Fascisme, néolibéralisme, démantèlement des Etats et guerres sans fin: Où est en fait le fascisme? Milos Kovic

L’agression contre les pays voisins, des guerres sans fin, le démantèlement des Etats, des modifications des frontières par la violence ? Est-ce que cela vous rappelle Donald Trump et Nigel Farage ou plutôt leurs opposants politiques, les clans de Clinton et Bush, ou ceux de Tony Blair et de David Cameron ?

Dans les pays occidentaux, de plus en plus souvent, le public entend les mots «fascisme» et «fasciste». Ces mots sont réservés à Donald Trump, Geert Wilders, Marine le Pen et d’autres « populistes de la droite ». En outre, l’utilisation de ces mots forts est justifiée par le fait que ces hommes politiques se réfèrent à des valeurs nationales, parce qu’ils demandent à ce que les immigrations de masse soient arrêtées dans leur pays, et aussi à cause des débordements xénophobes de leurs partisans.

Cependant, le fascisme est un terme dont le sens ne peut être déterminé d’une manière rapide et facile. Après tout, il en va de même pour toutes les idéologies politiques. Il n’y a pas de définition généralement acceptée du libéralisme, du socialisme et du conservatisme. Il est bien connu que le terme «fascisme» cache des mouvements très divers, comme les fascistes italiens, les nazis allemands ou les Ustashas croates. Tout cela, cependant, ne devrait pas nous troubler et nous empêcher de comprendre cet important phénomène historique.

C’est l’expérience historique qui pourrait nous aider dans cette tâche, plus que toute simplification politique ou bien une explication théorique. Il y a une caractéristique clé du fascisme qui est, intentionnellement ou non, trop souvent oubliée dans le tumulte général contre Donald Trump ou Marine le Pen. Néanmoins, on se souvient encore des fascistes pour leurs agressions contre d’autres pays souverains, les guerres sans fin, les démantèlements des Etats et les modifications des frontières par la violence. Louis XIV et Napoléon ont également commis des actes d’agression contre leurs voisins, ils ont mené des guerres continues, ils ont démantelé des pays et modifié des frontières. L’agression d’Hitler, cependant, a été suivie par la destruction massive des populations entières, comme les Juifs, les Tsiganes et les Serbes. On se souvient du fascisme en tant que tel surtout en Europe centrale, orientale et du Sud-Est.

L’agression contre les pays voisins, des guerres sans fin, le démantèlement des Etats, des modifications des frontières par la violence ? Est-ce que cela vous rappelle Donald Trump et Nigel Farage ou plutôt leurs opposants politiques, les clans de Clinton et Bush, ou ceux de Tony Blair et de David Cameron ? Devrions-nous vous rappeler les destructions de la Yougoslavie, de l’Afghanistan, de l’Irak, de la Libye, de la Syrie, de l’encerclement de la Russie, de la Chine, de l’Iran? Trump, au contraire, selon les déclarations publiées, préconise une diplomatie traditionnelle d’intérêts et des négociations entre les Etats souverains, comme celles largement connues depuis la Paix de Westphalie en 1648, ce qui est contraire aux croisades infinies au nom des «valeurs» assidûment menées par leurs adversaires libéraux.

Les destructions massives ethniquement motivées des populations entières? Ces gens ont réussi à ce qui semblait être un idéal inaccessible pour Hitler et Pavelic: ils ont tué et expulsé la population serbe de la Croatie et des parties de la Bosnie-Herzégovine, du Kosovo et de Metohia. Tout cela, bien sûr, a été mené par leurs collaborateurs locaux, comme c’est le cas avec les chrétiens en Irak ou en Syrie. Nous ne devons pas oublier l’hystérie antiserbe dans les médias qui a permis des crimes impunis et massifs contre les Serbes. Cette opération n’est comparable qu’avec ce que l’Europe nazie a fait aux Juifs.

Mark Mazower, professeur à l’Université de Columbia à New York, a déclaré dans son livre L’empire d’Hitler qu’Hitler et les nazis étaient inspirés par l’expérience coloniale des États libéraux, du Royaume-Uni et des États-Unis pour les crimes qu’ils commettaient en Europe de l’Est. Ils ont simplement fait aux Européens ce que les colonisateurs libéraux ont fait en Afrique et en Asie. Hitler admirait la clairvoyance et le manque de pitié des Britanniques en Inde, ainsi que la brutalité raciste américaine contre les Noirs et les Indiens. Il a déclaré ouvertement que les pays slaves, en particulier la Russie, seraient dans l’avenir, l’Inde de l’Europe allemande unie. Pendant la colonisation germanique des territoires slaves en Europe de l’Est, Hitler s’est inspiré de l’expérience des États-Unis. Des enclaves de «personnes racialement et civilement supérieures» dans la mer indienne, se sont progressivement liées, ont fusionné et pillé les terres des indigènes.

Selon Mazower, les tentatives de l’empire libéral visant à forcer les pays colonisés à adopter leur modernisation et leurs modèles culturels ne sont qu’un autre côté du racisme antique indestructible. Hitler, ainsi que Goebbels ont appelé à l’unification de l’Europe autour de l’Allemagne, afin de protéger et de défendre ses valeurs raciales et culturelles. Ce faisant, ils ont ouvertement affirmé que le but principal de l’union de l’Europe était la protection contre la Russie et la marche vers la Russie. La rhétorique de la défense contre l’Union Soviétique a été utile dans le processus d’après-guerre d’unir l’Europe, où, comme le prouve Mazower, les anciens partisans d’Hitler ont assidûment travaillé comme des hauts fonctionnaires. La menace de la Russie a été une partie importante de la campagne des partisans de l’UE lors du référendum Brexit en Grande-Bretagne, ainsi que de la campagne de soutien d’Hillary Clinton lors des élections présidentielles aux États-Unis.

Certaines personnes diront que, après tout, les libéraux de l’OTAN ne conquerront pas le monde au nom de la race, mais au nom des droits de l’homme. Cependant, les bombes ont été lancées sur la Republika Srpska, la Serbie, l’Irak, la Libye et la Syrie, avec le rock & roll américain et britannique, et non avec les marches militaires allemandes. C’est en effet une belle consolation pour des millions de victimes.

Milos Kovic

Source : Le quotidien serbe POLITIKA à Belgrade

Traduction du serbe : Svetlana Maksovic

Somos Todos Americanos (Menos Donald Trump) – Sobre um novo Livro de Regis Debray – por Bernard GENSANE (em francês)

 

Régis Debray. “Civilisation. Comment nous sommes devenus américains”

Bernard GENSANE

Un livre érudit, avec de délicieuses pointes d’humour, qui poursuit une réflexion de Simone Weill de 1943 selon laquelle une américanisation de l’Europe ferait perdre son passé à l’humanité, et une interrogation de Paul Valéry, de 1939 : « Je me demande si l’Europe ne finira pas par une démence ou un ramollissement ».

On aurait pu attendre des guillemets à « américains » dans le sous-titre car, Debray le sait mieux que personne, les Chiliens ou les Cubains sont aussi des Américains. On se fiche que la partie soit prise pour le tout comme dans Make America great again.

Mais ne boudons pas notre plaisir devant cette brillante démonstration selon laquelle si une « culture construit des lieux », une civilisation « construit des routes » avec un gros bâton (celui de la big stick policy), une flotte, des armées, aujourd’hui des drones.

Depuis qu’il a raflé le Texas, l’empire américain n’a gagné en surface que quelques centaines de milliers de kilomètres carrés. Alaska y compris. Mais les 2 000 implantations militaires sur les cinq continents ne seraient rien sans les 35 000 McDo. Et vice versa.

