Discovering Chinese Socialism: A Personal Account — STALIN’S MOUSTACHE

Despite my best intentions, I had first come to China some eleven years ago with a pile of preconceptions and ways of understanding socialism. One by one they have been challenged, undermined and then crumbled. Since then, I have been rebuilding my understanding virtually from scratch. Some of these preconceptions were superficial, although I was […]

via Discovering Chinese Socialism: A Personal Account — STALIN’S MOUSTACHE

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Pour un socialisme du bien vivre – Rafael CORREA

Le Grand Soi

Conférence faite en français à Marseille, par l’ancien président de l’Equateur

Pour un socialisme du bien vivre

Vendredi 25 août à Marseille, les AmFis d’été de la France insoumise accueillaient un invité exceptionnel en la personne de Rafael Correa, ex-président équatorien (2007-2017).

Voici l’intégralité de la conférence qu’il a prononcée, en français, sur “le socialisme du bien-vivre”. Il est également revenu sur son expérience à la présidence de l’Équateur et a analysé l’évolution politique de l’Amérique latine.
Son intervention s’est achevée dans un tonnerre d’applaudissements et sous les cris de “Correa amigo, el pueblo esta contigo” (’’Correa, notre ami, le peuple est avec toi’’).

INTRODUCTION

Après avoir vécu non seulement une crise économique, sociale et démocratique, fruit du fondamentalisme néolibéral, mais aussi une crise de leaders et d’idées, une grande partie de l´Amérique Latine a réussi à s´éloigner du joug des technocrates obséquieux et de l´orthodoxie aveugle qui nous a mené à la ruine. Nous avons eu l´audace de penser à nouveau par nous-mêmes, à repenser notre propre notion de « l´économique et de la politique ». C´est ainsi qu´a surgi le Socialisme du Bien Vivre.

Le socialisme du Bien Vivre se nourrit de la conjugaison réflexive de plusieurs socialismes : le classique, le scientifique, mais aussi le socialisme agraire d´Emiliano Zapata, le socialisme andin du péruvien José Carlos Mariátegui, la Doctrine Sociale de l´Eglise, de la Théologie de la Libération, ainsi que de la longue histoire marquée par les luttes émancipatrices de nos peuples.

Le socialisme du Bien Vivre ne se réduit pas à des modèles, mais se base plutôt sur des principes. Nous rejetons les recettes toutes faites et les dogmes. La pire des erreurs, surtout si la gauche est au gouvernement est d’agir en fonction de ses fixations mentales, de ses expectatives idéologiques et non pas en fonction de la réalité.

Nous partageons avec le socialisme traditionnel le besoin de l´action collective, de l’importance du rôle de l´État, de la défense de ce qui est public face au simplisme individualiste ; de la recherche permanente et fondamentale de la justice dans toutes ses dimensions, unique manière d´atteindre la vraie liberté ; de la suprématie de l´être humain sur le capital ; et de l´importance de générer des valeurs d’usage, c’est-à-dire, des biens publics nationaux et globaux.

Le socialisme du Bien Vivre est l´héritier de toutes les meilleures manifestations du socialisme traditionnel, mais s’y confronte aussi avec courage et esprit critique, sans crainte de pensée, les dogmes que l´Histoire s’est elle-même chargée d´enterrer.

L’ACTION COLLECTIVE ET LE RÔLE DE L’ÉTAT

Une des erreurs commises par la gauche traditionnelle a été celle de nier l’existence du marché. Les marchés sont une réalité économique. Mais il est sans doute bien différent de parler de sociétés AVEC un marché, que de sociétés DE marché, où les vies, les personnes et la propre société ne sont qu’une marchandise en plus.

La société ne peut pas exister en fonction des nécessités mercantiles, c’est le marché qui doit exister en fonction des nécessités sociales. Le marché est un magnifique serviteur, mais un très mauvais maître. C’est donc pour cela que sont indispensables l’action collective et un rôle adéquat de l’État pour gouverner le marché et le faire porter les fruits socialement désirés.

Voici ce que la droite traduit comme une limitation de la liberté. Pour eux, la liberté équivaut à la non intervention, alors que, pour nous, la liberté est la non domination. C’est- à- dire que nous cherchons à doter les individus de capacités et, en tant que société, à assumer le devoir de réguler les pouvoirs qui peuvent nous dominer.

Nous ne pouvons pas permettre qu’on nous vole le principe de liberté. Il n’est pas en contradiction avec la justice. De surcroît, dans des sociétés aussi inégales que les latino-américaines, c’est seulement à travers de la justice que nous arriverons à une vraie liberté.

Il est évident que tout est une question politique. La gauche doit revendiquer la politique. On nous présente la politique comme un monde nécessairement sombre, corrompu et méchant. Tout cela est une stratégie pour maintenir le statu quo et empêcher quelconque changement dans les relations de pouvoir. La satanisation du pouvoir politique en Amérique Latine est une stratégie pour immobiliser tout processus de changement, pour nous faire croire que nous n’avons pas besoin d’hommes politiques, mais seulement de managers.

Le développement est en essence, une question politique. C’est ensuite que viennent les questions techniques. Le problème fondamental réside dans qui détient le pouvoir dans une société : les élites ou les grandes majorités ? Le capital ou les êtres humains ? Le marché ou la société ?

Tout au long de son histoire, l’Amérique Latine a été dominée par des élites qui ont exclu les grandes majorités des bénéfices du progrès. Leur attitude rentière a même fait obstacle à un progrès majeur pour elles-mêmes. Aujourd’hui, à l’échelle mondiale, nous sommes dominés par les intérêts du grand capital, ce que j’appelle « L´empire du capital », particulièrement du capital financier.

C´est justement là que réside l’essence même de la Révolution Citoyenne : dans le changement des relations de pouvoir en faveur des grandes majorités. La transformation de l’État bourgeois dominé et au service d’une minorité, dans un État véritablement populaire, au service du bien commun et de l’intérêt général.


DÉCENNIE GAGNÉE

Grâce à ce changement dans les relations de pouvoir, nous avons réussi à atteindre en Équateur ce que nous appelons la « décennie gagnée », c’est à dire un pays totalement différent de celui que nous avons reçu en 2006.

Nous avons doublé la taille de l’économie. Malgré deux années extrêmement difficiles et la contrainte de ne pas avoir de monnaie nationale, nous avons atteint un taux de croissance supérieur à la moyenne de la région latino-américaine. Nous sommes passés du statut de pays de rente basse à un pays de rente moyenne. De même, nous sommes passés d’un développement humain moyen à un développement humain élevé. Selon des études internationales nous sommes le pays qui a su le mieux profiter du boom pétrolier.

