Pour un socialisme du bien vivre – Rafael CORREA

Le Grand Soi

Conférence faite en français à Marseille, par l’ancien président de l’Equateur

Pour un socialisme du bien vivre

Vendredi 25 août à Marseille, les AmFis d’été de la France insoumise accueillaient un invité exceptionnel en la personne de Rafael Correa, ex-président équatorien (2007-2017).

Voici l’intégralité de la conférence qu’il a prononcée, en français, sur “le socialisme du bien-vivre”. Il est également revenu sur son expérience à la présidence de l’Équateur et a analysé l’évolution politique de l’Amérique latine.
Son intervention s’est achevée dans un tonnerre d’applaudissements et sous les cris de “Correa amigo, el pueblo esta contigo” (’’Correa, notre ami, le peuple est avec toi’’).

INTRODUCTION

Après avoir vécu non seulement une crise économique, sociale et démocratique, fruit du fondamentalisme néolibéral, mais aussi une crise de leaders et d’idées, une grande partie de l´Amérique Latine a réussi à s´éloigner du joug des technocrates obséquieux et de l´orthodoxie aveugle qui nous a mené à la ruine. Nous avons eu l´audace de penser à nouveau par nous-mêmes, à repenser notre propre notion de « l´économique et de la politique ». C´est ainsi qu´a surgi le Socialisme du Bien Vivre.

Le socialisme du Bien Vivre se nourrit de la conjugaison réflexive de plusieurs socialismes : le classique, le scientifique, mais aussi le socialisme agraire d´Emiliano Zapata, le socialisme andin du péruvien José Carlos Mariátegui, la Doctrine Sociale de l´Eglise, de la Théologie de la Libération, ainsi que de la longue histoire marquée par les luttes émancipatrices de nos peuples.

Le socialisme du Bien Vivre ne se réduit pas à des modèles, mais se base plutôt sur des principes. Nous rejetons les recettes toutes faites et les dogmes. La pire des erreurs, surtout si la gauche est au gouvernement est d’agir en fonction de ses fixations mentales, de ses expectatives idéologiques et non pas en fonction de la réalité.

Nous partageons avec le socialisme traditionnel le besoin de l´action collective, de l’importance du rôle de l´État, de la défense de ce qui est public face au simplisme individualiste ; de la recherche permanente et fondamentale de la justice dans toutes ses dimensions, unique manière d´atteindre la vraie liberté ; de la suprématie de l´être humain sur le capital ; et de l´importance de générer des valeurs d’usage, c’est-à-dire, des biens publics nationaux et globaux.

Le socialisme du Bien Vivre est l´héritier de toutes les meilleures manifestations du socialisme traditionnel, mais s’y confronte aussi avec courage et esprit critique, sans crainte de pensée, les dogmes que l´Histoire s’est elle-même chargée d´enterrer.

L’ACTION COLLECTIVE ET LE RÔLE DE L’ÉTAT

Une des erreurs commises par la gauche traditionnelle a été celle de nier l’existence du marché. Les marchés sont une réalité économique. Mais il est sans doute bien différent de parler de sociétés AVEC un marché, que de sociétés DE marché, où les vies, les personnes et la propre société ne sont qu’une marchandise en plus.

La société ne peut pas exister en fonction des nécessités mercantiles, c’est le marché qui doit exister en fonction des nécessités sociales. Le marché est un magnifique serviteur, mais un très mauvais maître. C’est donc pour cela que sont indispensables l’action collective et un rôle adéquat de l’État pour gouverner le marché et le faire porter les fruits socialement désirés.

Voici ce que la droite traduit comme une limitation de la liberté. Pour eux, la liberté équivaut à la non intervention, alors que, pour nous, la liberté est la non domination. C’est- à- dire que nous cherchons à doter les individus de capacités et, en tant que société, à assumer le devoir de réguler les pouvoirs qui peuvent nous dominer.

Nous ne pouvons pas permettre qu’on nous vole le principe de liberté. Il n’est pas en contradiction avec la justice. De surcroît, dans des sociétés aussi inégales que les latino-américaines, c’est seulement à travers de la justice que nous arriverons à une vraie liberté.