Au milieu des années soixante, j’habitais Montdidier, petite sous-préfecture balzacienne de la Somme. Á l’époque, une ville de 5 000 habitants comptait encore bon nombre de magasins de toutes sortes. Le magasin d’habits, qui ne désemplissait jamais, avait pour enseigne “Aux surplus américains” Nous étions heureux de nous fournir pour pas cher dans une échoppe qui proclamait sans vergogne qu’elle nous vendait des rebuts, les franchisés profitant de notre naïveté pour nous refiler du trop-plein. La civilisation zunienne avait gagné chez Balzac : on ne savait pas d’où venaient ces frusques, dans quelles conditions elles avaient été stockées, ce qu’elles avaient coûté aux producteurs. Ces vêtements n’étaient même pas toujours ricains. C’était notre deuxième peau. Au XVIe siècle, le paysan d’Amboise, voisin de Léonard de Vinci, ne parlait pas un mot d’italien. Aujourd’hui, il écoute Beyoncé dans son tracteur climatisé.

Quand, demande Debray, l’Europe a-t-elle cessé de « faire civilisation » ? En 1919, au Congrès de Versailles. Les États-Unis n’ont pas alors pleinement conscience qu’ils vont devenir la première puissance mondiale. Mais le président exige que le traité soit également rédigé en anglais. Jusqu’alors, observe Debray, il y avait à l’ouest une civilisation européenne avec sa variante américaine. Dans les cinquante années suivantes, on aurait une civilisation américaine avec des variables d’ajustement européennes. Dans tous les domaines. Je n’entre pas dans les détails, mais même dans la natation, les catégories d’âge de nageurs qui dataient d’un siècle (poussins, minimes, cadets etc.) se sont alignées cette année sur les catégories zuniennes.

Plus graves que nos bassins chlorés, la République française, l’État français, les pouvoirs publics ont plié le cou devant les méthodes uniennes. En 2008, sous Sarkozy, nos ministères furent inspectés, mieux : évalués, par une entreprise privée zunienne. Comme si le corps des inspecteurs des Finances n’existait plus. L’État français fut dès lors appréhendé dans son fonctionnement à l’aune des méthodes du privé d’outre-Atlantique. Les hôpitaux (les universités, les commissariats de police etc.) furent mis en concurrence, les partis politiques devinrent des familles et cessèrent d’élaborer des programmes en se contentant de projets, on nous obligea à aimer le modèle des primaries et les candidats à la présidentielle nous proposèrent des offres.

Á Sciences-Po, « réformée » par un chairman of the board plus ricain que ricin qui mourut dans des circonstances hollywoodiennes jamais élucidées, 60% des cours sont dispensés en anglais. Et, précise Debray, le cours sur les politiques culturelles en France est dénommé « Cultural Policy and Management ».

Á bas les anciennes catégories marxisantes (bourgeoisie, classe, capitalisme) ! Ne dites plus « prolétaires » mais « milieux défavorisées » (d’ailleurs les prolétaires ne savent plus qu’ils sont prolétaires, c’est du moins ce que pensent les bobos) ; de votre langage, « bannissez » (sic) « clochards », « SDF » étant beaucoup plus indolore. Ne dites plus « santé gratuite pour tous » mais care, « avion présidentiel » mais « Sarko One ». Et, surtout, représentez-vous Bri-Bri d’amour en termes de First Lady. Envoyez vos enfants, en bons Ricains, délirer chez les voisins avec des masques d’Halloween alors que cette fête appartient au paganisme celte. Martelez comme il convient que l’équipe de France de foot est black-blanc-beur. Forcément, puisque la quête de l’égalité a été remplacée par le mirage de la diversité et que le sociétal a étouffé le social.

La thèse fondamentale de cet essai est que l’Amérique c’est de l’espace tandis que l’Europe c’est du temps. Aux États-Unis, on part sur la Route 66 en bon Easy Rider. On conquiert un territoire – au besoin avec un colt – alors qu’en Europe on labourait un terroir (on guerroyait un peu aussi, quand même). Mais tout a changé. Il n’y a plus chez nous que des « espaces » (salle d’attente, dégustation de vin, voies piétonnières, open spaces un peu partout, surtout quand ils sont agrémentés par des open bars). Je ne te demande pas qui tu es mais où tu es grâce à ma géolocalisation à un mètre cinquante près. Dans les espaces, explique Régis Debray, pas de peuple, mais une « population », c’est-à-dire une projection préfectorale ou municipale. Un peuple, c’est autre chose : une langue, des habitus, un passé, une gastronomie, du et des liens.

Á des populations hors-temps, on peut faire gober tout ce qu’on veut. Par exemple, que les États-Unis sont la nation qui a le plus contribué à la défaite de l’Allemagne alors que les Français de 1945 pensaient que c’était l’Union Soviétique. D’ailleurs si Poutine assista au 70ème anniversaire du Débarquement en Normandie, le Young Leader Hollande ne lui rendit pas la pareille à Moscou. On peut même faire croire à tous les publics, à toutes les populations de la Terre, que Rambo a gagné la guerre.

Lors du vote du Traité de Maastricht, on nous a seriné que nos enfants voyageraient, séjourneraient dans le continent et apprendraient quantités de langue européennes. Le russe et l’allemand sont cinq fois moins enseignés qu’il y a cinquante ans. Arte n’a aucune émission de débats entre intellectuels franco-allemands mais consacre dix minutes à un malaise de Mrs Clinton. Les fonctionnaires de Bruxelles communiquent dans la langue d’un pays qui ne fait plus partie de l’Union européenne. Des anciens pays de l’Europe de l’Est se sont dépêchés d’admettre sur leur sol des centres secrets de torture de la CIA. Il faut désormais endurer un président pour qui « Belgium » est une ville et qui pense avoir envoyé 59 missiles vers l’Irak alors que c’était vers la Syrie. Ça tombe où ça peut, où ça doit. L’important, c’est que ça « frappe » (plus de bombardements, des frappes), que ça terrorise, quel que soit le degré d’improvisation.

Debray nous rappelle qu’en affaires l’empire est féroce, voyou. BNP a accepté de payer une amende bidon, une rançon de 8,9 milliards de dollars (vous me direz : elle les avait) sans que nos gouvernants s’émeuvent, sans que notre médiacratie s’étonne. Quant à imaginer une réciprocité… Debray cite Pierre Lellouche, homme politique bien à droite, pas vraiment hostile à l’aigle impérial : « Un obscur accord fiscal franco-américain transformera notre ministère des Finances en supplétif de l’International revenue Service. Cet accord ne fait que traduire dans le droit français une loi américaine obligeant nos institutions financières à déclarer au fisc américain tous les comptes détenus par des citoyens ou entités amléricains en France dès lors que leur solde est supérieur à 50 000 dollars. Mais sans réciprocité : ce que le fisc français donnera à l’IRS, le Trésor américain ne le fera pas dans l’autre sens parce que la loi américaine ne le permet pas. »

Une des dernières réflexions de l’auteur porte sur la notion de laïcité que nous, tous seuls avec nos petites mains, avons réussi à américaniser. Je vous laisse découvrir comment.

Les moins jeunes d’entre nous s’en souviennent. Le Défi américain, publié en octobre 1967, fut l’un des plus énormes succès de librairie en France. Certes, il bénéficia du battage hebdomadaire de L’Express, beaucoup plus prescripteur qu’aujourd’hui. Son éditeur avait prévu un tirage de 15 000 exemplaires. Il s’en vendit 2 millions en France et 10 millions dans le monde.

Bernard Gensane

Paris : Gallimard, 2017.

Trump: Laicidade e Terrorismo no Mundo Islâmico

 

Um vento de laicismo sopra sobre o mundo muçulmano

O discurso de Donald Trump em Riade suscitou uma vaga de tomadas de posição contra o terrorismo e contra o islão político. O mundo árabe expressa a sua sede de laicidade no exacto momento em que esta é deformada na Europa e utilizada contra as religiões. Face a este sopro de liberdade, os Britânicos organizam o campo do islão político à volta do Catar, do Irão, da Turquia e dos Irmãos Muçulmanos.

 | DAMASCO (SÍRIA) | 13 DE JUNHO DE 2017 

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Sayyid Qutb (1906-1966), o pensador do islamismo político

Durante a colonização, e toda a Guerra Fria, as potências imperialistas utilizaram as religiões para abafar qualquer contestação ao seu domínio. Assim, a França, que adoptou em 1905 uma importante lei sobre o laicismo das sua instituições, decidiu de imediato não a aplicar nos territórios colonizados.

