Ícaro e a Caverna – Pedro Mota

Todo o Meu Mundo e o Marxismo

Dans le foisonnement de l’absurde, que reste-t-il pour le sens ? Par Jean-Yves Jézéquel

Le petit nombre des élites « égocentrées », l’oligarchie à la commande des Etats transformés en Pouvoirs se légitiment de théocratie. L’Eglise suprême de la religion de marché, la caste de ses grands prêtres définissent les hérésies et les hérétiques. Les bataillons médiatiques au service du dogme sectaire du capitalisme ultra libéral et toute l’armada du système répressif, contrôlent la vie des peuples, les obligeant même à se taire par un « management de la terreur » mené de mains de maîtres. La dictature autoritariste d’un Empire technocrate, prenant toutes les décisions à huis-clos, sans jamais se référer à l’avis des intéressés, règne sans partage sur 80% de l’humanité. Dans cette dictature de l’arbitraire absolu, seule la loi du profit constitue le credo exclusif de la caste des prédateurs du système…

Dans le monde de la « journalistiquerie », il y a assez de naïfs arrogants pour bêler en chœur le discours « officiel » sans le moindre esprit critique, sans le moindre recul et sans la moindre autonomie de réflexion sur la nature falsifiée de la vision néo conservatrice et ultra libérale de cette caste méprisant le reste des hommes avec la condescendance des sots !

Les lobbies quant à eux sont au paradis. Les grandes sociétés multinationales richissimes, font et défont à leur fantaisie, l’existence exsangue des populations traînées dans le malheur pour le bonheur de leurs maîtres du CAC40 ou du dow Jones (DJIA : Dow Jones Industrial Average)… Ce qui reste des Etats est à leurs ordres. Les épaves de ce monde dégénéré exécutent leur tâche avec zèle et empressement au service inconditionnel des grandes sociétés flibustières qui pillent allègrement un monde transformé en ruines…

L’exploitation, les abus de toute nature infligés aux gens humbles, l’esclavage moderne, la maltraitance de plus de 200 millions d’enfants contraints au travail à bas coût et dans des conditions abominables pour le seul profit de la caste des nouveaux esclavagistes sont la règle la plus répandue sur toute la Planète. L’organisation acharnée de l’arnaque, du pillage, de la surveillance à outrance, des principes de la soumission et de la domination par la destruction des récalcitrants (massacres planifiés comme en Syrie) est le seul programme qui vaille pour les tyrans martyrisant sans états d’âme les peuples dépouillés de tout ! La planification du chaos, de l’atomisation des populations, du démantèlement des Etats Nations, tout cela est devenu la surenchère fébrile de la mondialisation désireuse de bâillonner les revendications des travailleurs et des peuples qui se sont battus pendant des siècles pour acquérir chèrement leur liberté devenue un obstacle majeur à la loi sacro-sainte du profit!

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Aujourd’hui, nous assistons à la proclamation décomplexée d’une volonté oligarchique d’imposer son dictat à l’ensemble des nations, en leur annonçant que la démocratie n’est plus un sujet d’actualité, que l’avis des peuples ne l’intéresse pas, que l’état d’urgence doit se prolonger à perpétuité, que l’Etat policier sera désormais la nouvelle forme d’autoritarisme à promouvoir dans tous les pays, que le travail sans limite sera la nouvelle condition de vie habituelle des personnes et que tous les avantages sur l’éducation, la santé, les aides sociales, la qualité de vie, les loisirs, la culture, le logement seront désormais limités, voire supprimés…

Le dogme de « l’austérité » se justifie de « crise » dont les seuls auteurs sont ceux-là même qui abusent encore plus que jamais des pays traînés dans la violence de ce massacre volontaire et sans pitié ! Ces criminels en cols blancs n’hésitent même pas à conspuer les pauvres, à les accuser, à « moraliser » les peuples en les traitant de « tire au flanc », d’être les obstacles de la bonne marche économique du monde selon leurs courtes vues!

Les nations encore souveraines et façonnées par leurs peuples sont désappropriées de leurs leaders par des jeux de passe-passe juridiques, sans qu’elles puissent rien faire ni rien dire, comme cela a été le cas spectaculaire du Brésil avec Dilma Roussef qui a été ainsi chassée de sa fonction par une pratique de l’arbitraire absolu se réclamant du Droit… Là, la perversion a atteint un point délirant totalement odieux, car les salauds, comme ce Michel Temer, qui ont ainsi pris le Pouvoir sans l’avis de personne, avec la complicité de Standard & Poor’s et autres agences de notations, ces larrons en foire, se sont dépêchés ensuite de piller, de dépouiller, de saccager les richesses de ce grand pays pour le seul profit des ordures qui se sont emparés du monde. Partout sur Terre sont ainsi martyrisés 80% de l’humanité à travers un tel comportement ne se souciant guère de la loi de mort qu’il répand, comme la peste, sur tout ce qui est vivant…

Ce qui est hautement d’actualité, c’est la régression mentale de l’humanité, la malhonnêteté intellectuelle des « élites », le retour, tambours battant, aux archaïsmes des obscurantismes farouches, favorables au dressage à l’amour de la soumission présenté quant à lui, comme une « vertu » récompensée par les médailles du « mérite » chez tous ceux qui donnent la préférence aux désirs compulsifs régnant tyranniquement sur des individus dépossédées de tout idéal ! Les humanistes subissent quotidiennement les injures implicites et explicites, parce que les profits exorbitants concentrés dans les mains des 20% de l’humanité, ne sont pas encore assez exorbitants ! Les pauvres de plus en plus pauvres ne sont pas encore assez pauvres…

D’ailleurs la guerre est carrément planifiée elle aussi, pour se débarrasser de tous ces contingents de pauvres qui ne veulent pas jouer le jeu du profit exorbitant au service exclusif d’un petit nombre de prédateurs du cannibalisme social.

Les massacres à grande échelle sont programmés. Les puissants au pouvoir veulent « nettoyer » la Planète d’un bon tiers de l’humanité jugé inutile, improductif, coûteux, véritable obstacle au débridement du profit pour le profit !

Par dessus tout cela, la Terre est limitée dans ses moyens et nous devenons trop nombreux : donc, « il faut faire disparaître tous ceux qui ne font pas partie des privilégiés du système prédateur » qui a été mis en place par les artisans zélés du productivisme…

D’ailleurs des milliardaires se réunissent activement depuis un certain temps, pour fabriquer des engins capables d’aller coloniser les autres planètes viables du système solaire, en se dépêchant d’être les premiers à y mettre les pieds afin de devenir déjà les maîtres incontestables et incontestés de ces immenses richesses qui sont là en attente de leur voracité! L’argent (le chiffre) est leur seul dieu, le profit leur seule préoccupation, le capitalisme ultra libéral leur seule idéologie sectaire, le principe de la domination et de la destruction leur seule religion… C’est bien là le triomphe du monde de la bête et donc l’annonce implicite de l’Apocalypse, c’est-à-dire de sa chute mortelle finale par son auto destruction !

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La troisième guerre mondiale est préparée en effet, ouvertement, sans secret. Les provocations sont organisées avec insistance, les légions de l’Empire et le matériel de guerre sont accumulés en masse là où il faut provoquer la destruction en règle des trublions qui menacent la fête perpétuelle des profiteurs d’en haut…

Le mensonge fleurit à foison, la manipulation est débridée, la malveillance bat son plein, les « Fake news » prolifèrent, la corruption explose dans le milieu exclusif des « élites », le peuple des modestes est sidéré tout en se voyant interdit de parole. Le culot de la caste au service d’un tel système de domination est sans borne.

Ce foisonnement du pervers en devient absurde et chacun est obligé de se poser la question du sens ; sens de l’existence dans ces conditions ; sens de la vie ; sens de ce que nous faisons sur Terre ici et maintenant ? Pourquoi vivre si c’est pour exister dans de telles conditions : celles de l’absurde ?

L’absurde gigantesque de la situation qui est celle de l’humanité actuelle l’est d’autant plus que les prédateurs eux-mêmes sont dans une totale équivoque sur les exigences de leur prétention elle-même. En agissant comme ils le font, ils sont incapables de voir à quel point ils desservent leur propre « cause », précipitant même leur fin dans un chaos innommable qu’ils pensaient ne réserver qu’aux « autres », à ce tiers de l’humanité qu’ils jugeaient improductif et inutile pour leur profit et leur béatitude de parfaits crétins!

Ils avaient oublié qu’ils faisaient, eux aussi, entièrement partie de la nature et que par la même occasion, s’ils s’attaquaient en réalité à la nature et à ses lois qui sont des lois immuables de complémentarité, ignorant que c’était à eux-mêmes qu’ils allaient s’en prendre sans le savoir et sans être capables de le prévoir !

Toute la logique de la vie, dès son apparition, s’articule autour d’une logique de mort. C’est un processus permanent de mort qui permet le processus permanent de vie. La vie ne peut exister que grâce à des processus de mort. C’est en acceptant son apoptose que la cellule donne vie à une nouvelle cellule maintenant ainsi l’homéostasie des organes d’un corps pour l’harmonie de l’ensemble. C’est par une logique de mort perpétuelle que se dessine la logique de vie perpétuelle. L’âme de la Nature a donc voulu que la vie soit intrinsèquement reliée à la nécessité permanente de s’en détacher ; elle a voulu que la vie ne soit possible qu’à la condition que chaque élément la composant, accepte de donner la sienne. La continuation de la vie est reliée intimement au don permanent de la vie qui est incarnée dans les êtres et les choses invités ainsi à se « sacrifier » en permanence pour permettre la vie en permanence…

Il n’y a pas de vie sans le don permanent de la vie par ceux qui la détiennent provisoirement, juste le temps qu’il faut pour être en mesure de la transmettre aux suivants. C’est une générosité infinie organisée comme telle qui explique le principe de la vie dans les conditions de la biosphère. Voilà pourquoi la loi de la complémentarité est la seule loi régissant ce monde créé par la Mère Nature.