Il est évident que tout est une question politique. La gauche doit revendiquer la politique. On nous présente la politique comme un monde nécessairement sombre, corrompu et méchant. Tout cela est une stratégie pour maintenir le statu quo et empêcher quelconque changement dans les relations de pouvoir. La satanisation du pouvoir politique en Amérique Latine est une stratégie pour immobiliser tout processus de changement, pour nous faire croire que nous n’avons pas besoin d’hommes politiques, mais seulement de managers.

Le développement est en essence, une question politique. C’est ensuite que viennent les questions techniques. Le problème fondamental réside dans qui détient le pouvoir dans une société : les élites ou les grandes majorités ? Le capital ou les êtres humains ? Le marché ou la société ?

Tout au long de son histoire, l’Amérique Latine a été dominée par des élites qui ont exclu les grandes majorités des bénéfices du progrès. Leur attitude rentière a même fait obstacle à un progrès majeur pour elles-mêmes. Aujourd’hui, à l’échelle mondiale, nous sommes dominés par les intérêts du grand capital, ce que j’appelle « L´empire du capital », particulièrement du capital financier.

C´est justement là que réside l’essence même de la Révolution Citoyenne : dans le changement des relations de pouvoir en faveur des grandes majorités. La transformation de l’État bourgeois dominé et au service d’une minorité, dans un État véritablement populaire, au service du bien commun et de l’intérêt général.


DÉCENNIE GAGNÉE

Grâce à ce changement dans les relations de pouvoir, nous avons réussi à atteindre en Équateur ce que nous appelons la « décennie gagnée », c’est à dire un pays totalement différent de celui que nous avons reçu en 2006.

Nous avons doublé la taille de l’économie. Malgré deux années extrêmement difficiles et la contrainte de ne pas avoir de monnaie nationale, nous avons atteint un taux de croissance supérieur à la moyenne de la région latino-américaine. Nous sommes passés du statut de pays de rente basse à un pays de rente moyenne. De même, nous sommes passés d’un développement humain moyen à un développement humain élevé. Selon des études internationales nous sommes le pays qui a su le mieux profiter du boom pétrolier.

D’après la Commission Économique pour l’Amérique Latine, des Nations Unies (CEPAL), nous nous trouvons aujourd’hui parmi les trois pays les moins inéquitables de l´Amérique du Sud, alors que 10 ans auparavant nous nous trouvions parmi les pays les plus inéquitables. Nous avons aussi réussi à réduire de 16,5 points de pourcentage la pauvreté multidimensionnelle – c´est-à-dire la définition la plus complète de la pauvreté – ce qui équivaut à 1,8 millions d’Équatoriens qui sont sortis de la pauvreté. Nous pouvons nous vanter d´avoir attaqué les causes structurelles de cette pauvreté et non pas de l´avoir maquillée. La pauvreté s´est notamment réduite grâce à la croissance économique mais surtout grâce à la redistribution des revenus. Lors de la décennie précédente, avec le néolibéralisme, la croissance économique a réussi à avoir un effet total de réduction de la pauvreté. Par contre, une plus grande concentration de la richesse a eu tendance à l’augmenter.

Le développement social a fait de grands pas en avant avec un système éducatif qui, d´après l´UNESCO est celui qui progresse le plus en Amérique Latine. En ce qui concerne l´infrastructure productive, nous sommes considérés comme le pays le plus avancé en voirie de la région, alors qu’auparavant nous étions parmi les pires. L’Équateur a réussi à atteindre la souveraineté énergétique. Aujourd’hui nous exportons de l’énergie, alors qu’avant nous en importions. De manière générale, nous avons une compétitivité systémique largement supérieure qu’il y a dix ans.

Nous avons aussi vécu une « décennie gagnée » en stabilité politique, en ce qui concerne l’institutionnalisation et l’efficacité de l´État et la solidité de notre démocratie. Avant notre gouvernement, nous avons connu 7 présidents dans l’espace de 10 ans, et aucun des 3 présidents élus n’a réussi à finir son mandat.