D’après la Commission Économique pour l’Amérique Latine, des Nations Unies (CEPAL), nous nous trouvons aujourd’hui parmi les trois pays les moins inéquitables de l´Amérique du Sud, alors que 10 ans auparavant nous nous trouvions parmi les pays les plus inéquitables. Nous avons aussi réussi à réduire de 16,5 points de pourcentage la pauvreté multidimensionnelle – c´est-à-dire la définition la plus complète de la pauvreté – ce qui équivaut à 1,8 millions d’Équatoriens qui sont sortis de la pauvreté. Nous pouvons nous vanter d´avoir attaqué les causes structurelles de cette pauvreté et non pas de l´avoir maquillée. La pauvreté s´est notamment réduite grâce à la croissance économique mais surtout grâce à la redistribution des revenus. Lors de la décennie précédente, avec le néolibéralisme, la croissance économique a réussi à avoir un effet total de réduction de la pauvreté. Par contre, une plus grande concentration de la richesse a eu tendance à l’augmenter.

Le développement social a fait de grands pas en avant avec un système éducatif qui, d´après l´UNESCO est celui qui progresse le plus en Amérique Latine. En ce qui concerne l´infrastructure productive, nous sommes considérés comme le pays le plus avancé en voirie de la région, alors qu’auparavant nous étions parmi les pires. L’Équateur a réussi à atteindre la souveraineté énergétique. Aujourd’hui nous exportons de l’énergie, alors qu’avant nous en importions. De manière générale, nous avons une compétitivité systémique largement supérieure qu’il y a dix ans.

Nous avons aussi vécu une « décennie gagnée » en stabilité politique, en ce qui concerne l’institutionnalisation et l’efficacité de l´État et la solidité de notre démocratie. Avant notre gouvernement, nous avons connu 7 présidents dans l’espace de 10 ans, et aucun des 3 présidents élus n’a réussi à finir son mandat.

Le 24 mai 2017, lorsque j’ai laissé la Présidence de la République de l’Équateur, pour la première fois en vingt ans, un président élu passait le pouvoir à un autre président légitimement élu.

LA TEMPÊTE PARFAITE

Lors des deux dernières années nous avons souffert ce que j’appelle la « Tempête parfaite » : le crash des exportations et une simultanée appréciation du dollar, monnaie d’utilisation nationale, combinaison qui détruit l’économie. Les dépréciations de la monnaie dans nos pays voisins ont atteint jusqu’à les 80% comme fut le cas de la Colombie, mais il nous a été impossible de répondre monétairement puisque nous n’avons pas de monnaie nationale.

Fin 2016, notre total d’exportations fut équivalent à 64% de la valeur correspondante en 2014, ce qui signifie une réduction d’à peu près 10 milliards de dollars, plus de 10% du PIB.

En ce qui concerne le niveau fiscal nous avons perdu près de 12,5% du PIB de revenus nets car nous avons été menés, pour la première fois dans notre histoire, à transférer des ressources fiscales pour que les entreprises pétrolières publiques ne fassent pas faillite. Nous avons aussi dû subir des verdicts légaux en faveur d´entreprises transnationales de pétrole, qui nous ont obligés à payer une sanction supérieure à 1% de notre PIB en quelques mois. Finalement nous avons fait face à la plus grande tragédie du pays depuis ces soixante-dix dernières années avec le tremblement de terre de 7,8 sur l’échelle de Richter, qui a secoué nos côtes le 16 avril 2016 et qui a coûté la vie de centaines de nos compatriotes ; réduisant les chiffres de croissance de 0,7% et produisant ainsi des pertes de plus de 3% du PIB. Ce séisme a eu plus de 4000 répliques, quelques-unes d’entre elles de plus de 6 sur l’échelle de Richter, c’est-à-dire comparables avec le tremblement de terre qui a détruit en août de l’année dernière la ville italienne d´Amatrice.

Jamais dans l´histoire de mon pays, nous n´avions cumulé autant de chocs externes négatifs en si peu de temps.

Peu avant le tremblement de terre, le Fond Monétaire International prévoyait un décroissement de 4,5%. Finalement nous avons réussi à terminer l´année 2016 avec 1,5% de décroissance. Le premier trimestre de 2017, l´économie de l´Équateur a crû de 2,6%, ce qui signifie que nous avons surmonté la récession en un temps record et avec des coûts minimes.

Lénine disait que la politique est de l´économie concentrée. Il est vrai que la politique dépend fortement de l´économie. Cependant, nous avons tellement fait ces dix dernières années que nous avons quand même réussi à gagner les élections dans un contexte de récession.

Le poids des mesures que nous avons dû prendre pour protéger le secteur externe et pour financer la reconstruction des zones dévastées par le tremblement de terre, sont tombées sur les plus riches. Lors des deux dernières années, malgré la décroissance économique, il n’y a pas eu d’augmentation des inégalités ni de la pauvreté, ce qui est inédit en Amérique Latine.

La droite et l´opposition à notre gouvernement ont argumenté que le succès du modèle équatorien est dû au boom des commodités, ce fameux boom qui aujourd’hui n´est plus une réalité.

Il est clair qu´il est plus facile de gouverner pendant les époques d´expansion que de récession, mais malgré cela, le modèle socialiste a eu plus de succès dans les deux cas. Le système de protection sociale mis en place lors de la dernière décennie, comme par exemple la santé gratuite, l´éducation gratuite, l´Université gratuite, et l´allocation chômage, ont défendu les droits des plus vulnérables pendant ces dures années.

RESTITUTION DU CONSERVATISME

Pendant ce temps-là, que se passait- il au niveau régional ?

Une fois passée la longue et triste nuit néolibérale des années quatre-vingt-dix, qui a plongé dans la faillite plusieurs nations dont l´Équateur, et à partir du moment où Hugo Chavez a gagné les élections au Venezuela en 1998, les gouvernements de droite et soumis aux pouvoirs de toujours, ont commencé à tomber comme des châteaux de cartes, laissant place, tout au long de notre Amérique, aux gouvernements populaires du socialisme du Bien Vivre.

Lors de son apogée en 2009, des 10 pays qui composaient l´Amérique du sud, 8 d´entre eux étaient gouvernés par la gauche, en plus de El Salvador, avec l´arrivée du Front Farabundo Martí, le sandinisme au Nicaragua, Manuel Zelaya en Honduras et Alvaro Colom en Guatemala.

Dans des pays comme El Salvador, le Guatemala, ou le Paraguay avec Fernando Lugo, ce fut la première fois dans leur histoire que la gauche arrivait au pouvoir, dans ce dernier cas mettant fin à plusieurs siècles de bipartisme.

