton. Si las cosas van mal en Irak para EE.UU., y si se convierte en una catástrofe, tal vez haya un electrochoque, una revuelta de la población. Por el momento, la población no está muy preocupada, es relativamente indiferente, pero una política aislacionista podría recibir el apoyo de la mayoría de la población estadounidense. Para el resto del mundo, sería sin duda la solución menos mala.

S.C.: Ya que el agresor es al mismo tiempo el que financia a las ONG, esto implica que espera de ellas que se conduzcan frente a los verdugos como si fueran perfectamente legítimos. ¿Se puede continuar teniendo confianza en esas ONG que se han involucrado en esos desastres programados y que hoy hacen el trabajo humanitario como si fuera un negocio?

Jean Bricmont: No quiero pronunciarme de un modo demasiado categórico, no he estudiado en detalle el problema de las ONG. Simplemente presento un cierto número de ejemplos en el libro: Cuando sobrevino la guerra en Irak, Human Rights Watch denunció la forma como EE.UU. hizo la guerra, lo que ha causado, dicen, centenares de muertos inútiles. Pero, según un estudio publicado por la prestigiosa revista médica The Lancet, habría habido 100.000 muertos civiles y, por lo menos, hay 25.000. Por lo tanto la declaración de Human Rights Watch es absolutamente extraordinaria: se indigna, denuncian un crimen, y al mismo tiempo minimizan considerablemente su amplitud, lo que es una forma particularmente hipócrita de defenderlo. El fondo del problema, es la “N” en ONG. ¿En qué medida es real? Las ONG no son gubernamentales en el sentido estricto de la palabra, pero son en general y en gran parte financiadas por los gobiernos, o por la Unión Europea, ¡y eso no parece causarles problemas! En realidad, como esas ONG son financiadas por países democráticos, sus militantes piensan que ese financiamiento no puede tener influencia, amañar su conducta, llevarlas a hacer algunas cosas y no otras. Pero es evidente, para presentar un ejemplo extremo, que una ONG de médicos no sería financiada para ir a atender a los miembros de la resistencia iraquí. Por lo tanto, la fuente del financiamiento de las ONG, que es gubernamental, influye sobre sus decisiones. Es un poco como en el caso de la prensa: Es “libre”, pero todos los periodistas interiorizan la idea de que hay cosas que no se hacen y no se dicen: las que pondrían en peligro sus contactos con los que están en el poder, o los recursos publicitarios de sus periódicos. Entre los militantes de las ONG, la credulidad fundamental concierne la creencia en la neutralidad de los Estados que las financian.

S.C.: La situación de las víctimas se hace aún más dramática por el estado de inferioridad en la que se encuentran los pueblos. Y se les prohíbe igualmente resistir al agresor. Por lo tanto todo se pasa como si la dignidad de las palabras no tuviera valor cuando se trata de árabes y musulmanes. Pero su libro, como un grito, hace comprender que ya no es posible callarse. ¿Qué pueden hacer los ciudadanos deseosos de cambiar las cosas sin equivocarse por las políticas?

Jean Bricmont: He tratado de argumentar, de hacer un libro que ataca lo más rigurosamente posible a la ideología imperial. Yo no quiero hacer reaccionar a la gente por la fuerza, aunque parta de una indignación: me chocó ver la debilidad de la oposición durante la guerra en Yugoslavia, en los movimientos contra la guerra, pacifistas, de extrema izquierda, etc. En 2003, la población se movilizó, es verdad, pero fue momentáneo. La situación en Irak choca probablemente a muchas personas, pero no comprenden que lo que hay que hacer, es decir a Estados Unidos: “Respecten el derecho internacional, punto y aparte, vuelvan a su casa”. Si en Irak no hubiera habido resistencia, todos habrían dicho: Muy bien, Bush los libró de Sadam Husein, y ya está, se habrían lanzado a la guerra contra Irán, contra Siria, o en Cuba, hasta que los detuvieran en algún sitio. Siempre he pensado, desde el comienzo de la ideología de la ingerencia, que ésta llevaría a un nuevo Dien Bien Phu o a un nuevo Stalingrado, porque esa ideología es totalmente errónea, Debemos cooperar con los países del Tercer Mundo sobre la base de un respeto mutuo, no meternos en sus asuntos internos. Desde el comienzo de los años ochenta, la izquierda toma un rumbo totalmente equivocado con esta ideología. Además, es un truco que fomenta el poder de los países occidentales (vayan a salvar a los kosovares, a las mujeres afganas, etc.) y sobre todo su peor aspecto, el poder militar.

S.C.: Usted dice que el futuro retendrá sin duda de nuestra época la imagen de una indiferencia generalizada ante políticas criminales, mezclada con una perfecta buena conciencia, simbolizadas por el moralismo de un Kouchner que justifica indirectamente el cinismo de un Rumsfeld. En lo inmediato, después de haber destruido y desmembrado Irak, quebrantado a la gente, esta vez Irán y Siria son amenazados por Bush, Blair y también Chirac. ¿No caracterizan la hipocresía, las mentiras, y las sumisiones a la política y la diplomacia? ¿Se puede esperar, a pesar de todo, que nuestro futuro será menos cruel que nuestro pasado?