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Le comportement de tous les prédateurs de l’humanité est à l’extrême opposé de cette loi naturelle ; il est le contraire de cette logique intrinsèque de la vie ; il est incompatible avec les lois intimes de la nature… C’est aussi pour cela qu’il ne peut pas durer dans le temps et poursuivre allègrement son chemin en se moquant éperdument de la souveraineté de la vie. Il y a une limite au-delà de laquelle il n’est plus possible de « survivre » à son égocentrisme. C’est pourquoi, d’ores et déjà, la sagesse dit haut et clair, que ce monde qui a atteint le degré ultime de la dégénérescence, est sur le point de sombrer dans l’abîme de l’anéantissement…

Les prédateurs dominants de l’humanité ne savent pas qu’ils sont, malgré eux, dans une logique imparable de mort assurée. C’est justement ce comportement injuste, d’abus, de domination, d’exploitation, de leur volonté de faire du profit dans la démesure, qui va assurer leur mort, du coup, prématurée!

Il n’y a pas meilleur comportement que celui des « élites » actuelles pour favoriser et précipiter leur chute, le déclin de la civilisation de la répression, sa disparition brutale dans le fracas d’un chaos réservant à l’humanité la même fin que celle des dinosaures.

L’ère de l’Anthropocène s’achève car l’homme décideur a choisi d’ignorer la règle d’harmonie avec les autres composantes de la biosphère. Il s’est considéré comme au-dessus et en dehors de la nature : faute fatale inspirée par la pathologie religieuse l’ayant conduit à haïr sa propre nature…

La vie a inventé la vie et non pas la survie. Faire de la vie une survie ne pouvait pas durer dans le temps. Aussi, le moment est venu de se retirer dans le silence et le recueillement avant de mourir en laissant la place libre au développement de nouvelles formes de vie devenues possibles.

S’émanciper des règles de la Nature, c’est s’exclure de la Nature. Notre heure a sonné par la faute de tous ceux qui se sont moqués des lois de la Nature! C’est la perversion de la religion qui a mis dans la tête des arriérés mentaux l’ayant promotionnée, l’idée aberrante que l’homme avait été créé pour « dominer la nature » et « régner sur elle » en Maître fait « à l’image et à la ressemblance d’un dieu » se disant lui-aussi autre, en dehors et au-dessus de la Nature ! (Cf., Livre de la Genèse) Le mensonge incommensurable de la religion a trompé l’homme, en long, en large et en travers, il l’a abusé depuis des millénaires. C’est la religion qui est la première responsable de notre chute et de notre disparition…

Au moment de la « fuite d’Egypte », le peuple juif célébrant sa « libération » avait tôt fait, alors qu’il était encore en chemin dans le désert, de transformer son monothéisme « révélé » en « culte du veau d’or », cet épisode qui en dit long ayant à son tour entraîné un massacre spectaculaire de plusieurs milliers de personnes ! La religion est une aberration qui rime avec crime parce qu’elle est une spectaculaire manifestation de l’arriération mentale de l’humanité.

Le sage ne peut avoir de connivence avec le religieux. La sagesse ne peut avoir de lien avec la religion. La sacralisation de la conscience, voilà la spiritualité naturelle intime de l’homme en harmonie avec les intentions éternelles de l’âme de la Nature.

Dans le foisonnement de l’absurde, voilà où est le sens, voilà où il demeure : dans la conscience de notre lien indéfectible avec l’âme de la Nature. Le sens de notre vie est dans ce dialogue avec elle nous reliant à elle et nous confondant avec elle. « Je suis dans le Tout et le Tout est en moi. Qui me voit, voit le Tout ». « Je suis sorti du Tout et je retourne au Tout ». (logion de l’évangile de Thomas, manuscrit de Nag Hammadi). « Je suis une partie du Tout et pourtant le Tout est tout entier dans la partie du Tout que je suis. Le Tout n’étant pas la somme des parties »! « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’Univers et les dieux », disait l’Oracle de Delphes.

Le sens, il est là : dans le passage d’une civilisation de la croyance à une civilisation de la conscience ! Ce sera vraisemblablement la suite logique des prochaines inventions de la vie dans les conditions de la biosphère, mais sans doute sans les hommes qui auront tout fait pour s’en exclure, eux qui ont commis la faute originelle fatidique d’une adhésion aveugle au mensonge de la psychopathologie coalitionnelle qu’est la religion.

 Jean-Yves Jézéquel

3 avril 2017

Por uma abordagem objetiva, aberta e contraditória da Revolução Russa

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Apelo-petição em vésperas do 100º aniversário da Revolução de Outubro

– Nem óculos “Brancos” sobre Outubro de 1917 nem a repetição de “Livros Negros” anticomunistas!

por Annie Lacroix-Riz, Georges Gastaud e Jean Salem

Na abordagem do 100º aniversário do 7 de novembro de 1917, tudo se passa como se se tratasse – sobretudo para certos meios político-mediáticos, caucionados por certos universitários – de apresentar uma versão grosseiramente maniqueísta, tingida de encarniçamento anticomunisto, anti-bolchevique e anti-soviético.
Não apenas Outubro não teria sido senão um “golpe” bolchevique interrompendo um amável curso democrático iniciado pela revolução russa de fevereiro. Não apenas os bolcheviques não teriam tido nenhum papel importante em fevereiro de 1917, não apenas o imenso levantamento proletário e camponês que a preparou, marcou e deu seguimento em 7 de novembro de 1917, não teria tido um caráter autenticamente democrático, popular e socialista, não apenas as suas consequências se teriam revelado unicamente catastróficas para a Rússia e para a humanidade, mas todo este processo se teria desenrolado – bem como a ulterior construção da URSS – num contexto puramente russo e quimicamente puro, praticamente livre de furiosas intervenções imperialistas, da defesa sangrenta e exacerbada dos privilégios pelas classes privilegiadas, do esmagamento brutal da revolução operária na Alemanha, seguido da ascensão do fascismo, nazismo, franquismo e dos militarismos, do Japão imperial à Europa Ocidental (Hungria, Itália, Espanha…)

Os signatários do presente texto ficam horrorizados ao ver profissionais do campo da História misturarem-se no ar viciado deste nosso tempo anticomunista, “pós-moderno” e anti-progressista, abordando, sem excessivos escrúpulos metodológicos, o tema hiperbolicamente qualificado de Outubro russo.

Os mesmos que evocam com comiseração a demasiado “ingénua” historiografia dos tempos recentes e que denunciam os “preconceitos” da conjuntura política que se seguiu a Estalinegrado, o 8 de maio de 1945 e o surgimento de um poderoso partido comunista em França, não se interrogam um segundo sequer sobre a atual configuração política na qual eles desenvolvem a sua reflexão “histórica” qualificada de crítica: ofensiva neoliberal; anexação para a esfera euro-atlântica dos antigos países socialistas; domínio de Berlim sobre a “construção europeia”; subida do Front National e viragem para a direita da sociedade francesa; destruição das conquistas sociais do Conselho Nacional da Resistência ligadas à ação dos ministros comunistas em 1945-47; ressurgimento dos impérios capitalistas disputando a hegemonia mundial, arremetida europeia, leia-se global, de diversas variedades de extremismo de direita e fundamentalismo religioso; degradação da relação de forças entre Trabalho e Capital e a nível mundial; diabolização da Federação Russa, que a NATO pressiona nas suas fronteiras de Vilnius a Kiev; multiplicação de guerras neocoloniais travestidas de “direito de ingerência humanitária” (África, Médio Oriente); criminalização das atividades comunistas em antigos países socialistas (Polônia, República Checa, Bulgária,…); negacionismo histórico caracterizado pelas autoridades japonesas sobre os genocídios cometidos na Coreia e na China; investida de grupos neonazis que proliferam na esteira dos poderes fascizantes, apoiados pela UE e a NATO (Ucrânia Hungria, as antigas repúblicas soviéticas do Báltico)…

Esta tentativa pseudo-histórica de “varrer” Outubro de 1917 da memória coletiva tem objetivamente lugar numa paisagem historiográfica dominada pela reação:

Acrescida complacência com a colonização francesa (por ex. os “aspectos positivos da colonização” (sic) que círculos sarkosistas pretendem inscrever nos programas escolares),
Difamação da Revolução francesa, nomeadamente a sua fase jacobina e de Robespierre,
Tendência para reabilitar Vichy e depreciar a resistência patriótica (particularmente negando o papel proeminente que desempenharam os comunistas),
Relatos desonestos da História nacional que tanto desvalorizam séculos de construção do estado-nação em benefício da historiografia euro-politicamente correta, como pretendem ressuscitar um “romance nacional” expurgado dos confrontos de classes e da contribuição dos comunistas para a Frente Popular, a Resistência, as reformas progressistas da Libertação, a recusa das guerras coloniais, a defesa da liberdade, da paz, da soberania nacional, da igualdade entre homens e mulheres e do progresso social,
Odiosa amálgama entre o Terceiro Reich e a pátria de Estalinegrado, perpetrada nos programas e manuais escolares, sob o nome de “ascensão do totalitarismo”,
Em suma, tudo se passa como se determinados círculos que monopolizam a edição, os media e boa parte da Universidade, estivessem menos preocupados em esclarecer sob um ângulo dialético, dinâmico, e eventualmente contraditório, os Dez Dias que abalaram o mundo do que retrospectivamente dar uma lição aos povos, especialmente à juventude, para os afastar para sempre das lutas da classe operária e revolucionárias…

Como se fosse possível um simples “putsch” bolchevique ter podido mobilizar milhões de proletários e camponeses, varrer os exércitos brancos apoiados por dezoito corpos expedicionários estrangeiros, suscitar um extraordinário florescimento cultural, levantar o entusiasmo do movimento operário e dos povos dominados, derrotar a “invencível” Wehrmacht e, durante mais de sete décadas, pôr no cerne do problema geopolítico global a contradição socialismo/capitalismo, a descolonização e a igualdade entre homens e mulheres.