En mai 2008 nait l´UNASUR, Union des Nations Sud-Américaines, et, en février 2010 se crée la CELAC, Communauté des États Latino-américains et des Caraïbes, avec 33 membres. Des 20 pays latins qui composaient la CELAC, 14 d´entre eux étaient gouvernés par la gauche, c´est à dire 70 %.

La première partie du 21ème siècle fait sans doute partie des « années gagnées ». Les progrès économiques, sociaux et politiques ont été historiques et ont surpris le monde entier. Et tout ceci dans un environnement de souveraineté, de dignité, d´autonomie, et de présence dans la région mais aussi dans le monde entier.

Il est évident que cette situation a joui d´une conjoncture mondiale favorable en ce qui concerne les prix des matières premières, base des exportations sud-américaines. La grande différence est que cette richesse a été réinvestie pour le Bien Vivre de nos peuples.

L´Amérique Latine n’a pas vécu une époque de changements, mais plutôt un véritable changement d’époque, qui a aussi bouleversé substantiellement l´équilibre géopolitique de la région. C’est pourquoi, il était indispensable pour les pouvoirs factuels et les pays hégémoniques, de mettre fin à ces processus de changement.

En 2002, le gouvernement d’Hugo Chavez a déjà dû supporter une tentative de coup d´État. Depuis 2008, la droite a intensifié ses tentatives anti-démocratiques d´en finir avec les gouvernements progressistes, comme en Bolivie en septembre 2008, au Honduras en 2009, en Équateur en 2010 et au Paraguay en 2012. Toutes ces atteintes à la démocratie ont été contre des gouvernements de gauche, et deux ont abouti, au Honduras et au Paraguay.

Peu à peu, les réactions de droite se sont consolidées, avec une stratégie et collaboration internationale, avec la complicité des médias, et surtout en tirant profit des circonstances économiques adverses à partir de la deuxième moitié de 2014.

Il ne s´agit plus seulement d´une tentative de restitution du conservatisme, comme je les ai appelées deux ans auparavant, par rapport aux coalitions de la droite jamais vues et qui jouissaient d´un soutien international, avec des ressources illimitées, bénéficiant de financement externe, etc., ce qui a pu être constaté dans les élections locales à Quito. Mais au moins, dans ce cas-ci, la voie démocratique a été utilisée. Aujourd’hui la réaction s’est approfondie et a perdu toutes limites et scrupules. Nous sommes face à un nouveau « Plan Condor ». Quarante ans auparavant, sa cible était la jeunesse qui croyait en un monde meilleur et s´opposait à la brutalité des dictatures militaires financées par le pays du Nord. Aujourd’hui, ses cibles sont les gouvernements progressistes de la région.

C´est pour cela que nous souffrons aujourd’hui du harcèlement et du boycott économique de notre chère Venezuela, du coup d´État parlementaire au Brésil, et de la judiciarisation de la politique comme nous le prouvent les cas de Dilma Roussef, Lula Da Silva et Cristina Fernandez de Kichner, et, plus récemment, même de l´Equateur.

Les tentatives de destruction de l’UNASUR et de neutralisation de la CELAC, tentant de faire revivre la moribonde Organisation de États Américains, son évidentes, et souvent, effrontées. Ne parlons même pas de ce qui se passe actuellement pour le Mercosur. Même l´échec sonnant de l´ALCA au début du siècle tente d´être surmonté par la nouvelle Alliance du Pacifique.

En Amérique du Sud, actuellement, il ne reste que quatre gouvernements qui peuvent se qualifier comme progressistes. Je ne peux même plus compter parmi eux l´Équateur, à cause de tout ce qui se passe en ce moment dans ma Patrie.

Les difficultés économiques des pays comme le Venezuela ou le Brésil sont présentées comme des exemples du supposé « échec » du socialisme, alors que l’Uruguay, gouverné par la gauche, est le pays le plus développé au Sud du Rio Bravo, ou alors même que la Bolivie jouit des meilleurs indicateurs macro-économiques de toute la planète.

La droite veut revenir à tout prix et elle a la soif de vengeance, après dix ans de défaites successives.

Nous sommes peut-être les victimes de notre propre succès. Selon la CEPAL, pendant ces dix dernières années, presque 94 millions de personnes sont sorties de la pauvreté et font partie maintenant de la classe moyenne régionale. Ceci peut être sans aucun doute attribué aux politiques des gouvernements de gauche.

Au Brésil, 37,5 millions de personnes sont sorties de la pauvreté entre 2003 et 2013, et font aujourd’hui partie de la classe moyenne. Néanmoins, ces millions de personnes ne se sont pas mobilisées lorsqu´un parlement accusé de corruption a destitué la Présidente légitimement élue, Dilma Roussef.

Nous sommes aujourd’hui face à des personnes qui ont surmonté la pauvreté et qui maintenant, malgré l´amélioration de leurs conditions de vie, demandent encore plus, et se sentent pauvres, sans prendre comme référence ce qu’ils ont, et encore moins ce qu’ils avaient, mais plutôt ce à quoi ils aspirent. Nous appelons ce phénomène « prospérité objective et pauvreté subjective ». Ces personnes se laissent ainsi facilement emporter par les chants de sirène d´une droite qui, avec la complicité des médias, offre à tout le monde, un style de vie à la new-yorkaise.

ATTAQUES

La nouvelle droite accuse les gouvernements progressistes d’être « idéologiques » et de manquer de technique lors de la gestion du développement national. Soit ils dissimulent soit ils ne comprennent pas que le développement est fondamentalement un problème politique, où l´orientation de la politique publique est nettement idéologique et, dans notre cas, cherche la priorité du public, c´est- à- dire, des grandes majorités.

Il est flagrant de voir comment le marketing et le discours bien ficelé de la nouvelle droite cherchent des indéfinitions politiques, ses représentants n´apparaissent pas comme des leaders politiques, mais plutôt comme des PDG qui ont réussi dans le monde de l´entreprise.

Mais ce sont les médias qui assument aujourd’hui le rôle des principaux partis d´opposition. Maintenant, se sont eux les vrais représentants du pouvoir politique entrepreneurial et conservateur.

La relation qui lie les capitaux des médias au secteur financier et des affaires est scandaleuse. Lorsque je suis arrivé au gouvernement, parmi les 7 chaînes nationales de télévision, 5 étaient sous la propriété du secteur banquier. Il n’existait même pas de télévision publique.