Sabe-se, hoje em dia, que as “Primaveras Árabes” eram uma iniciativa britânica destinada a colocar os Irmãos Muçulmanos no Poder e, assim, fortalecer a dominação anglo-saxónica sobre o «Médio-Oriente Alargado».

Desde há 16 anos, os Ocidentais acusam precisamente os muçulmanos de não limpar os seus países e tolerar aí os terroristas. No entanto, é agora evidente que estes terroristas são apoiados por esses mesmos Ocidentais com o fim de escravizar os muçulmanos por meio do «islão político». Londres, Washington e Paris só se inquietam com o terrorismo quando ele transborda para lá do «Médio-Oriente Alargado», e eles jamais criticam o «islão político», pelo menos no que toca aos sunitas.

Ao pronunciar o seu discurso em Riade, a 21 de Maio de 2017, o Presidente Trump significava pôr um termo ao terrorismo que consome a região e se estende agora ao Ocidente. As palavras que ele pronunciou tiveram o efeito de um electrochoque. A sua alocução foi interpretada como uma autorização para acabar com este sistema.

Aquilo que pareceu impensável durante os últimos séculos, de repente, cristalizou-se. Aceitando cessar todo e qualquer contacto com os Irmãos Muçulmanos, a Arábia Saudita atirou-se aqueles que prosseguem a colaboração com os Britânicos, e particularmente contra o Catar. Riade deu o sinal de uma tormenta que carrega com ela muitas frustrações. Por espírito de vingança beduíno, as relações diplomáticas foram interrompidas, e um bloqueio económico foi montado contra a população catariana; enquanto nos Emirados foi instituída uma sentença de 15 anos de prisão para todo aquele que mostre a mínima compaixão para com o povo do Catar, enxovalhado.

Um gigantesco deslocamento de forças e de alianças começou. Se esta tendência se mantiver, a região irá organizar-se em torno de uma nova clivagem. A questão da luta contra o imperialismo vai apagar-se para dar lugar à da luta contra o clericalismo.

Os Europeus viveram esta clivagem durante quatrocentos anos, do século XVI ao século XIX, mas não os Norte-Americanos porque o seu país foi fundado pela seita dos Puritanos que fugiam a esta clivagem. A luta contra o cristianismo político foi, antes de mais, um combate contra a pretensão do clero da Igreja Católica de dirigir os seus fiéis até mesmo dentro do quarto de dormir. Ela só terminou quando Paulo VI, o qual largou a tiara papal. Esta tríplice coroa era suposta simbolizar que o Papa estava acima de reis e de imperadores.

Tal como o Cristianismo original que não tinha sacerdotes (estes só apareceram no IIIº século), o Islão original e o Sunismo actual também não. Apenas o Xiismo se estruturou como o Catolicismo e a ortodoxia. De facto, hoje em dia o islão político é incarnado pelos Irmãos Muçulmanos e pelo governo do Xeque Rohani (o título de xeque indica que o Presidente Rohani é membro do clero xiita).

Actualmente uma aliança clerical está em vias de formação com a ajuda do Reino Unido. Poderia ser um bloco incluindo o Irão, o Catar, a Turquia, Idlib no Noroeste da Síria, e Gaza. Este conjunto iria tornar-se o protector dos Irmãos Muçulmanos e, por conseguinte, o defensor da utilização do terrorismo.

Em duas semanas a imprensa árabe, que até aqui considerava favoravelmente os Irmãos Muçulmanos como uma poderosa organização secreta e o jiadismo como uma motivação legítima, de repente virou. Por todo o lado, todos apresentam a sua denúncia contra a pretensão dos Irmãos Muçulmanos a reger a vida das pessoas, e a loucura cruel do jiadismo.

Esta maré de comentários, os séculos de frustrações que elas exprimem, a sua violência, tornam qualquer regresso atrás impossível; o que não significa que a aliança Irão-Catar-Turquia-Hamas chegue até ao fim do percurso. Esta vaga revolucionária ocorre em pleno mês do Ramadão. As reuniões entre amigos, e família, que deveriam ser celebrações consensuais transformam-se, por vezes, em contestação daquilo parecia ser até aí as bases do Islão.

No caso de a clivagem a favor ou contra o clericalismo prosseguir, iremos assistir a uma recomposição geral da paisagem política. Por exemplo, os Guardas da Revolução, que se formaram para lutar contra o imperialismo anglo-saxónico, acumularam ressentimento contra o clero iraniano.

Muitos lembram-se que durante a guerra imposta pelo Iraque, os mulás e aiatolas se desenrascavam para esconder os seus filhos enquanto os Guardiões morriam no campo de batalha. Mas, enfraquecidos durante o primeiro mandato de Rohani, é pouco provável que eles ousem levantar-se contra o poder civil-religioso. Pelo contrário o Hezbolla libanês é dirigido por Sayyed Hassan Nasrallah (aqui o título de Sayyed indica que ele é descendente directo do profeta Maomé), uma personalidade que promove a separação entre a esfera pública e a esfera privada. Muito embora desempenhando uma função religiosa e uma outra política, ele sempre se opôs a misturar as duas, aceitando sempre o princípio platónico de Velayat-e Faqih (quer dizer do governo por um sábio). É, portanto, pouco provável que o Hezbolla vá seguir o governo Rohani.

Enquanto isso, toda a região se agita : na Líbia, os Irmãos Muçulmanos deixaram Trípoli deixando uma milícia libertar(liberar-br) Saif al-Islam Kadhafi e o General Haftar alargar a sua influência. No Egipto, o General-Presidente al-Sissi encomendou aos seus homólogos do Golfo uma lista de terroristas. Na Palestina, a direcção política do Hamas refugiou-se no Irão. Na Síria, os jiadistas pararam de combater contra a República e aguardam ordens. No Iraque, o exército redobra os esforços contra os Irmãos Muçulmanos e a Ordem dos Naqchbandis. Na Arábia Saudita, a Liga Islâmica Mundial excluiu do seu Conselho de administração o pregador vedeta dos Irmãos e o propagandista das Primaveras Árabes, o Xeque Qaradawi. Enquanto a Turquia e o Paquistão iniciaram o envio de dezenas de milhar de soldados em direcção ao Catar; o qual já só consegue alimentar-se com a ajuda do Irão.

Um nova era parece levantar-se sobre a região.

Tradução
Alva

Oliver Stone, Sócrates e Putin – por John Wight e RT

 

Stone’s ‘Putin Interviews’ offend a US establishment drunk on its own exceptionalism

John Wight

 

John Wight has written for newspapers and websites across the world, including the Independent, Morning Star, Huffington Post, Counterpunch, London Progressive Journal, and Foreign Policy Journal. He is also a regular commentator on RT and BBC Radio. John is currently working on a book exploring the role of the West in the Arab Spring. You can follow him on Twitter @JohnWight1

Indeed, surely such an insight is absolutely necessary, what with Russia being the biggest country in Europe, a major nuclear power, and with the deepening tensions arising from Russia’s geostrategic differences and rivalry with Washington in recent years.

Yet for the Western liberal commentariat, condemnation rather than understanding is the order of the day, evidenced in the barrage of criticism with which Stone’s documentary series on the Russian leader has been received in the Western mainstream.

The interview the filmmaker did with liberal US talk show host Stephen Colbert on his project is a prime example.