Difamando a seu bel prazer Outubro de 1917, suas causas, seu progresso e suas sequelas, procura-se também dar tons cor de rosa ou branquear ao máximo o terrível resultado da restauração global do capitalismo que sob o nome de “globalização liberal” resultou na liquidação da experiência multifacetada da Revolução bolchevique.

No entanto, os inquéritos de opinião atestam que feita sucessivamente a experiência de dois de sistemas sociais antagónicos, os povos do antigo campo socialista e mais fortemente ainda os da ex-URSS, continuam a honrar Lenine e todos os que permitiram a construção de uma sociedade alternativa em termos de ganhos sociais, paz civil, direito ao trabalho, acesso a cuidados de saúde e educação, respeito pelas minorias, desenvolvimento das culturas nacionais e das línguas, desenvolvimento científico, etc.

Não deverão os verdadeiros democratas escutar a palavra dos povos ao invés de esmagá-los sob o termo pejorativo de “Ostalgia”? Será assim tão constrangedor que povos que sucessivamente testaram os dois sistemas sociais, e que não esqueceram por essa razão os bloqueios do “socialismo real” nos anos 70/80, afirmem apesar disso, depois de ter experimentado a restauração capitalista, a “Integração europeia” supranacional e neoliberal, a desestabilização sangrenta de países inteiros (Jugoslávia, Ucrânia…), a ascensão de extremistas de direita, a pressão militar exercida pela NATO nas fronteiras da Rússia, que o socialismo era sem dúvida melhor, incluindo os seus defeitos, que a explosão de máfias e das desigualdade que lhe sucederam sob a altamente discutível designação de “democracia liberal”?

É por isto que os signatários deste texto, ainda que não tenham necessariamente todos os mesmos pontos de vista sobre a história russo-soviética, fazem ponto de honra em dizer com força que a Revolução de Outubro de 1917 deve deixar de ser lida apenas com o óculos “brancos”, “termidorianos”, contrarrevolucionários, ou mesmo claramente fascizantes daquelas e daqueles que em lugar de estudarem o movimento comunista, as lutas das classes dominadas e as revoluções populares – incluindo frequentemente a Revolução francesa e a Comuna de Paris – as combatem sem sequer ter a honestidade intelectual de evidenciar a sua orientação partidária.

Não se trata para nós de exigir uma hagiografia da Revolução russa, mas de permitir às gerações jovens abordar o estudo do passado dialeticamente, avaliar a sua complexidade a partir das dinâmicas das classes e das relações de forças internacionais da época, tendo em conta todos os seus aspectos; e acima de tudo, realizar este estudo sem palas anticomunistas nos olhos, sem preconceitos antissoviéticos e, finalmente, sem posições políticas contrarrevolucionárias.

Contra aqueles que tentam já apropriar-se da próxima comemoração de Outubro de 1917 na base de evidentes preconceitos antibolcheviques, reabramos o debate contraditório, voltemos aos factos e proceda-se à sua recontextualização. Numa palavra, evite-se fazer do 100º aniversário de Outubro uma forma de vingança póstuma para os “Brancos” e todos aqueles que, na nossa época, sonham com um mundo definitivamente adquirido para o capitalismo, a integração euro-atlântica, a regressão social, as guerras imperialistas e a fascisação política.
Primeiros signatários:
Marie-Claude Berge , professeur d’histoire; Gwenaël Bidault , syndicaliste CGT (Sécurité sociale, 22) ; Jean-Pierre Bilski , professeur d’histoire (34) ; Pierre Boismenu , psychanalyste et philosophe : Danièle Bleitrach , sociologue (13) ; Christiane Combe , professeur de SVT retraité (19) ; Jean-Pierre Combe , ingénieur polytechnicien (19) ; René Coucke , psychanalyste (59) ; Jean-François Dejours , professeur de philosophie, syndicaliste (59) ; Jean-Marc del Percio , docteur en sciences politiques, ancien chargé d’enseignement à l’IEP de Lyon ; Aurélien Djament , mathématicien au CNRS, syndicaliste (44) ; Bruno Drweski , maître de Conférences HDR, Membre de l’ARAC ; Henriette Dubois , « Nelly » dans la Résistance, ancien agent de liaison des FTP de la zone Sud, chevalier de la Légion d’honneur ; Marianne Dunlop , professeur agrégé de russe ; Jean-Michel Faure , professeur émérite de sociologie, titulaire d’un doctorat 3ème cycle à l’EHSS sur l’Agriculture Russe ; Vincent Flament , militant de la solidarité internationale, 59 ; Joëlle Fontaine , professeur d’histoire retraitée ; Benoît Foucambert , professeur d’histoire, syndicaliste (81) ; Marc-Olivier Gavois , professeur d’histoire ; Jean-Christophe Grellety , professeur de philosophie (33) ; Jean-Pierre Guelfucci , militant syndical, fils de Résistant ; Gilda Guibert , professeur agrégé d’histoire (78) ; Jean-Pierre Hemmen , directeur de la revue théorique Etincelles, fils de Jean Hemmen, Fusillé de la Résistance, ancien militant de l’Internationale communiste et des Brigades internationales d’Espagne (80) ; Gisèle Jamet , professeur d’histoire ; Edmond Janssen , éditeur (75) ; Jean-Pierre Kahane , mathématicien ; François Kaldor , avocat honoraire ; Fadi Kassem , diplômé de Sciences po. Paris, professeur agrégé d’histoire (78) ; Jacques Kmieciak , journaliste (62) ; Léon Landini, ancien officier FTP-MOI, grand Mutilé de Guerre, Officier de la Légion d’honneur, Médaille de la Résistance, décoré par l’Union soviétique (92) ; Guy Laval , psychiatre (75) ; Ivan Lavallée , universitaire et chercheur en informatique ; Yves Letourneur , poète, philosophe ; Thérèse Lévené , enseignante-chercheure en sciences de l’éducation, université de Lille 1, vice-présidente du CNU 70, syndiquée au Snesup ; Olivier Long , universitaire et peintre ; Antoine Manessis , fils de Résistants, historien ; Annette Mateu-Casado , anc. documentaliste, fille de combattants antifascistes espagnols ; Aymeric Monville , éditeur de livres de philosophie et d’histoire (92) ; Dominique Mutel , agrégé d’anglais (62) ; Jean-Michel Pascal , ingénieur d’études (75) ; Anna Persichini, syndicaliste CGT (Métallurgie – 06) ; Guy Poussy , conseiller honoraire du Val-de-Marne ; Pierre Pranchère , ancien maquisard FTPF de Corrèze (dite la « Petite Russie »), ancien député ; Christophe Pouzat , neurobiologiste (94), Benoît Quennedey , historien (75) ; Marie-Noël Rio, écrivain (Allemagne) ; Hervé Sczepaniak , professeur de lettres ; Jean-Pierre Sienkiewicz, agrégé de physique, syndicaliste (24) ; Stéphane Sirot , historien du syndicalisme (59) ; Romain Telliez , historien. Université de Paris-Sorbonne ; André Tosel , professeur émérite de philosophie à l’Université de Nice ; Yves Vargas , philosophe, fils de Résistant ; Maxime Vivas , écrivain et journaliste.

Associam-se a este apelo-petição internacional:
Barbara Flamand , écrivain, Bruxelles; Domenico Losurdo , philosophe et historien, professeur émérite à l’Université d’Urbino (Italie) ; Anita Prestes , professeur à l’Université Fédérale de Rio de Janeiro; Miguel Urbano Rodrigues , anc. député portugais au Conseil de l’Europe, anc. militant antifasciste et anticolonialiste, historien du mouvement communiste.

Para assinar clique aqui .

O original encontra-se em http://www.initiative-communiste.fr/…

Este documento encontra-se em http://resistir.info/ .

Le monde à l’envers. L’opposition gauche-droite s’est inversée en France. Par Jean Bricmont

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Mondialisation.ca, 02 février 2017
rt.com 31 janvier 2017

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“Gauche droite
Depuis les années 1980, la base de classe de la gauche a complètement changé et la gauche actuelle est essentiellement devenue le parti de la petite bourgeoisie intellectuelle, juge l’essayiste Jean Bricmont.

On entend souvent dire que l’opposition gauche-droite est dépassée ou n’a plus de sens. Mais le problème est pire : sur de nombreuses questions, l’opposition gauche-droite s’est inversée, la gauche adoptant des positions qui étaient celles de la droite ou de l’extrême-droite dans le passé et une partie de la droite faisant l’inverse.

Commençons par la question de la paix et de la guerre. Depuis que les guerres sont devenues «humanitaires», c’est la gauche, y compris le plus gros de la gauche «radicale», qui les soutient. Lorsqu’un coup d’Etat parfaitement orchestré a lieu en Ukraine, on célèbre la victoire de la démocratie. En Syrie, jusque récemment, le soutien, au moins verbal, aux «rebelles» ne faisait pas débat dans la gauche. Lors des bombardements sur la Libye, Mélenchon soutenait qu’il fallait empêcher le «tyran» Kadhafi de tuer la révolution. On s’aperçut un peu tard que les adversaires dudit tyran, comme le gros des rebelles en Syrie, étaient aussi nos adversaires, c’est-à-dire des islamistes fanatiques.