Nos démocraties doivent s’appeler des démocraties médiatisées, parce que les médias sont un élément plus important du processus politique, que les partis politiques et les systèmes électoraux. En effet, ils ont substitué à l’État de droit l’État d’opinion. Peu importe quel ait été le programme présenté pendant la campagne électorale et ce que le peuple, le souverain de toute démocratie, ait décidé dans les urnes. Ce qui compte réellement c’est ce qu’approuvent ou désapprouvent dans leurs titres quotidiens les médias.

Bien que cela soit un problème planétaire, compte tenu des monopoles médiatiques détenus par une poignée de familles, le problème est encore plus sérieux en Amérique Latine. Les médias montrent d´importantes lacunes éthiques et professionnelles, et une insolente participation en politique.

Le débat devrait poser la question si une société peut être réellement libre lorsque la communication, et particulièrement l´information, est fournie par des entreprises privées, à but lucratif.

C´est un pouvoir sans aucun contre-pouvoir, mais personne n´ose parler de cela, par crainte d´être stigmatisé comme un ennemi de la liberté de presse, bien que, depuis que la presse est apparue, la liberté de presse n´est rien d`autre que la volonté du propriétaire de l’imprimerie.

On accuse aussi nos gouvernements d´être « populistes », un concept assez flou qui est souvent associée avec la démagogie, l´irresponsabilité et l´absence de technique, et qui sert finalement à définir tout ce qui s´éloigne de la logique du marché et des canons des démocraties libérales occidentales.

On confond souvent ce qui est populaire avec le populisme. Dans le cas de mon gouvernement, il a été très populaire mais il fut aussi un des gouvernements les plus techniques de l´histoire de mon pays.

La double morale internationale est aussi impressionnante : si Angela Merkel cherche sa réélection en Allemagne, cela est qualifié comme une démocratie mûre et avec une grande capacité de leadership. Par contre, si un dirigeant politique latino-américain fait la même chose, ceci est qualifié de dictatorial et d´autoritaire.

Finalement nous pouvons dire que la soi-disant « lutte contre la corruption » est devenue un outil efficace pour détruire les processus politiques progressistes et populaires de notre Amérique. Le cas le plus emblématique est celui du Brésil, où une opération politique très bien ficelée a abouti à la destitution de la présidente Dilma Roussef après quoi, il a été démontré qu´elle n´était pas du tout coupable de ce dont on l´accusait. En ce moment, en Équateur, le même scénario du Brésil est en marche pour écarter le Vice-Président de la République du pouvoir.

Et bien sûr, on dit toujours que la corruption est de la faute de l´État. On parle maintenant aussi d´une confrontation entre la société civile et l´État, la première qualifiée de bonne et le second de mauvais, alors que l´État n´est autre chose que la représentation institutionnalisée de la société.

Qui peut s’opposer à une vraie lutte contre la corruption ? Ce fut justement une de nos principales luttes pendant les dix dernières années, et nous avons mis fin à une corruption institutionnalisée qui existait auparavant. Mais la soi-disant lutte anti-corruption dirigée par la droite et par les médias est tout à fait fausse et est utilisée comme un instrument d´attaques politiques, à l’image de ce qu’a été l’utilisation de la lutte contre le trafic de drogues dans les années 90, ou de la lutte contre le communisme. Pour parler d´une vraie lutte contre la corruption il suffirait par exemple d´interdire les paradis fiscaux, où est finalement concentrée toute la corruption que nous avons dû affronter.

On nous parle d´un manque de contrôle, d´une certaine acceptation des systèmes de corruption. Mais je me demande : quel type de contrôle permet de détecter un pot de vin payé sur un compte secret dans un paradis fiscal ?

En Équateur, les contrôles sont si stricts qu´il est obligatoire de déclarer l´origine des virements de plus de 10 000 dollars. Par contre, dans les paradis fiscaux, il est possible de déposer des millions, sans que personne ne contrôle rien du tout.

La réalité est donc bien différente. On peut citer aussi le cas d´Odebrecht, une entreprise de construction du Brésil qui a mis en place toute une structure de corruption dans 12 pays. On constate donc que la corruption, en grande partie, vient aussi du secteur privé. Dans des pays comme l´Allemagne, jusqu´à il n´y a pas si longtemps, les entreprises pouvaient même déduire de leurs impôts les pots de vin versés dans nos pays !

Il existe donc encore une énorme hypocrisie dans le monde à propos de la lutte contre la corruption.

Sur ce, il est important de signaler que l´Équateur est le premier pays du monde qui a approuvé au travers d´un referendum, une loi qui empêche aux fonctionnaires d´effectuer des opérations de n´importe quel type dans des paradis fiscaux. Mais bien que l´utilisation de ces endroits pour cacher de l´argent illégalement accumulé soit maintenant interdite, ils continuent à exister.

CONCLUSIONS

Chers compagnons :

Ce sont des temps difficiles pour l´Amérique Latine, mais pas terribles. Nous ne sommes plus la gauche du 3% de voix. Nous sommes aujourd’hui une gauche avec une vocation à gouverner et qui a fait preuve d´importants succès.

Néanmoins, il est clair qu´il existe un retour du conservatisme, d´une droite nationale et internationale qui a vaincu son étourdissement de plus de dix ans de défaites politiques. Aujourd’hui cette droite s’est construit un nouveau discours, une nouvelle articulation, possède des ressources illimitées, elle détient le monopole des médias et profite des inévitables problèmes liés au pouvoir, comme le changement de cycle économique et des cas isolés de corruption.

Que peut-on faire face à tout cela ? Il ne nous reste qu´un seul chemin : je cite le grand Simón Bolívar, alors qu´il se retirait du Pérou soi-disant vaincu et victime de l´ingratitude.

Que peut-on faire face à tout cela ? Vaincre !

Hasta la victoria siempre !

Rafael CORREA
Marseille, 25 août 2017.

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Os Direitos-Homistas: La supercherie du droit-de-l’hommisme – Par Bruno Guigue

Hormis les réactionnaires qui pensent que les hiérarchies sociales sont fondées en nature et qu’il y a des hommes faits pour commander et d’autres pour obéir, tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut défendre les droits de l’homme. Mais il faut admettre que les uns et les autres ne parlent pas de la même chose. Si l’on entend par cette expression la possibilité pour chacun de jouir du bien commun, alors l’accès à l’emploi, au logement, aux soins et à l’éducation fait partie des droits de l’homme – ou des droits humains, ne jouons pas sur les mots – au même titre que la liberté d’expression ou le choix de son orientation sexuelle. Prendre au sérieux les droits de l’homme, c’est y inclure les droits collectifs, c’est-à-dire la possibilité de vivre dans des conditions matérielles décentes.