Jean Bricmont: Hay una especie de carrera de velocidad entre la superpotencia estadounidense y la opinión pública mundial: si esta última es suficientemente fuerte, Estados Unidos se encontrará en una situación de la que se puede esperar que lo bloquee. La situación militar en Irak, es el nudo de todo; mientras se vean inmovilizados por la resistencia en Irak, no los veo atacando a otros países, salvo mediante bombardeos. Pueden bombardear a Irán y Siria, pero no tienen suficientes tropas para invadirlos. Además, tenemos a Latinoamérica donde la situación no es nada de buena para los estadounidenses. Lo que es muy peligroso, es la nueva posición del Pentágono que considera abiertamente el uso de armas nucleares contra países que no poseen tales armas. Es su nueva doctrina. Muchos científicos estadounidenses y franceses se movilizan contra esta política. Pero a pesar de ello hay que esperar que haya una reacción en Estados Unidos, que les impida utilizar el arma todopoderosa que es el arma nuclear. Siempre han tenido una doble estrategia: las armas convencionales, en cantidades absurdas, más el arma nuclear. Han demostrado en Irak, para sorpresa de muchos, que las armas convencionales no bastan. Por lo tanto, lo único que les queda, es el arma nuclear. ¡Hay que impedir que la utilicen! Para convencer a la opinión dicen: “vamos a miniaturizar el arma nuclear,” será mucho menos devastadora, por lo tanto su utilización será políticamente más aceptable. Es muy peligroso. Existe efectivamente una carrera de velocidad entre un militarismo estadounidense que puede no aceptar su derrota, y la opinión pública mundial, incluyendo a una buena parte de la opinión pública estadounidense, ya que una fracción importante de ésta piensa que hay que destituir a Bush, lo que no está mal.

S.C.: Su libro, que apela a la sensibilidad y a la compasión que debemos a los seres que no tienen la posibilidad de vivir con dignidad, puede contribuir a aumentar las posibilidades de una toma de conciencia. Pero ¿puede esperarse verdaderamente que los dirigentes que se han equivocado de rumbo lo vayan a leer y que echen marcha atrás bajo la presión de la opinión pública, y particularmente la de sus electores?

Jean Bricmont: No espero que dirigentes como Bush me vayan a leer. En todo caso no leen mucho. Pero deseo abrir la discusión en la izquierda, y re-crear la actitud que existía en los movimientos anticolonialistas del pasado, que era mucho más lúcida respecto a lo que son nuestros propios países. Además, hay que darse cuenta que en Occidente somos los principales responsables de la política de los países occidentales. Cuando vemos políticas en los países del tercer mundo que no nos gustan, hay que comenzar por discutir con la gente que vive allá, pero con las organizaciones representativas de las masas, no con grupúsculos o individuos aislados. Hay que tratar de ver si sus prioridades son las mismas que las nuestras. Por ejemplo, la gente de a pie en Latinoamérica no ve a Cuba de la misma manera que en Francia, donde cuesta decir algo bueno sobre Cuba, pero en Latinoamérica es bastante popular. Una persona como el primer ministro de Malasia, Mohammed Mahatir, es demonizada en nuestro país (por antisemitismo), pero lo que ha dicho es sin duda relativamente popular en los países musulmanes (y no simplemente por el antisemitismo). Existe una extraordinaria conciencia tranquila occidental que consiste en decir: “Esa gente son dictadores, o musulmanes fanáticos, extremistas, etc.”, que permite ignorar y no escuchar lo que piensa una gran parte del género humano. Espero que el movimiento altermondialista instituya canales que permitan una mejor comprensión de los puntos de vista del sur. Por el momento, la izquierda occidental tiende a permanecer en su rincón, aunque tiene poquísima influencia donde reside y hace indirectamente el juego del imperialismo al satanizar al adversario, al otro, al árabe, el ruso, el chino… en nombre de la democracia y de los derechos humanos. De lo que se es responsable antes de todo, es del imperialismo de su propio país. Comencemos por lo tanto a encarar ese tema y a enfrentarlo de manera eficaz; de los crímenes de los otros: Sadam, Milosevic, Bin Laden, hablaremos cuando corresponda.

Ver también: http://www.voltairenet.org/article131461.html#article131461

Bibliografía.

– Jean Bricmont, Impérialisme humanitaire. Droits de l’homme, droit d’ingérence, droit du plus fort ?, Aden, Bruselas, 2005, 18 Euros.
– Jean Bricmont, Régis Debray, A l’ombre des Lumières, Odile Jacob, Paris, 2003
– Jean Bricmont, Alan Sokal, Impostures Intellectuelles, Odile Jacob, Paris, 1997 (2ème édition, Le livre de poche, 1999)
– Jean Bricmont, Diana Johnstone, « Les deux faces de la politique américaine », in : L’empire en guerre (coll.), Le temps des cerises, Paris, 2001
– « Folies et raisons d’un processus de dénigrement, Lire Noam Chomsky en France », postface in : Noam Chomsky, De la guerre comme politique étrangère des Etats-Unis, Agone, Marseille, 2002
– « L’espoir change-t-il de camp? » en: Mourir pour MacDo en Irak (coll.), Aden, Bruselas, 2004
– Prfacio en: Norman Finkelstein, Tuer l’espoir: introduction au conflit Israélo-Palestinien, Aden, Bruselas, 2003
– « Donner un contenu concret à la notion de classe », prefacio en: Geoffrey Geuens, Tous pouvoirs confondus, EPO, Bruselas, 2003
– « La fin de la “fin de l’histoire” », y « Questions aux “défenseurs des droits de l’homme” », en: 11 de septiembre 2001, La fin de la “fin de l’histoire” (coll.), Aden, Bruselas, 2001.

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