Mais la gauche classique, au moins dans sa partie radicale, mais parfois aussi dans une certaine social-démocratie, était opposée aux politiques impériales, à l’ingérence et à l’hégémonie américaine, notamment pendant la guerre du Vietnam. Aujourd’hui, le simple fait de défendre le principe de la souveraineté nationale passe pour étant d’extrême droite. Et, de fait, celle-ci défend parfois ce principe.

Toutes les guerres s’accompagnent de propagande de guerre et elle est presque toujours relayée par les médias dominants. Jadis la gauche communiste, mais pas seulement elle, se méfiait de la «presse bourgeoise» et la critiquait (souvent maladroitement, mais c’est une autre question). Aujourd’hui c’est la crédulité aveugle envers la presse dominante qui caractérise la gauche. On nous met en garde contre la «propagande russe» les fake news et le complotisme. Mais les médias qui sont les échos fidèles de la ligne de nos gouvernements sont supposés être inspirés uniquement par leur dévouement à la démocratie dans le monde.

Pendant la guerre froide, ainsi que pendant les guerres coloniales, ce sont des militants de gauche ou d’extrême gauche qui cherchaient et diffusaient des informations «alternatives» au discours belliciste dominant, entre autres sur la torture en Algérie ou sur les bombardements au Vietnam. Pourtant, personne ne prétendait qu’Ho Chi Minh était un parfait démocrate ni que le FLN algérien ne commettait aucun attentat contre des civils.

Mais la propagande de guerre existe quels que soient les défauts ou crimes réels de l’ennemi et les amplifie, les met hors contexte, et passe sous silence les crimes et provocations de «notre» camp. Par conséquent, le combat pour la paix est toujours indissociable du scepticisme par rapport aux allégations des médias sur les crimes de nos ennemis réels ou supposés.

Aujourd’hui, le fait de chercher des informations qui contredisent le discours belliciste, rencontrer des chrétiens en Syrie ou visiter les régions rebelles dans l’est de l’Ukraine par exemple, vous classe immédiatement à l’extrême droite. Lorsque la congressiste américaine Tulsi Gabbard (démocrate de Hawaii) revient de Syrie où elle a rencontré le président Assad et témoigne de l’hostilité de la population aux rebelles, même «modérés», ce sont des journaux classés à gauche comme le Daily Kos et le Daily Beast qui la traitent de fasciste et de suppôt d’Assad.

En France, des autorités universitaires n’hésitent pas à interdire la tenue d’une conférence critique du discours dominant sur la Syrie au nom de la lutte contre l’extrême droite, exactement comme elle l’aurait fait pendant la guerre d’Algérie au nom de la lutte contre l’extrême gauche.

Quand on lit des journaux de gauche comme Libération à propos de la Russie et de Poutine, on croirait lire la presse patriotique pendant la guerre de 14-18 parlant de l’Allemagne et du Kaiser. Les intentions russes sont toutes maléfiques, les Russes sont plus grands que nature, ils contrôlent nos pensées et menacent leurs voisins. Dans le passé, la droite dénonçait les communistes comme étant à la solde du Kremlin et dénonçait comme «idiots utiles» tous ceux qui osaient mettre en question le discours officiel. Aujourd’hui, c’est la gauche qui lance ces accusations contre l’extrême droite, et qui, de plus, diabolise comme étant d’extrême droite le scepticisme par rapport à l’hystérie anti-russe.

Si la «propagande russe» contrôlait réellement nos pensées, comment se fait-il qu’elle soit sans arrêt dénoncée sans être même entendue, sauf de façon marginale ? N’est-ce pas là un exemple typique d’inversion accusatoire ? Si les Russes voulaient réellement envahir la Pologne ou les pays baltes, pourquoi n’envoient-ils pas d’abord leur armée (et pas de simples volontaires) dans l’est de l’Ukraine où ils seraient accueillis en libérateurs ?

Poser ces simples questions de bon sens est pratiquement devenu impossible dans le discours dominant, en particulier à gauche.

Ce renversement de l’opposition gauche-droite s’est opéré, durant les années Mitterrand, avec la prise de pouvoir par les ex-68ards dans les appareils idéologiques : universités, édition, médias. La base de classe de ce qu’on appelle la «gauche» a alors complètement changé : au lieu de s’appuyer sur les salariés, comme le faisait l’ancienne gauche, la gauche actuelle est essentiellement devenue le parti de la petite bourgeoisie intellectuelle, surtout universitaire.

Son discours est presque entièrement une auto-affirmation d’attachement à des «valeurs», féministes, antiracistes, de défense des droits de l’homme etc. Mais cette auto-affirmation est essentiellement une façon d’affirmer sa propre supériorité morale face aux masses ignorantes et dépourvues de ces valeurs.

Dans le passé, le discours sur les valeurs était tenu essentiellement par les chrétiens. Les valeurs étaient bien différentes sinon opposées (familiales, sexuelles), mais avec la même prétention condescendante, la même mise en avant de sa propre pureté morale face à la dépravité du peuple. Et c’était la gauche qui parlait de structures sociales concrètes et de la nécessité de les changer.

Comme on le voit, le retournement est total : la gauche des «valeurs» est incapable de faire une analyse réellement critique des rapports de force dans le monde. C’est pourquoi, le plus souvent, elle défend, au nom des «valeurs démocratiques», le «système», y compris l’OTAN, la politique d’ingérence et les médias dominants et c’est une certaine extrême droite qui les critique (parfois).

Mais à une époque d’insatisfaction universelle, s’aligner sur le pouvoir en place et laisser à cette extrême droite le monopole de la critique est une position suicidaire, intellectuellement, moralement, et, in fine, politiquement.

Sans esprit critique, il n’y a ni droite ni gauche : il n’y a que soumission et obéissance”.

Jean Bricmont

Illustration Chaunu

source : http://politique.blogs.ouest-france.fr/tag/gauche-droite

La source originale de cet article est rt.com
Copyright © Jean Bricmont, rt.com, 2017

A gente da cultura: Trump e Obama.

A intelligentsia norte-americana está em guerra aberta com Trump. Na Europa, alguns classificam essa intelligentsia, escritores, artistas das artes visuais, teatro e cinema, músicos, como de esquerda, sabendo bem de mais que a grande maioria são liberais com muito pouco de esquerda. Fazem bem em invectivarem Trump um reacionário proto-fascista, com tiques de caudilho […]

via A Intelligentsia nos seus labirintos — Praça do Bocage

Lettre ouverte aux «défenseurs des droits de l’homme» à propos d’Alep – Jean Bricmont | 29 déc. 2016

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“L’Ambassade des Etats-Unis en Turquie ment ouvertement sur le soutien étasunien aux YPG kurdesL’ancien directeur du Mossad avoue qu’Israël s’est mis dans le même lit qu’al-Nosra[Vidéo] Hassan Nasrallah s’exprime sur la bataille d’Alep”Fausses informations” : l’arbuste russe qui cache la forêt israélienneLes sapeurs russes déminent Alep-Est et découvrent des munitions de fabrication occidentale (VIDEO)Résolution de l’ONU : l’acte de vengeance personnelle d’Obama contre Netanyahou[Vidéo] Syrie: la France est achetée par l’Arabie saoudite – Buthaina Shaaban conseillère d’AssadContre l’apologie et la pratique du deux poids, deux mesures[Vidéo] Une actrice bolivienne de retour de Syrie met à mal la version des médias occidentaux sur Alep
Lettre ouverte aux «défenseurs des droits de l’homme» à propos d’Alep
Par Jean Bricmont — 30 décembre 2016 Arabie saoudite Crises Droit international Etats-Unis Ingérence Russie Syrie