Les militants des droits de l’homme, pourtant, ne s’intéressent qu’aux droits individuels et délaissent ostensiblement les droits collectifs. Que des individus soient emprisonnés ou empêchés de s’exprimer par des gouvernements autoritaires leur est insupportable, mais que des masses d’affamés subissent la loi d’airain du capital mondialisé leur est indifférent. Leur compassion pour l’humanité souffrante est étrangement sélective. Ils ne se mobilisent que pour des minorités ou des individus isolés, ils agissent au cas par cas en sélectionnant les individus ou les groupes qu’ils jugent dignes de leur attention, et on ne les voit jamais prendre fait et cause pour une classe socialement opprimée.

Le vocabulaire de la plupart des ONG – majoritairement anglo-saxonnes – en témoigne clairement. Elles entendent combattre la discrimination et non l’exploitation, l’exclusion et non la pauvreté, la privation de liberté infligée à quelques-uns et non la misère imposée au grand nombre. Leur philosophie est celle de l’individualisme libéral, qui ne connaît que des individus porteurs de droits et se soucie peu de savoir s’il y a parmi eux des riches et des pauvres. Ne parlons pas de la lutte des classes, ce gros mot qu’elles ne veulent même pas entendre prononcer. La seule lutte qui compte à leurs yeux, c’est celle qui vise à aligner des individus abstraits sur un standard restreint aux libertés formelles – et individuelles – en oubliant allègrement que ces libertés n’existent que sous certaines conditions.

Pour tout dire, le droit-de-l’hommisme ordinaire occulte le fait que ces libertés individuelles ne sont effectives que si les droits collectifs sont garantis par des structures sociales qui les favorisent. En d’autres termes, les droits individuels ne sont réels que si les individus sont correctement nourris, logés, éduqués et soignés, et ces conditions ne sont réunies à leur tour que si un rapport de forces entre classes sociales les inscrit dans la durée. Bref, les droits-de-l’hommistes oublient tout bonnement que les individus ne sont rien sans la société et que les droits individuels dont on réclame l’application ne sont que du vent si la société est divisée en dominants et dominés.

Cette indifférence aux conditions d’exercice des droits dont ils font pourtant leur fonds de commerce n’est pas étonnante. Petits-bourgeois des pays riches, les défenseurs des droits de l’homme défendent les droits dont ils jouissent, dont ils pourraient jouir ou dont ils voudraient que jouissent ceux qui leur ressemblent. Pourquoi dépenseraient-ils leur énergie à lutter contre la faim dans le monde quand leur assiette est pleine ? Pourquoi se battraient-ils pour l’appropriation collective des richesses puisqu’ils n’ont aucun problème de fin de mois ? En luttant pour les droits de l’homme, ils aspergent d’eau bénite leurs états d’âme de nantis que leurs conditions d’existence n’amènent jamais à interroger les ressorts de l’oppression et de l’injustice qu’ils ont constamment à la bouche, mais sans savoir de quoi ils parlent.
Que les pauvres soient pauvres importe peu à leurs yeux, car les pauvres revendiquent en général autre chose que la reconnaissance de droits individuels rendus impossibles par l’absence de droits collectifs. Lorsque l’extrême richesse côtoie l’extrême pauvreté, revendiquer la liberté d’expression avec un minimum de sérieux impliquerait d’exiger l’expropriation des capitalistes qui contrôlent la presse afin de créer les conditions d’une information plus objective. Mais on n’a jamais entendu un droit-de-l’hommiste formuler ce genre de revendication. Le contrôle des médias ne s’expose à sa foudre vengeresse que s’il est exercé par de méchants dictateurs qui défient le nouvel ordre mondial. Pour les autres, il n’y a pas de problème.

Sélective, cette indignation pseudo-humaniste choisit ses victimes. Les autres peuvent crever. Lors de la chute du communisme, en 1991, les organisations droits-de-l’hommistes ont crié victoire. L’idéologie des droits de l’homme ayant été inventée pour lutter contre l’URSS, cette victoire finale sembla consacrer leur vision du monde. Mais aucune de ces organisations n’a souligné que les prisons soviétiques étaient vides depuis longtemps et que le totalitarisme dont la philosophie politique des années 70 faisait un mal absolu était une coquille vide. On ne s’émut pas davantage, chez les humanistes, en constatant que sous la présidence Eltsine (1991-2000) l’espérance de vie régressa de dix ans sous l’effet des réformes structurelles dictées à la Russie par le FMI. C’est normal. Les petits vieux qui meurent en masse dans le paradis capitaliste n’intéressent pas les défenseurs des droits de l’homme.

L’humanité souffrante dont se soucient des ONG pétries d’humanisme se résume à un agrégat indistinct d’individus abstraits, atomisés, dont le sort n’est intéressant que s’il témoigne d’une violation de leurs droits individuels, de préférence dans un pays exotique dont le procès est instruit par la doxa occidentale. Mais on n’a jamais vu “Amnesty International” – dont le seul intitulé relève de la publicité mensongère – s’insurger contre le fait que 800 millions de personnes souffrent de malnutrition, ou que des centaines de milliers d’ouvrières sont surexploitées par les multinationales occidentales dans les “maquiladoras” de la frontière mexicaine. On répondra sans doute que ce n’est pas l’objet social de cette organisation, et je répondrai à mon tour que c’est précisément le problème sur lequel il convient d’insister.

Cette triple sélectivité dans le choix des droits en question, des individus concernés, et enfin des pays sur lesquels on braque le projecteur, explique donc beaucoup de choses. Elle explique que l’on fasse le tri parmi les victimes en évitant soigneusement d’incriminer les structures – celles de l’exploitation capitaliste mondialisée – qui sont responsables de 90% des malheurs qui frappent l’humanité. Elle explique aussi la fascination des ONG droits-de-l’hommistes pour la défense des LGBT. La lutte contre les discriminations qu’ils subissent est légitime, mais il faut être lucide sur l’effet de cantonnement qu’elle génère. Car cette cause, aux yeux du droit-de-l’hommisme petit-bourgeois, présente l’avantage de transcender la division sociale, d’évacuer la question des rapports de classe, bref de conférer à la lutte pour les droits humains une universalité abstraite qui sert les intérêts dominants.