 

 

Colbert’s line of questioning amounted to a regurgitation of the very caricature that Stone had set out to move beyond in over 20 hours of interviews on an abundance of topics with Putin – his upbringing, family history, career, thoughts on leadership, the challenges Russia faced during the dark days of the 1990s, his relations with various US presidents, NATO, and so on.

Yet for the likes of Mr. Colbert it’s much easier to go with the official narrative, contained in his first question of the interview: “What do you say to people who say that yours [Oliver Stone’s] is a fawning interview of a brutal dictator?” Not only the question, but also the casual and insouciant way in which it was delivered, confirmed the dumbing-down of news information, analysis and commentary that has been underway in the United States over decades.

The result is a culture so intellectually shallow it is frightening to behold, one in which ignorance is celebrated rather than scorned, in which national exceptionalism and arrogance is exalted rather than rejected. And woe betide anyone, such as Oliver Stone, who dares try to penetrate this fog of ignorance and sense of exceptionalism that has so corroded US cultural values.

Listening to Colbert’s studio audience laugh at Stone in response to his statement that Putin had been unfairly treated and abused by the US media, I was minded of the treatment meted out to the ancient Greek philosopher Socrates. Such a comparison is not as outlandish as some may think on first impressions.

Think about it: for daring to question the prevailing orthodoxy, received truths, and dominant ideas the philosopher was lampooned, ridiculed and ultimately condemned to death by the powers that be in Athens, considered at the time to be the home of democracy and liberty, just as Washington is – or to be more accurate claims that it is – in our time.

Interestingly, the clamor to condemn Socrates took place when tensions between Athens and its Greek city-state rival and adversary, Sparta, were still high just a few years after the end of the Peloponnesian War (431-404 BC).

As everybody knows, in times of war – whether cold or hot – a nation’s tolerance for dissent, for daring to swim against the cultural tide, evaporates, even though it is precisely at such times when dissent is most necessary. After all, in the case of the rising tensions that we have witnessed between Russia and the US recently, it is not people like Stephen Colbert who will be sent into combat should those tensions spill over into direct military conflict.

With this in mind, perhaps it would have been more to the talk show host’s benefit to have listened carefully to a man, in Oliver Stone, who has experienced combat, and who does have first-hand experience of a devastating war unleashed in the cause of the very national exceptionalism previously described.

As a filmmaker, Oliver Stone’s body of work, reaching all the way back to the 1980s, is a testament to his integrity both as an artist and as a human being. From ‘Salvador’ in 1986, an unflinching expose of covert US support for right-wing death squads in El Salvador, all the way up to his latest movie ‘Snowden’ in 2016, which tells the story of US intelligence whistleblower Edward Snowden, this is a filmmaker with a fierce passion for truth. As such, it is a fair bet that in generations to come his works will still command respect and serious analysis. Could we say the same about Stephen Colbert’s body of work?

To ask the question is to answer it.

Carthago delenda est’ – Carthage must be destroyed. These words of Cato the Elder, which the Roman statesman and orator is said to have repeated at the conclusion of every one of his speeches, is the sentiment behind the campaign of demonization against Vladimir Putin that is a feature of Western cultural life.

It has become so pervasive and obsessive you would think that it was the Russian leader who had the destruction of entire countries on his record and conscience – i.e. Afghanistan, Yugoslavia, Iraq and Libya – and that it was his foreign policy that had killed more people and sown more chaos than at any time since World War II.

Oliver Stone is to be commended for trying to wake America up to the damage it does and has done around the world over many decades. Those who would attack and laugh at him for doing so merely confirm the degeneration of a culture built on foundations not of wisdom, but of crass ignorance”.

The statements, views and opinions expressed in this column are solely those of the author and do not necessarily represent those of RT.

Dans le foisonnement de l’absurde, que reste-t-il pour le sens ? Par Jean-Yves Jézéquel

Le petit nombre des élites « égocentrées », l’oligarchie à la commande des Etats transformés en Pouvoirs se légitiment de théocratie. L’Eglise suprême de la religion de marché, la caste de ses grands prêtres définissent les hérésies et les hérétiques. Les bataillons médiatiques au service du dogme sectaire du capitalisme ultra libéral et toute l’armada du système répressif, contrôlent la vie des peuples, les obligeant même à se taire par un « management de la terreur » mené de mains de maîtres. La dictature autoritariste d’un Empire technocrate, prenant toutes les décisions à huis-clos, sans jamais se référer à l’avis des intéressés, règne sans partage sur 80% de l’humanité. Dans cette dictature de l’arbitraire absolu, seule la loi du profit constitue le credo exclusif de la caste des prédateurs du système…

Dans le monde de la « journalistiquerie », il y a assez de naïfs arrogants pour bêler en chœur le discours « officiel » sans le moindre esprit critique, sans le moindre recul et sans la moindre autonomie de réflexion sur la nature falsifiée de la vision néo conservatrice et ultra libérale de cette caste méprisant le reste des hommes avec la condescendance des sots !

Les lobbies quant à eux sont au paradis. Les grandes sociétés multinationales richissimes, font et défont à leur fantaisie, l’existence exsangue des populations traînées dans le malheur pour le bonheur de leurs maîtres du CAC40 ou du dow Jones (DJIA : Dow Jones Industrial Average)… Ce qui reste des Etats est à leurs ordres. Les épaves de ce monde dégénéré exécutent leur tâche avec zèle et empressement au service inconditionnel des grandes sociétés flibustières qui pillent allègrement un monde transformé en ruines…

L’exploitation, les abus de toute nature infligés aux gens humbles, l’esclavage moderne, la maltraitance de plus de 200 millions d’enfants contraints au travail à bas coût et dans des conditions abominables pour le seul profit de la caste des nouveaux esclavagistes sont la règle la plus répandue sur toute la Planète. L’organisation acharnée de l’arnaque, du pillage, de la surveillance à outrance, des principes de la soumission et de la domination par la destruction des récalcitrants (massacres planifiés comme en Syrie) est le seul programme qui vaille pour les tyrans martyrisant sans états d’âme les peuples dépouillés de tout ! La planification du chaos, de l’atomisation des populations, du démantèlement des Etats Nations, tout cela est devenu la surenchère fébrile de la mondialisation désireuse de bâillonner les revendications des travailleurs et des peuples qui se sont battus pendant des siècles pour acquérir chèrement leur liberté devenue un obstacle majeur à la loi sacro-sainte du profit!

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Aujourd’hui, nous assistons à la proclamation décomplexée d’une volonté oligarchique d’imposer son dictat à l’ensemble des nations, en leur annonçant que la démocratie n’est plus un sujet d’actualité, que l’avis des peuples ne l’intéresse pas, que l’état d’urgence doit se prolonger à perpétuité, que l’Etat policier sera désormais la nouvelle forme d’autoritarisme à promouvoir dans tous les pays, que le travail sans limite sera la nouvelle condition de vie habituelle des personnes et que tous les avantages sur l’éducation, la santé, les aides sociales, la qualité de vie, les loisirs, la culture, le logement seront désormais limités, voire supprimés…

Le dogme de « l’austérité » se justifie de « crise » dont les seuls auteurs sont ceux-là même qui abusent encore plus que jamais des pays traînés dans la violence de ce massacre volontaire et sans pitié ! Ces criminels en cols blancs n’hésitent même pas à conspuer les pauvres, à les accuser, à « moraliser » les peuples en les traitant de « tire au flanc », d’être les obstacles de la bonne marche économique du monde selon leurs courtes vues!