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© Khalil Ashawi Source: Reuters – Alep, Syrie, décembre 2016
Des «tartuffes», des «hypocrites», des «salauds»… L’essayiste belge Jean Bricmont ne mâche pas ses mots, en s’indignant des intérêts réels de ceux qui prétendent défendre les droits de l’homme en Syrie.
Tout d’abord, ceci n’est pas une attaque contre les droits de l’homme, comme idéal à atteindre, et le titre complet de l’article devrait être: «Lettre ouverte à ceux qui invoquent sélectivement les droits de l’homme pour justifier la politique d’ingérence des puissances occidentales dans les affaires intérieures des autres pays.»
En effet, la seule question qui mérite d’être discutée à propos de l’affaire syrienne, ce n’est pas la situation sur le terrain (qui est sans doute compliquée), mais la légitimité de la politique d’ingérence des États-Unis et de leurs «alliés», c’est-à-dire des Européens, de la Turquie et des États du Golfe, dans ce pays.
Depuis des décennies, l’idée de base du droit international, à savoir l’égale souveraineté des États et la non ingérence d’un État dans les affaires intérieures d’un autre a été systématiquement battue en brèche, au point d’être pratiquement oubliée, par les partisans du «droit d’ingérence humanitaire» (voir «Massacres à Alep : lettre à un camarade qui s’obstine à justifier l’injustifiable» de Julien Salingue, qui ne mentionne nulle part le droit international, comme exemple frappant de cet oubli dans la «gauche radicale». Salingue reproche en fait aux Occidentaux de ne pas avoir fourni plus d’armes aux rebelles c’est-à-dire de ne pas avoir violé ce droit plus encore qu’ils ne l’ont fait).
Le principe de non ingérence rend illégal tout ce que font les États-Unis un peu partout dans le monde: pas seulement les invasions «préventives», mais aussi les achats d’élections, les armements de rebelles, ou les sanctions et embargos unilatéraux.
Il faut peut-être rappeler les raisons sur lesquelles se fondent les principes du droit international. Tout d’abord, Il y a la leçon tirée de la Seconde Guerre mondiale. C’est l’usage par l’Allemagne de la politique des minorités en Tchécoslovaquie et en Pologne qui a été à l’origine de la guerre, politique qui a encore été amplifiée lors de l’invasion de l’Union soviétique. Cette politique a eu, à la fin de la guerre, des conséquences catastrophiques pour les minorités qui avait été utilisées par les Allemands.
C’est en partie pour cela que les vainqueurs, qui ont rédigé la charte de l’ONU, ont voulu «protéger l’humanité du fléau de la guerre» en rendant illégale la politique d’ingérence.
La politique de non ingérence a encore été renforcée par la décolonisation des années 1950 – 1970. La dernière chose que les pays issus de cette décolonisation souhaitaient, c’était que les anciennes puissances coloniales s’ingèrent dans leurs affaires intérieures.
C’est pourquoi le rejet de la politique d’ingérence fait la quasi unanimité des pays du Sud. On lit, par exemple, dans la résolution adoptée lors du sommet des pays non alignés, à Kuala Lumpur en février 2003, peu avant l’invasion de l’Irak, que : «Les chefs d’Etats ou de gouvernement réaffirment l’engagement du mouvement pour renforcer la coopération internationale afin de résoudre les problèmes internationaux ayant un caractère humanitaire en respectant pleinement la charte des Nations unies et, à cet égard, ils réitèrent le rejet par le mouvement des pays non-alignés du soi-disant «droit» d’intervention humanitaire qui n’a aucune base dans la charte des Nations unies ou dans le droit international.»
Par ailleurs, l’ingérence ne peut évidemment se faire que des pays forts à l’égard des pays faibles ; c’est donc une légitimation de la force brute.
Cependant, tous les États forts ne sont pas égaux entre eux. Imaginons un instant que la politique d’ingérence soit admise comme nouveau principe du droit international. Que se passerait-il si la Russie entendait renverser le gouvernement saoudien à cause des «violations des droits de l’homme» dans ce pays? Ou si la Chine décidait d’envoyer des troupes en Israël pour y «protéger les Palestiniens»? On aboutirait rapidement à une guerre mondiale.
Pour comprendre le caractère «inacceptable» de la politique d’ingérence quand il est appliqué à des pays puissants, il suffit de penser aux cris d’orfraie que pousse l’establishment américain suite au soi-disant piratage par les Russes de certains emails rendus publics par Wikileaks. Notons au passage que la réalité de ce piratage reste à prouver et que, même s’il l’était, l’authenticité des emails n’est pas contestée, ce qui signifie que ce piratage aurait simplement permis d’informer le public américain de certaines manoeuvres de leurs dirigeants, ce qui est une peccadille comparé aux interventions américaines en Amérique latine, au Moyen-Orient ou en Indochine.
Les conséquences de la politique d’ingérence sont multiples et catastrophiques. Il y a évidemment les millions de morts dus aux guerres américaines (l’étude suivante arrive à un total de 1,3 million de victimes, rien que pour la «guerre à la terreur»). Mais il ne faut pas s’imaginer que les pays victimes d’ingérence ne vont pas réagir, ne vont pas établir les alliances, et ne vont pas tenter de se défendre en se durcissant sur le plan interne. Quand les États-Unis sont attaqués le 11 septembre 2001, ils prennent des mesures de sécurité et de surveillance sans précédent et surtout, ils se lancent dans l’invasion de deux pays. Comment imaginer que la Syrie, l’Iran, Cuba, la Russie ou la Chine ne vont pas prendre des mesures répressives pour se protéger de la subversion? On entre ainsi dans une logique de guerre sans fin. En effet, après être intervenu en Ukraine et en Syrie, les Occidentaux entrent en conflit avec la Russie et la Chine à cause des mesures que ces pays prennent face à ces interventions. Loin d’être une source de paix, le Conseil de sécurité de l’ONU devient, à cause de la politique d’ingérence, le lieu de toutes les acrimonies.
Dans le cas de la Syrie, si, comme il le semble, l’insurrection finit par être vaincue, on ne pourra que constater que la politique d’ingérence, à travers l’armement des rebelles, n’a fait que prolonger les souffrances de la population de ce malheureux pays. Les «défenseurs des droits de l’homme» qui ont appuyé cette politique d’ingérence, portent une lourde responsabilité dans cette tragédie.
Bien que les droits de l’homme soient une idée libérale et que le libéralisme s’oppose en principe au fanatisme, les «défenseurs des droits de l’homme» actuels sombrent souvent dans le fanatisme: on nous met en garde contre une influence russe en Europe parfaitement imaginaire (comparons un instant l’influence commerciale, culturelle, intellectuelle, diplomatique des États-Unis et de la Russie en Europe) et on nous incite à ne pas consulter les «médias du Kremlin». Dans toute guerre, et le soutien aux insurgés en Syrie est une guerre, la première victime est la vérité. N’importe quel esprit vraiment libéral irait consulter la «propagande» de l’autre camp, sans nécessairement la croire sur parole, mais afin de contre-balancer celle à laquelle il est constamment soumis.
Sans même écouter la «propagande russe», qui va s’intéresser à l’étude: «Possible Implications of Faulty US Technical Intelligence in the Damascus Nerve Agent Attack of August 21, 2013» ? Cette étude, réalisée par un ancien inspecteur de l’ONU, Richard Lloyd et un Professeur de Science, Technologie et Sécurité nationale du MIT, Theodore A. Postol, montre que l’attaque au gaz près de Damas en août 2013, qui a failli provoquer une attaque en règle contre la Syrie, ne pouvait pas être le fait du gouvernement syrien. On imagine mal des personnes aussi importantes mentir délibérément pour «soutenir Assad» ou être incompétentes sur des questions de physique relativement élémentaires.
Les «défenseurs des droits de l’homme» se demandent aussi si, après Alep, il est encore possible de discuter avec Poutine. Mais la guerre à la terreur, y compris l’invasion de l’Irak, n’a jamais empêché personne de discuter avec les Américains, malgré les centaines de milliers de morts que cette guerre a provoquées. Au contraire, après 2003, la France s’est d’avantage intégrée dans l’OTAN et a suivi les États-Unis plus fidèlement que jamais.
De plus, les «défenseurs des droits de l’homme» européens sont dans une situation particulièrement absurde: en effet, si l’on prend, par exemple, l’affaire de l’usage des gaz en 2013, attribué au gouvernement syrien, il y avait un large accord en France pour intervenir. Mais en l’absence d’une intervention américaine, une intervention purement française s’est avérée impossible. Les «défenseurs des droits de l’homme» européens en sont réduit à implorer les Américains: «Faites la guerre, pas l’amour !» Mais comme ceux-ci souffrent de «war fatigue» et ont élu un président en principe opposé aux interventions, il ne reste plus aux «défenseurs des droits de l’homme» européens que de faire accepter par leurs peuples des dépenses militaires gigantesques pour créer un rapport de force qui rende crédible la politique d’ingérence. Bonne chance !
Finalement, parmi les défenseurs des droits de l’homme, il faut distinguer entre les bonnes âmes et les belles âmes.
Les bonnes âmes mettent en garde leur «amis» contre l’idée de «soutenir» le boucher, le criminel, l’assassin de son peuple, Bachar el Assad. Mais c’est ne rien comprendre à la position anti-ingérence.
Des Etats peuvent soutenir d’autres Etats en leur donnant des armes et de l’argent. Mais de simples individus, ou des mouvements sociaux, comme un mouvement de la paix, ne le peuvent pas. Cela n’a, par conséquent, aucun sens de dire que, lorsque des individus s’expriment, quand ils le peuvent dans notre société, c’est-à-dire de façon marginale, pour critiquer la politique d’ingérence, ils «soutiennent» telle personne ou tel régime, à moins de considérer que tous ceux qui ne souhaitent pas que la Russie intervienne en Arabie saoudite ou la Chine en Palestine «soutiennent» le régime saoudien ou la colonisation israélienne.
Les anti-impérialistes soutiennent une autre politique étrangère pour leurs pays, ce qui est très différent.
Dans toutes les guerres, il y a une propagande massive en faveur de celles-ci. Comme les guerres ou les ingérences actuelles sont justifiées au nom des droits de l’homme, il est évident que la propagande va se concentrer sur la dénonciation des «violations des droits de l’homme» dans les pays ciblés par l’interventionnisme.
Par conséquent, tous ceux qui s’opposent à cette politique d’ingérence se doivent de fournir toutes les informations qui permettent de contrer cette propagande, comme par exemple l’étude sur l’usage des gaz en 2013 mentionnée plus haut, ou les témoignages discordants concernant le situation à Alep aujourd’hui. Il est remarquable de voir Julien Salingue, co-animateur du site de critique des médias Acrimed, répéter le récit dominant sur la Syrie, sans aucune distance critique. Mais si les médias mentent et déforment en ce qui concerne la France, pourquoi ne le feraient-ils pas encore bien plus lorsqu’il s’agit de pays étrangers, comme la Syrie et la Russie, où les choses sont plus difficiles à vérifier ? De nouveau, sans faire appel aux sources russes, Salingue pourrait lire, par exemple, l’avis de l’ancien ambassadeur de Grande-Bretagne en Syrie, qui contredit le récit médiatique dominant sur Alep.
Cette critique de la propagande ne signifie nullement un «soutien» à un régime ou l’autre, au sens où ce régime serait dans l’absolu souhaitable dans un monde libéré de la politique d’ingérence.
Les bonnes âmes veulent «sauver Alep», «ont honte de l’inaction de la communauté internationale» et veulent «faire quelque chose». Mais faire quoi? La seule suggestion pratique qui est avancée serait d’établir en Syrie une «no fly zone» qui empêcherait l’aviation russe d’aider l’armée syrienne. Mais cela serait une violation de plus du droit international, la Russie étant invitée en Syrie par le gouvernement légal et internationalement reconnu de ce pays pour l’aider dans le combat contre le terrorisme. La situation de la Russie en Syrie n’est pas, juridiquement parlant, différente de celle de la France lorsqu’elle a été invitée au Mali pour y combattre les islamistes (qui se trouvaient là suite à la guerre en Libye, mais passons). De plus, intervenir militairement en Syrie impliquerait soit une guerre avec la Russie, soit que ce pays accepte d’être vaincu sans combattre. Qui veut parier sur cette deuxième possibilité?
Pour illustrer l’hypocrisie des bonnes âmes, comparons la situation en Syrie et au Yémen. Dans ce dernier pays, l’Arabie Saoudite commet de nombreux massacres, en violation claire du droit international. Si vous vous indignez parce qu’on ne fait rien en Syrie, pourquoi vous-même ne faites-vous rien pour le Yémen? De plus, il y a une grande différence entre ces deux situations. Dans le cas de la Syrie, intervenir militairement risquerait d’entraîner une guerre avec la Russie. Dans le cas du Yemen, il suffirait sans doute, pour faire pression sur l’Arabie Saoudite, de suspendre les livraisons d’armes occidentales à ce pays. Bien sûr, vous êtes parfaitement conscient du fait que vous êtes incapables d’arrêter les livraisons d’armes à l’Arabie Saoudite. Mais alors, à quoi rime votre indignation concernant la Syrie ?
Les belles âmes, par contre, sont contre toutes les guerres, toutes les violences. Elles condamnent : Assad et Poutine, bien sûr, mais aussi Obama, l’Union européenne, l’OTAN, tout le monde. Elles dénoncent, elles allument des bougies et éteignent des lumières. Elles témoignent, parce que se taire serait «être complice».
Elles ne se rendent pas compte que, sur le terrain, en Syrie, personne, ni gouvernement ni rebelles, ne savent qu’elles existent et, s’ils étaient au courant de leur existence, ils se moqueraient complètement de leurs indignations, condamnations, et éclairages de bougies. Pour paraphraser ce que disait Staline à propos du Vatican, les «défenseurs des droits de l’homme», combien de divisions?
Ceci ne veut pas dire que les bonnes âmes et les belles âmes n’ont aucun effet. Elles en ont un, mais ici : empêcher toute politique étrangère alternative, qui serait fondée sur la diplomatie et le respect de la charte des Nations unies. Seule une telle politique pourrait favoriser la paix dans le monde, l’équilibre et d’égalité entre les nations et, en fin de compte, faire aussi réellement avancer la cause des droits d’homme. Mais la diabolisation par les «défenseurs des droits de l’homme» d’Assad et de Poutine, ainsi que de tous ceux qui voudraient ne fut-ce que parler avec eux, rend une telle alternative impossible.
Pour les «défenseurs des droits de l’homme», le réalisme politique et les conséquences de leurs actions n’ont aucune importance ; l’important c’est de montrer que l’on fait partie du «camp du bien». Vous vous imaginez être libres, tout en suivant fidèlement les injonctions des médias dominants qui vous indiquent, à chaque moment, la crise qui requiert votre indignation.
Si j’avais la moindre illusion sur la lucidité que vous pouvez avoir à propos des conséquences de vos actions, je dirais que votre politique est criminelle, à cause des conséquences tragiques qu’elle a pour l’Europe et le monde ; mais comme je n’en ai aucune, je me limiterai à vous traiter de tartuffes, ou pour utiliser l’expression de Sartre, de «salauds».”
Jean Bricmont | 29 déc. 2016
Lire aussi: «Les Etats-Unis fournissent délibérément des armes aux extrémistes en Syrie»
Lutte anti-propagande aux USA : l’Occident ressemble à la caricature qu’il fait de la Russie
Charniers civils à Alep : le discours officiel servi à la population européenne est «monomaniaque»
Source: https://francais.rt.com/opinions/31480-lettre-ouverte-defenseurs-droits-homme-alep