La sélectivité du droit-de-l’hommisme permet aussi de comprendre pourquoi la condamnation des violations incriminées épouse toujours un axe nord-sud. Aucune ONG vénézuélienne ne mène campagne contre la mainmise d’une poignée de milliardaires sur la quasi-totalité des médias en France ou aux USA. En revanche, les ONG occidentales dénoncent sans relâche les violations de la liberté de la presse au Vénézuéla, alors que la presse, loin d’y être opprimée par le pouvoir, appartient à une poignée de capitalistes qui combattent le gouvernement. Machine de guerre contre les Etats récalcitrants, le droit-de-l’hommisme bénéficie donc de financements colossaux, à l’image de ces “Casques blancs” qui jouent au djihadiste côté cour et au brancardier côté jardin grâce aux 15 millions de dollars versés par des fondations britanniques. Moyennant une trousse à maquillage, ils arrivent même à fabriquer des victimes pour émouvoir le populo scotché devant les petites lucarnes.

Ces exemples montrent également que la fonction expresse de l’idéologie droit-de-l’hommiste – servie par ces appareils idéologiques de masse que sont les ONG – est de saper la souveraineté des Etats qu’elle a pris pour cibles. De la fondation Open Society aux officines qui participent aux conflits armés sous couvert d’action humanitaire en passant par les révolutions de couleur organisées de l’étranger, la galaxie droit-de-l’hommiste intervient partout, distribuant subventions, éléments de langage et certificats de moralité à qui-mieux-mieux dans le seul but de semer le désordre dans des pays dont la liste est fournie par la CIA et dont le seul tort est de faire obstacle à l’hégémonisme occidental. La Russie en sait quelque chose, et on comprend qu’elle ait neutralisé cette poignée d’exhibitionnistes à moitié débiles (Femen) dont l’activisme desservait les intérêts du peuple russe.

Savamment orchestrée au nom des droits de l’homme, toute cette agitation a pour but de vider de sa substance le droit des peuples à s’organiser comme ils l’entendent. Dirigée contre le droit des nations à disposer d’elles-mêmes, cette ingérence fait peser une menace d’implosion sur les sociétés dont l’essor ou la résistance déplaît à Washington, Londres ou Paris. Pratiquée à grande échelle, l’intervention militaire chez les autres n’a pas toujours donné les résultats escomptés. Elle est désormais remplacée par cette épée de Damoclès planant sur la tête de tous ceux qui osent défier l’Empire et contester le monopole du dollar. Faute de pouvoir vitrifier ses opposants étrangers à l’arme lourde, un Occident arrogant brandit alors l’étendard de l’internationalisme humanitaire. Relayé par un gauchisme qui dissout ses illusions perdues dans le pathos et oublie Trotsky avec BHL, il agite frénétiquement le miroir aux alouettes des droits de l’homme, éblouissant beaucoup de bonnes âmes qui ne voient pas que cette idéologie est le faux-nez de l’impérialisme.

L’Occident a beau croire qu’il a découvert la pierre philosophale, la conception des droits de l’homme, pourtant, n’est pas univoque. Pour les Chinois, le premier des droits est celui de ne pas mourir de faim. Cette priorité n’est pas celle de la gauche occidentale, sinon elle mobiliserait davantage d’énergie à lutter contre la faim dans le monde qu’à promouvoir les droits des minorités. Mais cette divergence n’est pas une raison suffisante pour dire que les idées chinoises ne valent rien. “A plusieurs, nous sommes moins sujets à l’erreur que lorsque nous sommes seuls à décider”, disait Aristote. On veut bien admettre qu’un milliard 379 millions de Chinois puissent se tromper, mais on peine à croire que ce soit le cas tout le temps, d’autant que leur pays qui était un champ de ruines en 1949 est aujourd’hui la première puissance économique du monde. A défaut de quelques coups bien mérités sur le museau, un peu d’humilité éloignerait homo occidentalis de son penchant indécrottable à donner des leçons à la terre entière.

Bruno Guigue

Como é belo o mundo livre! – por Bruno Guigue

 

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Pródigo em boas palavras, o Ocidente pretende ser a personificação dos valores universais. Este modelo de democracia, este campeão de “direitos humanos” apela sempre às suas supostas virtudes em apoio das suas pretensões hegemónicas. É como se uma boa fada se atarefasse a fazer coincidir a sua moral com os seus interesses, revestindo as suas ambições com as roupagens da justiça e do direito. É assim que o “mundo livre” bombardeia países estrangeiros com fins “democráticos”, mas de preferência países ricos em petróleo, gás ou recursos minerais. Combinando a fé com a rapacidade capitalista, age como se pudesse converter o seu poder económico em privilégio moral.

O resto do mundo não é fácil de enganar, mas não importa. O “mundo livre” tem sempre razão, porque está do lado do Bem, e não arrisca ser contraditado, enquanto for o mais forte – pelo menos é o aquilo em que acredita tão firmemente como ferro. A barbaridade congénita que atribui aos outros é o inverso do seu autoproclamado monopólio da civilização. Aureolado do sacrossanto “direito de ingerência”, este casamento bem-sucedido de saco de areia à maneira dos GI e do saco de arroz à maneira Kouchner [NR] , o Ocidente tornado vassalo por Washington imagina sem dúvida que salva o mundo, submetendo-o à implacável razia exigida pelos abutres da finança e as multinacionais do armamento.

Este objectivo de domínio, sabemos, não começou ontem. Inscreve-se no longo período histórico caro a Fernand Braudel, da constituição de uma “economia-mundo”. Objectivo de longo alcance do mundo ocidental pela sua vantagem tecnológica, e iniciado desde a “Renascença” para a conquista de todo o planeta. Pacientemente, apropriou-se do mundo dos outros, moldou-o à sua imagem, obrigou-o a obedecer-lhe ou a imita-lo, eliminando de passagem todos os que julgou não assimiláveis. Sem que este estratagema de enganos viesse perturbar as suas certezas, o Ocidente pensa-se como uma metáfora do mundo. Ele era apenas uma parte, mas quer ser o todo, da mesma forma que hoje países que não representam mais que 10% da população mundial, se assumem como a “comunidade internacional”.

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A conquista colonial ilustra ao longo dos três últimos séculos esta propensão do Ocidente para estender sua influência para além das suas fronteiras, alegando levar os benefícios da “civilização”. Este projecto de dominação global foi posto em xeque pela revolta generalizada dos povos colonizados no século XX, mas conheceu uma segunda hipótese com a excrescência norte-americana. A “América”, este extremo Ocidente descoberto por um Cristóvão Colombo em busca do Extremo Oriente, herdou do velho continente, a sua ambição conquistadora e a sua ganância comercial. Convertendo a sua ausência de passado em promessa de futuro, estes “EUA” surgidos do nada na atmosfera do puritanismo anglo-saxónico têm ampliado essa ambição tudo unificando em seu proveito. Ao preço do genocídio dos nativos americanos, a “América” tornou-se assim a nova metáfora do mundo.