Les nations encore souveraines et façonnées par leurs peuples sont désappropriées de leurs leaders par des jeux de passe-passe juridiques, sans qu’elles puissent rien faire ni rien dire, comme cela a été le cas spectaculaire du Brésil avec Dilma Roussef qui a été ainsi chassée de sa fonction par une pratique de l’arbitraire absolu se réclamant du Droit… Là, la perversion a atteint un point délirant totalement odieux, car les salauds, comme ce Michel Temer, qui ont ainsi pris le Pouvoir sans l’avis de personne, avec la complicité de Standard & Poor’s et autres agences de notations, ces larrons en foire, se sont dépêchés ensuite de piller, de dépouiller, de saccager les richesses de ce grand pays pour le seul profit des ordures qui se sont emparés du monde. Partout sur Terre sont ainsi martyrisés 80% de l’humanité à travers un tel comportement ne se souciant guère de la loi de mort qu’il répand, comme la peste, sur tout ce qui est vivant…

Ce qui est hautement d’actualité, c’est la régression mentale de l’humanité, la malhonnêteté intellectuelle des « élites », le retour, tambours battant, aux archaïsmes des obscurantismes farouches, favorables au dressage à l’amour de la soumission présenté quant à lui, comme une « vertu » récompensée par les médailles du « mérite » chez tous ceux qui donnent la préférence aux désirs compulsifs régnant tyranniquement sur des individus dépossédées de tout idéal ! Les humanistes subissent quotidiennement les injures implicites et explicites, parce que les profits exorbitants concentrés dans les mains des 20% de l’humanité, ne sont pas encore assez exorbitants ! Les pauvres de plus en plus pauvres ne sont pas encore assez pauvres…

D’ailleurs la guerre est carrément planifiée elle aussi, pour se débarrasser de tous ces contingents de pauvres qui ne veulent pas jouer le jeu du profit exorbitant au service exclusif d’un petit nombre de prédateurs du cannibalisme social.

Les massacres à grande échelle sont programmés. Les puissants au pouvoir veulent « nettoyer » la Planète d’un bon tiers de l’humanité jugé inutile, improductif, coûteux, véritable obstacle au débridement du profit pour le profit !

Par dessus tout cela, la Terre est limitée dans ses moyens et nous devenons trop nombreux : donc, « il faut faire disparaître tous ceux qui ne font pas partie des privilégiés du système prédateur » qui a été mis en place par les artisans zélés du productivisme…

D’ailleurs des milliardaires se réunissent activement depuis un certain temps, pour fabriquer des engins capables d’aller coloniser les autres planètes viables du système solaire, en se dépêchant d’être les premiers à y mettre les pieds afin de devenir déjà les maîtres incontestables et incontestés de ces immenses richesses qui sont là en attente de leur voracité! L’argent (le chiffre) est leur seul dieu, le profit leur seule préoccupation, le capitalisme ultra libéral leur seule idéologie sectaire, le principe de la domination et de la destruction leur seule religion… C’est bien là le triomphe du monde de la bête et donc l’annonce implicite de l’Apocalypse, c’est-à-dire de sa chute mortelle finale par son auto destruction !

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La troisième guerre mondiale est préparée en effet, ouvertement, sans secret. Les provocations sont organisées avec insistance, les légions de l’Empire et le matériel de guerre sont accumulés en masse là où il faut provoquer la destruction en règle des trublions qui menacent la fête perpétuelle des profiteurs d’en haut…

Le mensonge fleurit à foison, la manipulation est débridée, la malveillance bat son plein, les « Fake news » prolifèrent, la corruption explose dans le milieu exclusif des « élites », le peuple des modestes est sidéré tout en se voyant interdit de parole. Le culot de la caste au service d’un tel système de domination est sans borne.

Ce foisonnement du pervers en devient absurde et chacun est obligé de se poser la question du sens ; sens de l’existence dans ces conditions ; sens de la vie ; sens de ce que nous faisons sur Terre ici et maintenant ? Pourquoi vivre si c’est pour exister dans de telles conditions : celles de l’absurde ?

L’absurde gigantesque de la situation qui est celle de l’humanité actuelle l’est d’autant plus que les prédateurs eux-mêmes sont dans une totale équivoque sur les exigences de leur prétention elle-même. En agissant comme ils le font, ils sont incapables de voir à quel point ils desservent leur propre « cause », précipitant même leur fin dans un chaos innommable qu’ils pensaient ne réserver qu’aux « autres », à ce tiers de l’humanité qu’ils jugeaient improductif et inutile pour leur profit et leur béatitude de parfaits crétins!

Ils avaient oublié qu’ils faisaient, eux aussi, entièrement partie de la nature et que par la même occasion, s’ils s’attaquaient en réalité à la nature et à ses lois qui sont des lois immuables de complémentarité, ignorant que c’était à eux-mêmes qu’ils allaient s’en prendre sans le savoir et sans être capables de le prévoir !

Toute la logique de la vie, dès son apparition, s’articule autour d’une logique de mort. C’est un processus permanent de mort qui permet le processus permanent de vie. La vie ne peut exister que grâce à des processus de mort. C’est en acceptant son apoptose que la cellule donne vie à une nouvelle cellule maintenant ainsi l’homéostasie des organes d’un corps pour l’harmonie de l’ensemble. C’est par une logique de mort perpétuelle que se dessine la logique de vie perpétuelle. L’âme de la Nature a donc voulu que la vie soit intrinsèquement reliée à la nécessité permanente de s’en détacher ; elle a voulu que la vie ne soit possible qu’à la condition que chaque élément la composant, accepte de donner la sienne. La continuation de la vie est reliée intimement au don permanent de la vie qui est incarnée dans les êtres et les choses invités ainsi à se « sacrifier » en permanence pour permettre la vie en permanence…

Il n’y a pas de vie sans le don permanent de la vie par ceux qui la détiennent provisoirement, juste le temps qu’il faut pour être en mesure de la transmettre aux suivants. C’est une générosité infinie organisée comme telle qui explique le principe de la vie dans les conditions de la biosphère. Voilà pourquoi la loi de la complémentarité est la seule loi régissant ce monde créé par la Mère Nature.

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Le comportement de tous les prédateurs de l’humanité est à l’extrême opposé de cette loi naturelle ; il est le contraire de cette logique intrinsèque de la vie ; il est incompatible avec les lois intimes de la nature… C’est aussi pour cela qu’il ne peut pas durer dans le temps et poursuivre allègrement son chemin en se moquant éperdument de la souveraineté de la vie. Il y a une limite au-delà de laquelle il n’est plus possible de « survivre » à son égocentrisme. C’est pourquoi, d’ores et déjà, la sagesse dit haut et clair, que ce monde qui a atteint le degré ultime de la dégénérescence, est sur le point de sombrer dans l’abîme de l’anéantissement…

Les prédateurs dominants de l’humanité ne savent pas qu’ils sont, malgré eux, dans une logique imparable de mort assurée. C’est justement ce comportement injuste, d’abus, de domination, d’exploitation, de leur volonté de faire du profit dans la démesure, qui va assurer leur mort, du coup, prématurée!

Il n’y a pas meilleur comportement que celui des « élites » actuelles pour favoriser et précipiter leur chute, le déclin de la civilisation de la répression, sa disparition brutale dans le fracas d’un chaos réservant à l’humanité la même fin que celle des dinosaures.

L’ère de l’Anthropocène s’achève car l’homme décideur a choisi d’ignorer la règle d’harmonie avec les autres composantes de la biosphère. Il s’est considéré comme au-dessus et en dehors de la nature : faute fatale inspirée par la pathologie religieuse l’ayant conduit à haïr sa propre nature…

La vie a inventé la vie et non pas la survie. Faire de la vie une survie ne pouvait pas durer dans le temps. Aussi, le moment est venu de se retirer dans le silence et le recueillement avant de mourir en laissant la place libre au développement de nouvelles formes de vie devenues possibles.