L’Humanitaire dans tous ses états : Ses faits, ses bienfaits et ses méfaits 1/4: par René Naba

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«Le Temps», ou le journalisme comme épouvantailLes Syriens “pro-rebelles” continuent d’avoir pignon sur rue à la RTSL’Europe et le nouveau président des Etats-UnisObama étend la portée mondiale des escadrons de la mort des Forces d’opérations spéciales des États-UnisL’Amérique est de plus en plus considérée comme une menace à la paix et à la sécurité internationalesONU: Les demandes de la France d’examiner la situation “humanitaire” d’Alep ne sont pas innocentesGuerre hybride 8. Stratégies de guerre hybride contre l’Afrique (1B)Les chefs “rebelles”ont donné l’ordre à leurs subordonnés de tirer sur les civils quittant AlepItaliani, fate come britannici e americani: votate NO
L’Humanitaire dans tous ses états : Ses faits, ses bienfaits et ses méfaits 1/4
Par René Naba — 04 décembre 2016 Afrique Crises Droit international Hégémonie Lobbies

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La mascarade Bernard Kouchner, transportant son sac de riz sur l’épaule en Somalie, en 1992.
Prologue: Les enjeux stratégiques et médiatiques de l’ingérence humanitaire.
Douze ans après l’invasion américaine de l’Irak, Tony Blair, premier ministre britannique de l’époque, et qualifié en son temps de «caniche anglais de Bush Jr» a présenté ses excuses pour ses erreurs d’appréciation des conséquences de cette intervention anglo-américaine, notamment les faux renseignements justificatifs de cette guerre, l’éradication du parti Baas et de l’armée irakienne ainsi que sur sa responsabilité indirecte dans la création de Daech. http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2015/10/25/tony-blair-presente-des-excuses-pour-l-invasion-de-l-irak_4796477_3218.htm
Signe des temps: L’ouvrage le plus recherché de la bibliothèque des Nations-Unies est une thèse sur «l’Immunité des Chefs d’état et des représentants de l’état face aux cimes de guerre» (Immunity of Heads of State and State Officials for International Crime), de Ramona Pedretti-Nijhoff – My Book Editions.
Toute la question est de savoir si l’ouvrage a été consulté par des responsables en vue d’organiser leur défense pour échapper à la justice, ou par des activistes désireux de poursuivre des criminels de guerre. La bibliothèque Dag Hammarskjöld, du nom de l’ancien secrétaire général de l’ONU dont l’avion a été abattu en 1961, alors qu’il effectuait une mission de conciliation au Congo, héberge la totalité de la production onusienne, qu’elle met à la disposition des délégations accréditées auprès de l’organisation internationale. En septembre 2015, le bâtiment l’abritant a été fermé au public pour une durée indéterminée en raison de sa trop grande exposition aux risques d’attentat. Quel drôle de hasard.
Retour sur ce sujet porteur de grandes controverses
Le dilemme humanitaire réside dans l’ambiguïté du terme et dans le fait que les grandes puissances sont souvent perçues pyromanes et non comme des pompiers, en fait des pompiers pyromanes; ce qui tend à accréditer l’idée que l’humanitaire sert d’alibi à des équipées impériales. A l’aune des Médias, le débat est biaisé par le monopole du récit médiatique et le rôle prescripteur de l’Occident exercé par cinq siècles d’hégémonie absolue sur la planète et par le fait que le droit international est un droit des rapports des forces sous habillage juridique.
La notion d’ingérence humanitaire a évolué en fonction de l’évolution de la notion de souveraineté et de l’évolution de la configuration stratégique internationale. Elle se nourrit de présupposés idéologiques empruntant à la notion du discours du dominant et la notion de lanceur d’alerte et masque des enjeux stratégiques et médiatiques.
1 ère idée force : Les grandes puissances, des «Pompiers pyromanes»
Le dilemme humanitaire réside dans l’ambiguïté du terme, dans le fait que les grandes puissances sont souvent perçues pyromanes et non comme des pompiers, en fait des pompiers pyromanes ; Ce qui tend à accréditer l’idée que l’humanitaire sert d’alibi à des équipées impériales. Au terme d’un demi-siècle d’intervention humanitaire, force est de constater que l’ingérence a toujours été une action dirigée depuis le nord vers les pays du sud, tant il paraît peu vraisemblable que les états puissants soient la cible d’une action d’ingérence.
Déjà lors de la conquête de l’Amérique, ce n’est pas au nom de la modernisation, mais au nom de la christianisation, que les conquérants européens s’exprimaient, mettant l’accent sur «les bienfaits apportés par les Espagnols aux contrées sauvages», notamment le fait que les Espagnols ont supprimé les pratiques barbares telles que les sacrifices humains, le cannibalisme, la polygamie, apportant , en contrepartie, le christianisme, le costume européen et les outils.
2me idée force : L’ingérence humanitaire un substitut à la défaillance interne
Par ailleurs l’ingérence humanitaire sur le plan international se substitue à la défaillance interne, dont elle constitue un cache misère (Resto du Cœur, compagnon d’Emmaüs, Armée du salut, «une Chorba pour tous» constituent, ce que le philosophe Jankélévitch, qualifie de «bonne conscience chronique de la mauvaise conscience». L’humanitaire permet aux dirigeants du monde d’assurer un gardiennage des populations, un conditionnement à l’aide des populations les plus démunies, et donne une bonne conscience à l’opinion publique des pays donateurs. L’humanitaire un excellent instrument d’ouverture du marché (Haïti scientologie) dans la mesure où les assistés sont contraints à acheter les produits manufacturés des pays donateurs.
3eme idée force : L’ingérence humanitaire débouche sur une impunité
L’ingérence humanitaire débouche ainsi sur une impunité humanitaire au prétexte que celui qui apporte l’aide ne peut faire que du bien, quand bien même l’objectif atteint est contraire à l’objectif initialement souhaité.
La notion d’ingérence humanitaire a évolué en fonction de l’évolution de la notion de souveraineté et de l’évolution de la configuration stratégique internationale.
Elle se nourrit de présupposés idéologiques empruntant à la notion du discours du dominant et la notion de lanceur d’alerte et masque des enjeux stratégiques et médiatiques.
A l’aune des Médias, le débat est biaisé par le monopole du récit médiatique et le rôle prescripteur de l’Occident exercé par cinq siècles d’hégémonie absolue sur la planète et par le fait que le droit international est un droit des rapports des forces sous habillage juridique
Cinquante ans se sont écoulés depuis la première mise en œuvre du principe de l’ingérence humanitaire (Biafra juillet 1967-janvier 1970). Le délai paraît largement suffisant pour dresser un premier bilan. De dégager les lignes des forces et des faiblesses de la notion d’ «l’ingérence humanitaire», particulièrement en 2015, alors que cinq grandes opérations militaires à prétention humanitaire-, la guerre de l’OTAN en la Libye, l’opération Serval au Mali et Sangaris en République Centre Afrique, ainsi que la guerre en Syrie et la guerre de la coalition internationale contre une excroissance pétromonarchique Daech, avec le soutien des pétromonarchies les plus répressives de la planète se sont déroulées simultanément sur fond d’une controverse entre partisans et adversaires de ces interventions quant à leur bien-fondé juridique et leur opportunité politique.
Avec leur argumentaire rituel à savoir si l’ingérence humanitaire est une immixtion de type coloniale ou para-coloniale ou une intervention forcée par l’urgence humanitaire de la situation.
Le Droit international, c’est un peu du droit et beaucoup d’international, ce qui signifie que le droit dans cette matière est tributaire de l’environnement international.
Contrairement au droit privé interne, où une querelle de voisinage se règle par une paire de gifle, alors qu’en droit international, les conflits risquent de se régler parfois par les bombes atomiques (crise des missiles soviétiques à Cuba). C’est dire si les enjeux sont sensiblement différents et leurs conséquences aussi.
A ce titre la notion d’ingérence humanitaire au sein d’un ETAT par définition souverain, constitue pour beaucoup de juriste une singularité. En quoi est-ce une singularité? Précisément parce que l’État est souverain.
Il détient, sur le plan interne, le monopole de la violence organisée, en même temps que des pouvoirs régaliens (monopole de battre la monnaie, de rendre la justice, d’engager l’État sur le plan international, de déclarer la guerre et de signer la paix. Il n’en est pas de même sur le plan international, où l’état est soumis aux traités internationaux et aux conventions qui s’imposent à lui et limite sa souveraineté.
L’ingérence humanitaire, dans cette perspective, apparaît comme une atteinte déguisée ou manifeste au principe de souveraineté. Mais pour certains juristes, il s’agit d’une atteinte dans la nature des choses, dans la mesure où elle s’exerce à l’encontre d’un État qui a souscrit volontairement à un traité international, en l’occurrence la charte des Nations unies, particulièrement la déclaration universelle des Droit de l’homme de 1948 qui fait que la légalité internationale s’impose à légalité interne et partant à la souveraineté de l’État.
La notion d’ingérence humanitaire, une notion antique