Le 24 mai 2017, lorsque j’ai laissé la Présidence de la République de l’Équateur, pour la première fois en vingt ans, un président élu passait le pouvoir à un autre président légitimement élu.

LA TEMPÊTE PARFAITE

Lors des deux dernières années nous avons souffert ce que j’appelle la « Tempête parfaite » : le crash des exportations et une simultanée appréciation du dollar, monnaie d’utilisation nationale, combinaison qui détruit l’économie. Les dépréciations de la monnaie dans nos pays voisins ont atteint jusqu’à les 80% comme fut le cas de la Colombie, mais il nous a été impossible de répondre monétairement puisque nous n’avons pas de monnaie nationale.

Fin 2016, notre total d’exportations fut équivalent à 64% de la valeur correspondante en 2014, ce qui signifie une réduction d’à peu près 10 milliards de dollars, plus de 10% du PIB.

En ce qui concerne le niveau fiscal nous avons perdu près de 12,5% du PIB de revenus nets car nous avons été menés, pour la première fois dans notre histoire, à transférer des ressources fiscales pour que les entreprises pétrolières publiques ne fassent pas faillite. Nous avons aussi dû subir des verdicts légaux en faveur d´entreprises transnationales de pétrole, qui nous ont obligés à payer une sanction supérieure à 1% de notre PIB en quelques mois. Finalement nous avons fait face à la plus grande tragédie du pays depuis ces soixante-dix dernières années avec le tremblement de terre de 7,8 sur l’échelle de Richter, qui a secoué nos côtes le 16 avril 2016 et qui a coûté la vie de centaines de nos compatriotes ; réduisant les chiffres de croissance de 0,7% et produisant ainsi des pertes de plus de 3% du PIB. Ce séisme a eu plus de 4000 répliques, quelques-unes d’entre elles de plus de 6 sur l’échelle de Richter, c’est-à-dire comparables avec le tremblement de terre qui a détruit en août de l’année dernière la ville italienne d´Amatrice.

Jamais dans l´histoire de mon pays, nous n´avions cumulé autant de chocs externes négatifs en si peu de temps.

Peu avant le tremblement de terre, le Fond Monétaire International prévoyait un décroissement de 4,5%. Finalement nous avons réussi à terminer l´année 2016 avec 1,5% de décroissance. Le premier trimestre de 2017, l´économie de l´Équateur a crû de 2,6%, ce qui signifie que nous avons surmonté la récession en un temps record et avec des coûts minimes.

Lénine disait que la politique est de l´économie concentrée. Il est vrai que la politique dépend fortement de l´économie. Cependant, nous avons tellement fait ces dix dernières années que nous avons quand même réussi à gagner les élections dans un contexte de récession.

Le poids des mesures que nous avons dû prendre pour protéger le secteur externe et pour financer la reconstruction des zones dévastées par le tremblement de terre, sont tombées sur les plus riches. Lors des deux dernières années, malgré la décroissance économique, il n’y a pas eu d’augmentation des inégalités ni de la pauvreté, ce qui est inédit en Amérique Latine.

La droite et l´opposition à notre gouvernement ont argumenté que le succès du modèle équatorien est dû au boom des commodités, ce fameux boom qui aujourd’hui n´est plus une réalité.

Il est clair qu´il est plus facile de gouverner pendant les époques d´expansion que de récession, mais malgré cela, le modèle socialiste a eu plus de succès dans les deux cas. Le système de protection sociale mis en place lors de la dernière décennie, comme par exemple la santé gratuite, l´éducation gratuite, l´Université gratuite, et l´allocation chômage, ont défendu les droits des plus vulnérables pendant ces dures années.

RESTITUTION DU CONSERVATISME

Pendant ce temps-là, que se passait- il au niveau régional ?