S’émanciper des règles de la Nature, c’est s’exclure de la Nature. Notre heure a sonné par la faute de tous ceux qui se sont moqués des lois de la Nature! C’est la perversion de la religion qui a mis dans la tête des arriérés mentaux l’ayant promotionnée, l’idée aberrante que l’homme avait été créé pour « dominer la nature » et « régner sur elle » en Maître fait « à l’image et à la ressemblance d’un dieu » se disant lui-aussi autre, en dehors et au-dessus de la Nature ! (Cf., Livre de la Genèse) Le mensonge incommensurable de la religion a trompé l’homme, en long, en large et en travers, il l’a abusé depuis des millénaires. C’est la religion qui est la première responsable de notre chute et de notre disparition…

Au moment de la « fuite d’Egypte », le peuple juif célébrant sa « libération » avait tôt fait, alors qu’il était encore en chemin dans le désert, de transformer son monothéisme « révélé » en « culte du veau d’or », cet épisode qui en dit long ayant à son tour entraîné un massacre spectaculaire de plusieurs milliers de personnes ! La religion est une aberration qui rime avec crime parce qu’elle est une spectaculaire manifestation de l’arriération mentale de l’humanité.

Le sage ne peut avoir de connivence avec le religieux. La sagesse ne peut avoir de lien avec la religion. La sacralisation de la conscience, voilà la spiritualité naturelle intime de l’homme en harmonie avec les intentions éternelles de l’âme de la Nature.

Dans le foisonnement de l’absurde, voilà où est le sens, voilà où il demeure : dans la conscience de notre lien indéfectible avec l’âme de la Nature. Le sens de notre vie est dans ce dialogue avec elle nous reliant à elle et nous confondant avec elle. « Je suis dans le Tout et le Tout est en moi. Qui me voit, voit le Tout ». « Je suis sorti du Tout et je retourne au Tout ». (logion de l’évangile de Thomas, manuscrit de Nag Hammadi). « Je suis une partie du Tout et pourtant le Tout est tout entier dans la partie du Tout que je suis. Le Tout n’étant pas la somme des parties »! « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’Univers et les dieux », disait l’Oracle de Delphes.

Le sens, il est là : dans le passage d’une civilisation de la croyance à une civilisation de la conscience ! Ce sera vraisemblablement la suite logique des prochaines inventions de la vie dans les conditions de la biosphère, mais sans doute sans les hommes qui auront tout fait pour s’en exclure, eux qui ont commis la faute originelle fatidique d’une adhésion aveugle au mensonge de la psychopathologie coalitionnelle qu’est la religion.

 Jean-Yves Jézéquel

3 avril 2017

Por uma abordagem objetiva, aberta e contraditória da Revolução Russa

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Apelo-petição em vésperas do 100º aniversário da Revolução de Outubro

– Nem óculos “Brancos” sobre Outubro de 1917 nem a repetição de “Livros Negros” anticomunistas!

por Annie Lacroix-Riz, Georges Gastaud e Jean Salem

Na abordagem do 100º aniversário do 7 de novembro de 1917, tudo se passa como se se tratasse – sobretudo para certos meios político-mediáticos, caucionados por certos universitários – de apresentar uma versão grosseiramente maniqueísta, tingida de encarniçamento anticomunisto, anti-bolchevique e anti-soviético.
Não apenas Outubro não teria sido senão um “golpe” bolchevique interrompendo um amável curso democrático iniciado pela revolução russa de fevereiro. Não apenas os bolcheviques não teriam tido nenhum papel importante em fevereiro de 1917, não apenas o imenso levantamento proletário e camponês que a preparou, marcou e deu seguimento em 7 de novembro de 1917, não teria tido um caráter autenticamente democrático, popular e socialista, não apenas as suas consequências se teriam revelado unicamente catastróficas para a Rússia e para a humanidade, mas todo este processo se teria desenrolado – bem como a ulterior construção da URSS – num contexto puramente russo e quimicamente puro, praticamente livre de furiosas intervenções imperialistas, da defesa sangrenta e exacerbada dos privilégios pelas classes privilegiadas, do esmagamento brutal da revolução operária na Alemanha, seguido da ascensão do fascismo, nazismo, franquismo e dos militarismos, do Japão imperial à Europa Ocidental (Hungria, Itália, Espanha…)

Os signatários do presente texto ficam horrorizados ao ver profissionais do campo da História misturarem-se no ar viciado deste nosso tempo anticomunista, “pós-moderno” e anti-progressista, abordando, sem excessivos escrúpulos metodológicos, o tema hiperbolicamente qualificado de Outubro russo.

Os mesmos que evocam com comiseração a demasiado “ingénua” historiografia dos tempos recentes e que denunciam os “preconceitos” da conjuntura política que se seguiu a Estalinegrado, o 8 de maio de 1945 e o surgimento de um poderoso partido comunista em França, não se interrogam um segundo sequer sobre a atual configuração política na qual eles desenvolvem a sua reflexão “histórica” qualificada de crítica: ofensiva neoliberal; anexação para a esfera euro-atlântica dos antigos países socialistas; domínio de Berlim sobre a “construção europeia”; subida do Front National e viragem para a direita da sociedade francesa; destruição das conquistas sociais do Conselho Nacional da Resistência ligadas à ação dos ministros comunistas em 1945-47; ressurgimento dos impérios capitalistas disputando a hegemonia mundial, arremetida europeia, leia-se global, de diversas variedades de extremismo de direita e fundamentalismo religioso; degradação da relação de forças entre Trabalho e Capital e a nível mundial; diabolização da Federação Russa, que a NATO pressiona nas suas fronteiras de Vilnius a Kiev; multiplicação de guerras neocoloniais travestidas de “direito de ingerência humanitária” (África, Médio Oriente); criminalização das atividades comunistas em antigos países socialistas (Polônia, República Checa, Bulgária,…); negacionismo histórico caracterizado pelas autoridades japonesas sobre os genocídios cometidos na Coreia e na China; investida de grupos neonazis que proliferam na esteira dos poderes fascizantes, apoiados pela UE e a NATO (Ucrânia Hungria, as antigas repúblicas soviéticas do Báltico)…

Esta tentativa pseudo-histórica de “varrer” Outubro de 1917 da memória coletiva tem objetivamente lugar numa paisagem historiográfica dominada pela reação:

Acrescida complacência com a colonização francesa (por ex. os “aspectos positivos da colonização” (sic) que círculos sarkosistas pretendem inscrever nos programas escolares),
Difamação da Revolução francesa, nomeadamente a sua fase jacobina e de Robespierre,
Tendência para reabilitar Vichy e depreciar a resistência patriótica (particularmente negando o papel proeminente que desempenharam os comunistas),
Relatos desonestos da História nacional que tanto desvalorizam séculos de construção do estado-nação em benefício da historiografia euro-politicamente correta, como pretendem ressuscitar um “romance nacional” expurgado dos confrontos de classes e da contribuição dos comunistas para a Frente Popular, a Resistência, as reformas progressistas da Libertação, a recusa das guerras coloniais, a defesa da liberdade, da paz, da soberania nacional, da igualdade entre homens e mulheres e do progresso social,
Odiosa amálgama entre o Terceiro Reich e a pátria de Estalinegrado, perpetrada nos programas e manuais escolares, sob o nome de “ascensão do totalitarismo”,
Em suma, tudo se passa como se determinados círculos que monopolizam a edição, os media e boa parte da Universidade, estivessem menos preocupados em esclarecer sob um ângulo dialético, dinâmico, e eventualmente contraditório, os Dez Dias que abalaram o mundo do que retrospectivamente dar uma lição aos povos, especialmente à juventude, para os afastar para sempre das lutas da classe operária e revolucionárias…

Como se fosse possível um simples “putsch” bolchevique ter podido mobilizar milhões de proletários e camponeses, varrer os exércitos brancos apoiados por dezoito corpos expedicionários estrangeiros, suscitar um extraordinário florescimento cultural, levantar o entusiasmo do movimento operário e dos povos dominados, derrotar a “invencível” Wehrmacht e, durante mais de sete décadas, pôr no cerne do problema geopolítico global a contradição socialismo/capitalismo, a descolonização e a igualdade entre homens e mulheres.