Dans sa magistrale « Histoire de la guerre du Péloponnèse », Thucydide décrit en effet comment Athènes intervient dans les cités qui ne lui font pas allégeance pour y imposer (ou rétablir) des régimes démocratiques tandis que sa grande rivale Sparte en faisait de même avec une préférence pour les régimes aristocratiques. La réalité est que chacun de ces deux cités-états s’employait à installer des gouvernants à sa dévotion, dans le but final pour les deux cités rivales d’instaurer son hégémonie sur l’ensemble des cités grecques. Thucydide démontre, magistralement, que dans les rapports entre cités (États), il n’est question ni de droit ni de justice mais uniquement de rapports de force.
La démission de l’ONU face aux violations systématiques de sa propre Charte par les États-Unis et ses alliés européens est une illustration moderne de ce constat. Thucydide avait pour ambition de réaliser une œuvre intemporelle qui montrerait que tant que les hommes seront ce qu’ils sont les conflits obéiraient aux mêmes mécanismes. Vingt-quatre siècles plus tard, les hommes n’ont pas changé. 2. 400 ans après Thucydide, il est étonnant que l’on relève autant de monde pour débattre du bien-fondé de l’instauration de la démocratie, de la protection des peuples (sans oublier la libération des femmes) par les armes. À force de bombardements, la démocratie fera peut-être son chemin…
L’évolution de la notion de souveraineté des États
L’état souverain, acteur majeur et unique de l‘ordre international, est passé désormais, avec l’ordre supranational (SDN, ONU) au statut d’acteur principal, mains non exclusif de l’ordre international. Les infléchissements proviennent de notions dérivées, le fardeau de l’homme blanc, la Mission civilisatrice de l’Occident.
Le grand jeu afghan et le Grand Moyen Orient. Les premières altérations au principe de souveraineté sont intervenues avec la création d’organisations supranationales (CICR, SDN) et plus contraignantes comme en témoigne le Chapitre VII de la charte des Nations Unies).. A cet égard, le CICR constitue la première amputation de la notion de souveraineté pour des motifs humanitaires. La belligérance est contenue par des considérations humanitaires. La convention de Genève sur les prisonniers de guerre se substitue au prince de «Malheurs aux vaincus».
Historique de l’évolution de la notion de souveraineté des États: la distinction entre guerre juste et guerre injuste.

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La notion d’ingérence humanitaire est ancienne. Elle résulte d’une conjonction de contributions d’auteurs religieux ou laïcs, mystiques ou profanes.
L’idée de l’intervention humanitaire trouve ses sources dans le concept de «guerre juste» développé, en premier lieu, par Saint Augustin au IV siècle qui la définissait comme une guerre pour sanctionner l’injustice …et accessoirement pour diffuser la chrétienté. Cette idée sera reprise par Saint Thomas d’Aquin (1225-1274), Francisco de Vittoria (1480-1546), Francisco Suarez (1548-1617) qui défendent l’idée que pour le bonheur de la société et de l’individu l’existence de la paix et la liberté est incontestable.
Les théoriciens de la Guerre Juste considèrent que la nature de l’homme permet une coopération et que l’homme ne fait pas la guerre juste pour ses propres intérêts mais aussi contre les injustices. La guerre juste est définie comme la guerre contre une attaque injuste par les moyens proportionnés avec le but visé en déterminant l’agresseur par les valeurs morales. Le premier objectif de la guerre juste est de sauver les victimes et établir la paix qui va assurer la justice.
Dans son ouvrage Le Droit de la Guerre et la Paix Hugo Grotius (1583-1645) évoque un droit accordé à la société humaine pour intervenir dans le cas où un tyran ferait subir à ses sujets un traitement que nul n’est autorisé à faire. De ces idées l’intervention d’humanité est née au 19e siècle, ce qui est l’intervention d’un État à un autre État pour protéger ces propres citoyens qui habitent dans cet État. Vattel (Le droit des gens ou principes de la loi naturelle appliquées à la conduite et aux affaires des nations et des souverains (Washington Carnegie 1916, Livre II, Chapitre IV, paragraphe 56, page 298) proclame que «toute puissance étrangère est en droit de soutenir un peuple opprimé qui lui demandera assistance».
La notion d’ingérence humanitaire est donc ancienne. Elle reprend et élargit la notion d’intervention d’humanité qui, au XIX me, siècle autorisait déjà une grande puissance à agir dans le but de protéger ses ressortissants ou des minorités (religieuses par exemple) qui seraient menacées : La France au Liban 1860.C – La conjonction de deux notions de «guerre juste» et de «Droit des gens», matrice du concept de l’ingérence humanitaire. Concept de «guerre juste». Cf. «Le Droit de la Guerre et la Paix Hugo Grotius (1583-1645), concept de «Droit des gens». Cf. Vattel (Le droit des gens ou principes de la loi naturelle appliquées à la conduite et aux affaires des nations et des souverains» 1901.
L’idée de l’intervention humanitaire a évolué en fonction de l’évolution de la configuration stratégique internationale.
La fin de la bipolarité américano-soviétique (1980) a libéré l’ingérence humanitaire des contraintes du veto des grandes puissances. Deux types d’intervention avant 1990 (Biafra, Bangladesh) et après 1990 (Irak, Somalie, Ex Yougoslavie).
Le Droit international public est un Droit des rapports des forces. Il donne un habillage juridique aux rapports de forces, en les codifiant, en les enrobant de considérations morales.
Les grands principes moraux universels obéissent rarement à des motivations altruistes. Elles répondent plus souvent à des considérations égoïstes. L’histoire l’enseigne, l’expérience le prouve: Il en va du principe de l’intervention humanitaire, que des autres grands principes généraux tels que la Liberté du commerce et de l’industrie, la liberté de navigation ou la libre circulation de l’information, voire même la libre circulation des personnes et des biens.
Cela valu dans le passé, cela vaut aussi pour le présent et sans doute pour le futur, en dépit de la Mondialisation heureuse, du «village planétaire», autant de notions forgées comme des leurres, des appâts pour la réceptivité des idées, la perméabilisation des esprits à ces idées.
Terme complexe qui englobe un faisceau de situations, notion controversé, notions larvaires dont les précurseurs sont pour l’exemple Robin Hood et Mère Teresa, (Inde), sœur Emmanuelle (Égypte) … de particulier à particulier dans l’ordre interne intra étatique)
Les principales interventions humanitaires
Les exemples d’intervention humanitaire peuvent être classifiés selon la conjoncture mondiale qui affecte l’application du principe. En fait il existe une classification de trois périodes.
Première période (1960-1990), période de la guerre froide.
Les interventions se basent sur les concepts de décolonisations, d’autodétermination, de souveraineté. Les interventions humanitaires sont «indirectes» car la motivation humanitaire est secondaire.
Le Biafra, l’intervention fondatrice, le cas de l’inde au Pakistan (1971-1972), Le cas de la Tanzanie en Ouganda (1979-1980). Le Pakistan a été créé par la division de l’Inde en deux en 1947. Il a été divisé ainsi, les deux provinces, sans continuité territoriale, étaient séparées par l’immensité de l’Inde.
Le Pakistan occidental, la patrie de Mohammad Ali Jinnah, le fondateur du Pakistan moderne, monopolisait le pouvoir et les richesses, ainsi que les relations avec les pétromonarchies du Golfe. En réaction, la partie orientale (Dacca), défavorisée économiquement et socialement s’est rapprochée de l’Inde, sous la houlette du Cheikh Mujibbur Rahman, chef de la Ligue Awami League. L’intervention du pouvoir central, à Rawalpindi-Islamabad, contre sa province rebelle a conduit l‘Inde, en réponse à l’afflux des réfugiés, à une intervention militaire dans l’est du Pakistan et à la proclamation de l’Indépendance de ce qui sera le Bangladesh.
Avant l’intervention, l’ONU soulignait l’importance du respect de l’intégrité territoriale du Pakistan. Mais la conjoncture de guerre froide a empêché le Conseil de Sécurité de prendre une décision qui sanctionne ou approuve l’intervention puisque la Chine et les États-Unis soutenaient le Pakistan, alors que la Russie soutenait l’Inde. La justification de l’intervention par l’Inde était le flux de réfugiés, mais non pas la violation des droits de l’homme. L’Inde a évoqué devant l’Assemblée Générale de l’ONU les «graves violations de ses droits» dont souffrait le peuple bengali et que le but du gouvernement indien était de les sauver. L’intervention n’était pas principalement motivée par des raisons humanitaires, mais la mention même des droits de l’homme comme justification, a constitué un tournant dans l’argumentaire du discours international.
L’intervention de la Tanzanie en Ouganda en 1979 se base sur une région de la Tanzanie, Kagera. Idi Amin Dada, sous-officier de l’armée, prend le pouvoir en Ouganda par un coup d’état en 1971 et renverse Milton Obote, démocratiquement élu. Idi Amine Dada, par ses excès, sera accusé de la responsabilité de la mort ou la disparition de 300.000 personnes en 8 ans, selon Amnesty International.
Pis, en 1978, l’Ouganda annexe Kagera sous la prétexte que cette région est historiquement liée à l’Ouganda. Les forces de Tanzanie repoussent les ougandais et franchissent la frontière pour renverser Idi Amin. L’Ouganda porte l’affaire devant le Conseil de Sécurité, mais sa démarche est rejetée en raison de la position isolée de Tanzanie du jeu géopolitique de la communauté internationale.
Les arguments de la Tanzanie sur l’existence des violations de droits de l’homme en Ouganda ne sont pas pris en compte par la communauté internationale, alors que cette intervention remplissait tous les critères de l’intervention humanitaire.