Não é certo que o mundo tenha ganho com a troca. Os impérios coloniais sucumbiram ao seu arcaísmo insuportável, enquanto a hegemonia americana é exercida, através dos múltiplos canais da modernidade tecnológica, do Google aos drones de combate. De repente, parece ao mesmo tempo mais dúctil e mais tenaz. O que lhe dá flexibilidade também lhe fornece persistência. Entre o capacete branco do administrador colonial europeu e o visor digital da cibernética militar dos EUA, ocorreu uma revolução que substituiu uma dominação abrupta, liquidada por uma descolonização sangrenta, por um negócio hegemónico multiforme. Herdeiros dos três “M” do colonialismo clássico, as ONG feitas nos EUA substituíram os “missionários” cristãos, os “mercadores” tornaram-se multinacionais e os “militares” são agora revestidos de alta tecnologia.

Fortes da boa consciência tacanha dos “nascidos de novo” do Middle West, o império americano projecta hoje no mundo o seu maniqueísmo devastador. De olhos abertos sonha com uma partilha final entre os bons e os maus, pilar inabalável de um etnocentrismo sem complexos. O direito está forçosamente do seu lado, uma vez que incorpora os valores fundamentais da “democracia liberal”, “direitos humanos” e “economia de mercado”. É claramente uma ideologia bruta, máscara fraudulenta dos interesses mais sórdidos, mas devo admitir que é eficaz. Se assim não fosse, haveria poucas pessoas no mundo a acreditar que os EUA ganharam a Segunda Guerra Mundial, que o capitalismo é um bom sistema, que Cuba é um Gulag tropical, que Assad é pior do que Hitler e que a Coreia do Norte ameaça do mundo.

Desta presumida intimidade com o Bem os acólitos do Império Norte-Americano deduzem logicamente um direito preventivo de caça ao Mal em todas as latitudes. Nenhum escrúpulo deverá inibir o seu frenesim salvador, a civilização no singular de que acredita ser a encarnação leva a prerrogativa expressa de reduzir a barbárie por todos os meios. É assim que o imperialismo contemporâneo funciona como uma espécie de tribunal universal, que distribui recompensas e inflige punições a quem bem lhe parece. Neste tribunal altamente “moral” a CIA ocupa lugar de juiz de instrução, o Pentágono o de braço secular e o Presidente dos Estados Unidos de juiz supremo, espécie de “deus ex machina” duma justiça divina que fustiga com raios os supostos do “eixo do mal”‘ e outros que causam problemas ao bom funcionamento do “Império do Bem” nas sua traseiras.

Manifestamente esta tendência para se considerarem a personificação da Moral situa-se do lado das estruturas, porque a sucessão conjuntural – e agitada – dos inquilinos da “Casa Branca” – nada muda. Em Washington, a cruzada contra os bárbaros serve invariavelmente de máscara à cupidez sem limites do complexo militar-industrial e ao objectivo secular do Estado profundo de Harry Truman a Donald Trump passando por Barack Obama. Da Coreia à Síria, passando pelo Vietname, Indonésia, Angola, Moçambique, El Salvador, Nicarágua, Chile, África do Sul, Sérvia, Afeganistão, Sudão, Somália, Iraque e Líbia, a morte é administrada directamente ou através ou de “servidores” para todos aqueles que se opõem ao reinado da “justiça universal”.

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Para executar o seu trabalho sujo, a “América” benfeitora tem sabido usar mão-de-obra local. Franco, Hitler e Mussolini (até 1939), Chiang Kai-Kak, Somoza, Syngman Rhee, Ngo Dinh Diem, Salazar, Batista, Mobutu, Marcos, Trujillo, Pik Botha, Duvalier, Suharto, Papadopoulos, Castelo Branco, Videla, Pinochet, Stroessner, Xá Reza Pahlevi, Zia Ul Haqq, Bin Laden, Uribe, rei Salmane, Netanyahu, os nazis ucranianos e os “terroristas moderados” do Médio Oriente têm fornecido uma ajuda valiosa.

Líder incontestado do maravilhoso “mundo livre”, a “América” pretende encarnar a civilização no momento em que ameaça populações inteiras com armas atómicas, napalm ou mísseis de cruzeiro, em vez de infligir a morte lenta pelo agente laranja, urânio enriquecido ou embargo sobre medicamentos. E não tem falta de zeladores, jurando que presta serviços insubstituíveis à humanidade, enquanto obviamente a derrota deste Império criminoso seria uma excelente notícia.

12/Agosto/2017

[NR] Bernard Kouchner: político francês, fundador dos Médicos Sem Fronteira.

[*] Analista político, francês, ver Wikipedia .

O original encontra-se em www.legrandsoir.info/qu-il-est-beau-le-monde-libre.html . Tradução de DVC.

Este artigo encontra-se em http://resistir.info/ .

Mais um Artigo de Jornal a Chorar pelos Homossexuais na Rússia

Tanta concentração de artigos exclusivamente na Rússia a propósito do problema dos homossexuais faz pensar que só na Rússia os homossexuais têm problemas. Ninguém se lembra do que se passa na maioria dos países de África Oriental, nos países islâmicos e em alguns outros?! Na Rússia os homossexuais enfrentam apenas a proibição de manifestações públicas e provavelmente de discriminação moral, embora não haja reclamações sobre isso (menos numa república islâmica da Federação Russa de cujo nome não me recordo). Mas na Rússia a homossexualidade não é punida pela lei geral. Em muitos dos outros países, as práticas homossexuais, privadas porque neles nem passa pela cabeça manifestações púbicas, são punidas severamente através de condenações, desde penas de prisão até à condenação à morte. Mas devem países nossos amigos.

Quanto a certas bocas sobre a homofobia dos comunistas tenho aqui uma surpresa. Durante o governo de Estaline a homossexualidade voltou a ser criminalizada, ainda que nada conste na Constituição de 1936, depois de ter sido descriminalizada pelo governo de Lenine. Mas não é que nos Estados Unidos (EUA), para só falar no seu querido país, o mais desenvolvido e liberal do capitalismo, as leis contra a homossexualidade foram revogadas Estado a Estado entre 1970 e 2003? E esta hem!  

Mapa das leis de sodomia nos EUA, considerando a data em que foram revogadas.

  Leis revogadas antes de 1970.

  Leis revogadas entre os anos de 1970-1979.

  Leis revogadas entre os anos de 1980-1989.

  Leis revogadas entre os anos de 1990-1999.

  Leis revogadas entre os anos de 2000-2002.