Difamando a seu bel prazer Outubro de 1917, suas causas, seu progresso e suas sequelas, procura-se também dar tons cor de rosa ou branquear ao máximo o terrível resultado da restauração global do capitalismo que sob o nome de “globalização liberal” resultou na liquidação da experiência multifacetada da Revolução bolchevique.

No entanto, os inquéritos de opinião atestam que feita sucessivamente a experiência de dois de sistemas sociais antagónicos, os povos do antigo campo socialista e mais fortemente ainda os da ex-URSS, continuam a honrar Lenine e todos os que permitiram a construção de uma sociedade alternativa em termos de ganhos sociais, paz civil, direito ao trabalho, acesso a cuidados de saúde e educação, respeito pelas minorias, desenvolvimento das culturas nacionais e das línguas, desenvolvimento científico, etc.

Não deverão os verdadeiros democratas escutar a palavra dos povos ao invés de esmagá-los sob o termo pejorativo de “Ostalgia”? Será assim tão constrangedor que povos que sucessivamente testaram os dois sistemas sociais, e que não esqueceram por essa razão os bloqueios do “socialismo real” nos anos 70/80, afirmem apesar disso, depois de ter experimentado a restauração capitalista, a “Integração europeia” supranacional e neoliberal, a desestabilização sangrenta de países inteiros (Jugoslávia, Ucrânia…), a ascensão de extremistas de direita, a pressão militar exercida pela NATO nas fronteiras da Rússia, que o socialismo era sem dúvida melhor, incluindo os seus defeitos, que a explosão de máfias e das desigualdade que lhe sucederam sob a altamente discutível designação de “democracia liberal”?

É por isto que os signatários deste texto, ainda que não tenham necessariamente todos os mesmos pontos de vista sobre a história russo-soviética, fazem ponto de honra em dizer com força que a Revolução de Outubro de 1917 deve deixar de ser lida apenas com o óculos “brancos”, “termidorianos”, contrarrevolucionários, ou mesmo claramente fascizantes daquelas e daqueles que em lugar de estudarem o movimento comunista, as lutas das classes dominadas e as revoluções populares – incluindo frequentemente a Revolução francesa e a Comuna de Paris – as combatem sem sequer ter a honestidade intelectual de evidenciar a sua orientação partidária.

Não se trata para nós de exigir uma hagiografia da Revolução russa, mas de permitir às gerações jovens abordar o estudo do passado dialeticamente, avaliar a sua complexidade a partir das dinâmicas das classes e das relações de forças internacionais da época, tendo em conta todos os seus aspectos; e acima de tudo, realizar este estudo sem palas anticomunistas nos olhos, sem preconceitos antissoviéticos e, finalmente, sem posições políticas contrarrevolucionárias.

Contra aqueles que tentam já apropriar-se da próxima comemoração de Outubro de 1917 na base de evidentes preconceitos antibolcheviques, reabramos o debate contraditório, voltemos aos factos e proceda-se à sua recontextualização. Numa palavra, evite-se fazer do 100º aniversário de Outubro uma forma de vingança póstuma para os “Brancos” e todos aqueles que, na nossa época, sonham com um mundo definitivamente adquirido para o capitalismo, a integração euro-atlântica, a regressão social, as guerras imperialistas e a fascisação política.
Primeiros signatários:
Marie-Claude Berge , professeur d’histoire; Gwenaël Bidault , syndicaliste CGT (Sécurité sociale, 22) ; Jean-Pierre Bilski , professeur d’histoire (34) ; Pierre Boismenu , psychanalyste et philosophe : Danièle Bleitrach , sociologue (13) ; Christiane Combe , professeur de SVT retraité (19) ; Jean-Pierre Combe , ingénieur polytechnicien (19) ; René Coucke , psychanalyste (59) ; Jean-François Dejours , professeur de philosophie, syndicaliste (59) ; Jean-Marc del Percio , docteur en sciences politiques, ancien chargé d’enseignement à l’IEP de Lyon ; Aurélien Djament , mathématicien au CNRS, syndicaliste (44) ; Bruno Drweski , maître de Conférences HDR, Membre de l’ARAC ; Henriette Dubois , « Nelly » dans la Résistance, ancien agent de liaison des FTP de la zone Sud, chevalier de la Légion d’honneur ; Marianne Dunlop , professeur agrégé de russe ; Jean-Michel Faure , professeur émérite de sociologie, titulaire d’un doctorat 3ème cycle à l’EHSS sur l’Agriculture Russe ; Vincent Flament , militant de la solidarité internationale, 59 ; Joëlle Fontaine , professeur d’histoire retraitée ; Benoît Foucambert , professeur d’histoire, syndicaliste (81) ; Marc-Olivier Gavois , professeur d’histoire ; Jean-Christophe Grellety , professeur de philosophie (33) ; Jean-Pierre Guelfucci , militant syndical, fils de Résistant ; Gilda Guibert , professeur agrégé d’histoire (78) ; Jean-Pierre Hemmen , directeur de la revue théorique Etincelles, fils de Jean Hemmen, Fusillé de la Résistance, ancien militant de l’Internationale communiste et des Brigades internationales d’Espagne (80) ; Gisèle Jamet , professeur d’histoire ; Edmond Janssen , éditeur (75) ; Jean-Pierre Kahane , mathématicien ; François Kaldor , avocat honoraire ; Fadi Kassem , diplômé de Sciences po. Paris, professeur agrégé d’histoire (78) ; Jacques Kmieciak , journaliste (62) ; Léon Landini, ancien officier FTP-MOI, grand Mutilé de Guerre, Officier de la Légion d’honneur, Médaille de la Résistance, décoré par l’Union soviétique (92) ; Guy Laval , psychiatre (75) ; Ivan Lavallée , universitaire et chercheur en informatique ; Yves Letourneur , poète, philosophe ; Thérèse Lévené , enseignante-chercheure en sciences de l’éducation, université de Lille 1, vice-présidente du CNU 70, syndiquée au Snesup ; Olivier Long , universitaire et peintre ; Antoine Manessis , fils de Résistants, historien ; Annette Mateu-Casado , anc. documentaliste, fille de combattants antifascistes espagnols ; Aymeric Monville , éditeur de livres de philosophie et d’histoire (92) ; Dominique Mutel , agrégé d’anglais (62) ; Jean-Michel Pascal , ingénieur d’études (75) ; Anna Persichini, syndicaliste CGT (Métallurgie – 06) ; Guy Poussy , conseiller honoraire du Val-de-Marne ; Pierre Pranchère , ancien maquisard FTPF de Corrèze (dite la « Petite Russie »), ancien député ; Christophe Pouzat , neurobiologiste (94), Benoît Quennedey , historien (75) ; Marie-Noël Rio, écrivain (Allemagne) ; Hervé Sczepaniak , professeur de lettres ; Jean-Pierre Sienkiewicz, agrégé de physique, syndicaliste (24) ; Stéphane Sirot , historien du syndicalisme (59) ; Romain Telliez , historien. Université de Paris-Sorbonne ; André Tosel , professeur émérite de philosophie à l’Université de Nice ; Yves Vargas , philosophe, fils de Résistant ; Maxime Vivas , écrivain et journaliste.

Associam-se a este apelo-petição internacional:
Barbara Flamand , écrivain, Bruxelles; Domenico Losurdo , philosophe et historien, professeur émérite à l’Université d’Urbino (Italie) ; Anita Prestes , professeur à l’Université Fédérale de Rio de Janeiro; Miguel Urbano Rodrigues , anc. député portugais au Conseil de l’Europe, anc. militant antifasciste et anticolonialiste, historien du mouvement communiste.

Para assinar clique aqui .

O original encontra-se em http://www.initiative-communiste.fr/…

Este documento encontra-se em http://resistir.info/ .