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Ces exemples d’interventions humanitaires dites «indirecte» montrent que pendant la guerre froide l’intervention pour des objectifs humanitaires est toujours accompagnée d’objectifs militaires ou géostratégiques. A l’époque, l’argument majeur était «la légitime défense» et non l’intervention humanitaire.
Deuxième période
Avec la fin de Guerre Froide, La suprématie du système occidental promeut les thèmes de «démocratie» et «protection des droits de l’homme», alors que, parallèlement, les zones de confrontation de deux superpuissances de la Guerre Froide, se transforment en zones de conflits ethniques, religieux, nationalistes, conduisant à des interventions humanitaires. Les interventions disposent un caractère humanitaire «directe» sous l’influence de la démocratie libérale et de la montée de l’importance des droits individuels.
L’humanitaire couvre en fait de vastes manipulations : Théorie du combat des chiens et de la désorientation informative»
Le premier exemple d’intervention humanitaire directe est apparu après la Guerre de Golfe de 1991 avec l’occupation du Koweït par l’Irak. Pour la première fois, au nom du droit d’ingérence humanitaire, plusieurs États occidentaux sont intervenus au Kurdistan irakien en avril 1991 après l’évocation par le Conseil de sécurité d’une «menace contre la paix et la sécurité internationales» (résolution 688 du Conseil de sécurité).
L’Irak est une mosaïque humaine, propice à toutes les manipulations, dès lors que les circonstances s’y prêtent. La minorité kurde au nord du pays, et les chiites du Sud sont encouragés par la défaite de Saddam Hussein à se révolter. Leur répression violente par l’armée irakienne est considérée comme une grave violation des droits de l’homme pouvant avoir des conséquences internationales. Le 5 Avril 1991 le Conseil de Sécurité approuve la résolution 688 qui fait référence au problème de réfugiés en tant que menace à la paix et la sécurité plaçant ce problème humanitaire dans le cadre du Chapitre VII de la Charte de l’ONU.
Dans la résolution les membres du Conseil demande à l’Irak de mettre fin à la répression, d’assurer le respect des droits de l’homme et de permettre l’accès des organisations internationales humanitaires en Irak. La résolution ne fait pas de référence à une opération armée, mais pour la première fois reconnaît que les violations des droits de l’homme dans un pays menace la sécurité et la paix internationale.
La Somalie : Autres exemples d’interventions humanitaires de cette période, «Restore Hope», menée en Somalie à partir de la fin 1992 (résolution 794). En 1991 le nord du pays déclare son indépendance, déclenchant une guerre civile et une grande famine. La médiatisation du conflit conduit l’ONU à prendre une décision d’embargo sur les livraisons d’armes et d’équipement militaire à la Somalie. En Somalie et non en Éthiopie en ce que l’Éthiopie, pays africain non musulman, assume un rôle de gendarme dans la corne de l’Afrique.
Rwanda, l’opération Turquoise menée par la France au Rwanda en 1994,Le Massacre des Tutsis et les Hutus à la suite de la destruction en vol de l’avion du président de l’époque Juvénal Habyarimana, sur fond de rivalités entre l’Ouganda anglophone et la France. La résolution 872 du Conseil de Sécurité constitue une mission onusienne, UNAMIR, au Rwanda pour la mise en place de l’accord de la paix, pour établir un gouvernement transitoire et pour la démilitarisation des milices. La protection des droits de l’homme n’était pas la première motivation annoncée. Dans cette affaire, il y a eu cafouillage de l’ONU.
Dans la foulée du massacre de dix soldats belges qui avaient le rôle central dans les opérations, le Conseil de Sécurité adopte une résolution de réduit le nombre des soldats onusiens à 270 personnes. Cette décision a soulevé l’indignation de l’opinion publique internationale et contraint l’ONU à envoyer 5.500 soldats au Rwanda. Devant le retard de l’ONU, la France a pris l’initiative de l’Opération Turquoise pour prévenir un massacre inter tribal et sans doute préserver ses intérêts dans la zone. Le massacre a quand même eu lieu. Le seul résultat du génocide du Rwanda est la fondation du Tribunal Pénal Internationale pour le Rwanda. Ou encore les interventions armées en Bosnie-Herzégovine en 1994-1995, au Liberia, en Sierra Leone, en Albanie en 1997 ou l’envoi d’une force d’intervention de l’OTAN.
Kosovo-Yougoslavie
Au Kosovo en 1999, des opérations qui révèlent la complexité d’interventions autant militaires qu’humanitaires. La décomposition de la Yougoslavie, dans la foulée de la dislocation du bloc soviétique, et de la disparition de son chef fédérateur Josip Broz Tito, a déclenché un phénomène de scissiparité au sein des composantes de la fédération.
Une lutte à mort s’engage alors entre le président Slobodan Milosevic, partisan de la grande Serbie, et se ses rivaux, le Président de la République de la Bosnie-Herzégovine, Alija Izetbegovic. L’ONU enverra des Casques Bleus en vertu de la résolution 743 du Conseil de sécurité. Mais l’existence de l’UNPROFOR n’a pas pu empêcher l’épuration ethnique menée par les Serbes contre les musulmans de Bosnie.
L’Otan, sous le feu vert de l’Onu, interviendra après le massacre de Srebrenica en votant la résolution 770 autorisant l’usage de force en Bosnie. La défaite des Serbes a été sanctionnée par les Accords de Dayton (le 21 Novembre 1995), prévoyant la fondation d’un État multiethnique et l’établissement de la paix à l’aide de déploiement d’une force de paix multinationale, l’IFOR.
En plus, un Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie a été créé pour faire comparaître et juger les responsables des crimes de guerre et crimes contre l’humanité sur les territoires de l’ex-Yougoslavie depuis 1991.
La fin de la guerre froide a, en effet, libéré l’ONU des contraintes de la bipolarité (veto soviétique ou américain, ou même français dans le cas de l’Algérie), déblayant la voie à la multiplication des opérations internationales sous l’égide de l’ONU, avec des mesures coercitives prévues par le Chapitre VII de la charte.
Avec une prolifération d’ONG de plus en plus spécialisées (Action contre la faim, Amnesty International, Médecins sans frontières, Reporters sans frontières, avocats sans frontières, dentistes sans frontières etc….) et l’infiltration des services de renseignements dans ces nouvelles structures sous couvert d’humanitarisme.
4 décembre 2016 | René Naba
Pour aller plus loin: le portrait de Bernard Kouchner
http://www.renenaba.com/requiem-pour-lingerence-humanitaire-mediatique/
Source: http://www.renenaba.com/humanitaire-etats-faits-bienfaits-mefaits-1-4/?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+enpointdemire+%28En+point+de+Mire%29

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