“O governador do estado do Mississipi, que fica no sul dos Estados Unidos, assinou nesta terça-feira uma lei que permite aos proprietários de estabelecimentos comerciais e aos funcionários públicos recusar atendimento a casais homossexuais com base em suas crenças religiosas, o que desencadeou críticas por parte da comunidade LGBT”.

Homossexuais e Rússia (ou a Chechénia)

Os mesmos que se indignam com a suposta perseguição (bem provável, por se tratar de uma república islâmica, mas a duvidar de certas informações devido à propaganda anti-russa) aos homossexuais na República da Chechénia, pertencente à Federação Russa, e com os insultos à homossexualidade, empregam epítetos bem piores contra os comunistas (escumalha da Humanidade, genocidas, antidemocratas, desprezando os mais elementares direitos humanos, como o direito à vida, à propriedade e à liberdade, de expressão, de estilo de vida e de criação de partidos políticos) e chegaram mesmo a sugerir em comentários anteriores a proibição de actividades comunistas (já há vários países capitalistas avançados onde elas foram banidas ou onde os partidos comunistas não podem exercer actividade e ir a votos). 

É evidente que a formação social capitalista avançada chegou a um ponto em que tolera tudo, além de comercializar tudo – no seu liberalismo confiante, mercantil, oportunista e, reconheça-se, crente em todas as liberdades menos naquelas que comprometam o capital -, exceptuando, pois, a discussão da propriedade. Pode mesmo participar-se na discussão dos orçamentos e projectos locais, ser-se activista em associações cívicas de âmbito ecológico, minoritário, caritativo, cultural, ter-se sindicatos que lutem pela melhorias das condições de trabalho e de vida. Pode, com certeza, votar-se no partido que julgamos representar-nos bem. E alguma coisa sempre muda para melhor. No entanto, quem decide finalmente nos assuntos fundamentais, a respeito das relações de propriedade, do orçamento, do ensino, da política externa, da paz e da guerra, do planeamento do território, da questão da identidade e da autonomia nacionais, continuam a ser os agentes políticos do grande capital nacional e internacional. Por isso, mantêm-se, como leis da Natureza, a extrema riqueza e a extrema pobreza, o mais das vezes disfarçada, a desigualdade de meios entre as nações, a opressão laboral, a exaustão do planeta, a desordem territorial, a destruição do património edificado e do natural, a repressão a vários níveis e em diversos domínios da existência da expressão da individualidade, a guerra que tudo leva menos a perspectiva de novos negócios e da instauração de regimes que perpetuem, numa luta geo-estratégica interminável, o poder dos mais fortes a nível global e local. Vivemos, pois, num mundo livre – livre para os poderosos. Mas é por causa deste relativo avanço civilizacional – atribuível tanto às necessidades de liberalismo político e moral para o desenvolvimento industrial e para a concorrência e o crescimento económicos quanto às lutas democrático-liberais burguesas e às lutas proletárias anticapitalistas, libertário-democráticas noutro sentido – que a ideologia dominante das nações integradoras da formação social capitalista desenvolvida está convencida e convence da superioridade moral do sistema que defende face ao atraso simultaneamente económico, democrático e moral dos outros países. As guerras perpetradas pelos Estados altamente civilizados contra os Estados bárbaros são assim legitimadas, tal como é justificado o combate dos higienistas contra as pragas.

Toda esta conversa se resume a isto: propriedade privada dos meios de produção ou socialização dos meios de produção. Para a maioria, a existência de donos dos meios de produção é sinónimo de civilização e é um facto natural; para uns poucos resultou de um “roubo”, ainda que legal quando o Estado surgiu e em parte se confundiu, nas pessoas  ou nos interesses, com aqueles que se apropriaram dos campos, do gado, das oficinas, das minas, etc.. A questão central é: a exploração do homem pelo homem é um facto da Natureza ou não? Todos os outros tópicos (muito importantes sem dúvida mas manipulados) só servem a grande parte dos comentadores de serviço para distrair o pagode. Por fim, toda a política se reduziria, semelhante a contos infantis maniqueístas, à luta entre os bons dos democratas e tolerantes e os maus dos tiranos e preconceituosos.

Se compreendermos que os direitos humanos formais se prendem essencialmente com a propriedade e com a liberdade de expressão, além do básico direito à vida, e que a expressão é sobretudo a da liberdade dos grandes detentores da propriedade (tem que se estar bem caladinho no emprego e seguir as linhas ideológicas gerais no ensino), ficamos a saber que é precisamente na propriedade (dos meios de produção) que está o ponto. Propriedade ou não propriedade – eis a questão.

Alugar o corpo, do próprio ou até de outrem (fazendo negócio com o sexo alheio)? Não há problema. É tudo relativo e o ser humano tem preço.

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Notícias ao Minuto (10-02-2017):

“Comete crime de lenocínio “quem, profissionalmente ou com intenção lucrativa, fomentar, favorecer ou facilitar o exercício por outra pessoa de prostituição”, sendo “punido com pena de prisão de seis meses a cinco anos”, de acordo com o Código Penal.

O tipo legal do crime de lenocínio visa a proteção da liberdade e da autodeterminação sexual da(o) prostituta(o), inserido na parte dos crimes contra a liberdade sexual.

“Não se pode presumir, de forma categórica e inilidível, que quem fomente, favoreça ou facilite a prostituição, ao fazê-lo, pura e simplesmente, põe em risco a liberdade sexual de quem se prostitui”, sustenta o TRP, num dos argumentos apresentados.

Os juízes desembargadores João Pedro Nunes Maldonado e Francisco Mota Ribeiro votaram a favor da inconstitucionalidade do crime de lenocínio, enquanto o juiz desembargador António Gama apresentou voto de vencido, pelo que a decisão não foi unânime.

O acórdão da Relação do Porto faz menção a uma decisão do Tribunal Constitucional, proferida em dezembro de 2016, que considera constitucional o crime de lenocínio. Na ocasião, três juízes votaram neste sentido, contra dois, sendo que um dos votos contra esta decisão pertenceu ao presidente do Tribunal Constitucional, Costa Andrade.

A Relação do Porto discorda do Tribunal Constitucional e dos seus fundamentos.

“(…) Assentam em estudos de natureza acientífica, ligados à área dos conhecimentos sociais e empíricos, carecendo de demonstração metódica, organizada e racionalmente interpretada a associação da prostituição a situações de carências sociais elevadas e que qualquer comportamento de fomento favorecimento ou facilitação da prostituição comporta uma exploração da necessidade económica ou social do agente que se prostitui”, frisa o TRP.

Ou seja, além da imoralidade, os juízes mostram ignorância e atribuem-na aos outros.

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