Le monde à l’envers. L’opposition gauche-droite s’est inversée en France. Par Jean Bricmont

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Mondialisation.ca, 02 février 2017
rt.com 31 janvier 2017

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“Gauche droite
Depuis les années 1980, la base de classe de la gauche a complètement changé et la gauche actuelle est essentiellement devenue le parti de la petite bourgeoisie intellectuelle, juge l’essayiste Jean Bricmont.

On entend souvent dire que l’opposition gauche-droite est dépassée ou n’a plus de sens. Mais le problème est pire : sur de nombreuses questions, l’opposition gauche-droite s’est inversée, la gauche adoptant des positions qui étaient celles de la droite ou de l’extrême-droite dans le passé et une partie de la droite faisant l’inverse.

Commençons par la question de la paix et de la guerre. Depuis que les guerres sont devenues «humanitaires», c’est la gauche, y compris le plus gros de la gauche «radicale», qui les soutient. Lorsqu’un coup d’Etat parfaitement orchestré a lieu en Ukraine, on célèbre la victoire de la démocratie. En Syrie, jusque récemment, le soutien, au moins verbal, aux «rebelles» ne faisait pas débat dans la gauche. Lors des bombardements sur la Libye, Mélenchon soutenait qu’il fallait empêcher le «tyran» Kadhafi de tuer la révolution. On s’aperçut un peu tard que les adversaires dudit tyran, comme le gros des rebelles en Syrie, étaient aussi nos adversaires, c’est-à-dire des islamistes fanatiques.

Mais la gauche classique, au moins dans sa partie radicale, mais parfois aussi dans une certaine social-démocratie, était opposée aux politiques impériales, à l’ingérence et à l’hégémonie américaine, notamment pendant la guerre du Vietnam. Aujourd’hui, le simple fait de défendre le principe de la souveraineté nationale passe pour étant d’extrême droite. Et, de fait, celle-ci défend parfois ce principe.

Toutes les guerres s’accompagnent de propagande de guerre et elle est presque toujours relayée par les médias dominants. Jadis la gauche communiste, mais pas seulement elle, se méfiait de la «presse bourgeoise» et la critiquait (souvent maladroitement, mais c’est une autre question). Aujourd’hui c’est la crédulité aveugle envers la presse dominante qui caractérise la gauche. On nous met en garde contre la «propagande russe» les fake news et le complotisme. Mais les médias qui sont les échos fidèles de la ligne de nos gouvernements sont supposés être inspirés uniquement par leur dévouement à la démocratie dans le monde.

Pendant la guerre froide, ainsi que pendant les guerres coloniales, ce sont des militants de gauche ou d’extrême gauche qui cherchaient et diffusaient des informations «alternatives» au discours belliciste dominant, entre autres sur la torture en Algérie ou sur les bombardements au Vietnam. Pourtant, personne ne prétendait qu’Ho Chi Minh était un parfait démocrate ni que le FLN algérien ne commettait aucun attentat contre des civils.

Mais la propagande de guerre existe quels que soient les défauts ou crimes réels de l’ennemi et les amplifie, les met hors contexte, et passe sous silence les crimes et provocations de «notre» camp. Par conséquent, le combat pour la paix est toujours indissociable du scepticisme par rapport aux allégations des médias sur les crimes de nos ennemis réels ou supposés.

Aujourd’hui, le fait de chercher des informations qui contredisent le discours belliciste, rencontrer des chrétiens en Syrie ou visiter les régions rebelles dans l’est de l’Ukraine par exemple, vous classe immédiatement à l’extrême droite. Lorsque la congressiste américaine Tulsi Gabbard (démocrate de Hawaii) revient de Syrie où elle a rencontré le président Assad et témoigne de l’hostilité de la population aux rebelles, même «modérés», ce sont des journaux classés à gauche comme le Daily Kos et le Daily Beast qui la traitent de fasciste et de suppôt d’Assad.

En France, des autorités universitaires n’hésitent pas à interdire la tenue d’une conférence critique du discours dominant sur la Syrie au nom de la lutte contre l’extrême droite, exactement comme elle l’aurait fait pendant la guerre d’Algérie au nom de la lutte contre l’extrême gauche.

Quand on lit des journaux de gauche comme Libération à propos de la Russie et de Poutine, on croirait lire la presse patriotique pendant la guerre de 14-18 parlant de l’Allemagne et du Kaiser. Les intentions russes sont toutes maléfiques, les Russes sont plus grands que nature, ils contrôlent nos pensées et menacent leurs voisins. Dans le passé, la droite dénonçait les communistes comme étant à la solde du Kremlin et dénonçait comme «idiots utiles» tous ceux qui osaient mettre en question le discours officiel. Aujourd’hui, c’est la gauche qui lance ces accusations contre l’extrême droite, et qui, de plus, diabolise comme étant d’extrême droite le scepticisme par rapport à l’hystérie anti-russe.

Si la «propagande russe» contrôlait réellement nos pensées, comment se fait-il qu’elle soit sans arrêt dénoncée sans être même entendue, sauf de façon marginale ? N’est-ce pas là un exemple typique d’inversion accusatoire ? Si les Russes voulaient réellement envahir la Pologne ou les pays baltes, pourquoi n’envoient-ils pas d’abord leur armée (et pas de simples volontaires) dans l’est de l’Ukraine où ils seraient accueillis en libérateurs ?

Poser ces simples questions de bon sens est pratiquement devenu impossible dans le discours dominant, en particulier à gauche.

Ce renversement de l’opposition gauche-droite s’est opéré, durant les années Mitterrand, avec la prise de pouvoir par les ex-68ards dans les appareils idéologiques : universités, édition, médias. La base de classe de ce qu’on appelle la «gauche» a alors complètement changé : au lieu de s’appuyer sur les salariés, comme le faisait l’ancienne gauche, la gauche actuelle est essentiellement devenue le parti de la petite bourgeoisie intellectuelle, surtout universitaire.

Son discours est presque entièrement une auto-affirmation d’attachement à des «valeurs», féministes, antiracistes, de défense des droits de l’homme etc. Mais cette auto-affirmation est essentiellement une façon d’affirmer sa propre supériorité morale face aux masses ignorantes et dépourvues de ces valeurs.

Dans le passé, le discours sur les valeurs était tenu essentiellement par les chrétiens. Les valeurs étaient bien différentes sinon opposées (familiales, sexuelles), mais avec la même prétention condescendante, la même mise en avant de sa propre pureté morale face à la dépravité du peuple. Et c’était la gauche qui parlait de structures sociales concrètes et de la nécessité de les changer.

Comme on le voit, le retournement est total : la gauche des «valeurs» est incapable de faire une analyse réellement critique des rapports de force dans le monde. C’est pourquoi, le plus souvent, elle défend, au nom des «valeurs démocratiques», le «système», y compris l’OTAN, la politique d’ingérence et les médias dominants et c’est une certaine extrême droite qui les critique (parfois).

Mais à une époque d’insatisfaction universelle, s’aligner sur le pouvoir en place et laisser à cette extrême droite le monopole de la critique est une position suicidaire, intellectuellement, moralement, et, in fine, politiquement.

Sans esprit critique, il n’y a ni droite ni gauche : il n’y a que soumission et obéissance”.

Jean Bricmont

Illustration Chaunu

source : http://politique.blogs.ouest-france.fr/tag/gauche-droite

La source originale de cet article est rt.com
Copyright © Jean Bricmont, rt.com, 2017

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Sabores com História

São os Sabores que nos Definem. Fazem parte da nossa Herança familiar e cultural. Contam muito de Nós, e dos Outros. São, a par de Outros, dos melhores Contadores de Histórias que conheço. Até já.

Confrariamor

Dos Eventos à história das Confrarias... gastronómicas e báquicas, passando pelos produtos endógenos e as iniciativas que acentuam o que é diferente, único, genuíno, tradicional e que importa preservar e defender, num mundo global.

Fotoclube f/508

www.fotoclubef508.com

Oscar en Fotos

Reflexiones e ideas en torno a la fotografía

williambowles.info

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