Une fois passée la longue et triste nuit néolibérale des années quatre-vingt-dix, qui a plongé dans la faillite plusieurs nations dont l´Équateur, et à partir du moment où Hugo Chavez a gagné les élections au Venezuela en 1998, les gouvernements de droite et soumis aux pouvoirs de toujours, ont commencé à tomber comme des châteaux de cartes, laissant place, tout au long de notre Amérique, aux gouvernements populaires du socialisme du Bien Vivre.

Lors de son apogée en 2009, des 10 pays qui composaient l´Amérique du sud, 8 d´entre eux étaient gouvernés par la gauche, en plus de El Salvador, avec l´arrivée du Front Farabundo Martí, le sandinisme au Nicaragua, Manuel Zelaya en Honduras et Alvaro Colom en Guatemala.

Dans des pays comme El Salvador, le Guatemala, ou le Paraguay avec Fernando Lugo, ce fut la première fois dans leur histoire que la gauche arrivait au pouvoir, dans ce dernier cas mettant fin à plusieurs siècles de bipartisme.

En mai 2008 nait l´UNASUR, Union des Nations Sud-Américaines, et, en février 2010 se crée la CELAC, Communauté des États Latino-américains et des Caraïbes, avec 33 membres. Des 20 pays latins qui composaient la CELAC, 14 d´entre eux étaient gouvernés par la gauche, c´est à dire 70 %.

La première partie du 21ème siècle fait sans doute partie des « années gagnées ». Les progrès économiques, sociaux et politiques ont été historiques et ont surpris le monde entier. Et tout ceci dans un environnement de souveraineté, de dignité, d´autonomie, et de présence dans la région mais aussi dans le monde entier.

Il est évident que cette situation a joui d´une conjoncture mondiale favorable en ce qui concerne les prix des matières premières, base des exportations sud-américaines. La grande différence est que cette richesse a été réinvestie pour le Bien Vivre de nos peuples.

L´Amérique Latine n’a pas vécu une époque de changements, mais plutôt un véritable changement d’époque, qui a aussi bouleversé substantiellement l´équilibre géopolitique de la région. C’est pourquoi, il était indispensable pour les pouvoirs factuels et les pays hégémoniques, de mettre fin à ces processus de changement.

En 2002, le gouvernement d’Hugo Chavez a déjà dû supporter une tentative de coup d´État. Depuis 2008, la droite a intensifié ses tentatives anti-démocratiques d´en finir avec les gouvernements progressistes, comme en Bolivie en septembre 2008, au Honduras en 2009, en Équateur en 2010 et au Paraguay en 2012. Toutes ces atteintes à la démocratie ont été contre des gouvernements de gauche, et deux ont abouti, au Honduras et au Paraguay.

Peu à peu, les réactions de droite se sont consolidées, avec une stratégie et collaboration internationale, avec la complicité des médias, et surtout en tirant profit des circonstances économiques adverses à partir de la deuxième moitié de 2014.

Il ne s´agit plus seulement d´une tentative de restitution du conservatisme, comme je les ai appelées deux ans auparavant, par rapport aux coalitions de la droite jamais vues et qui jouissaient d´un soutien international, avec des ressources illimitées, bénéficiant de financement externe, etc., ce qui a pu être constaté dans les élections locales à Quito. Mais au moins, dans ce cas-ci, la voie démocratique a été utilisée. Aujourd’hui la réaction s’est approfondie et a perdu toutes limites et scrupules. Nous sommes face à un nouveau « Plan Condor ». Quarante ans auparavant, sa cible était la jeunesse qui croyait en un monde meilleur et s´opposait à la brutalité des dictatures militaires financées par le pays du Nord. Aujourd’hui, ses cibles sont les gouvernements progressistes de la région.

C´est pour cela que nous souffrons aujourd’hui du harcèlement et du boycott économique de notre chère Venezuela, du coup d´État parlementaire au Brésil, et de la judiciarisation de la politique comme nous le prouvent les cas de Dilma Roussef, Lula Da Silva et Cristina Fernandez de Kichner, et, plus récemment, même de l´Equateur.

Les tentatives de destruction de l’UNASUR et de neutralisation de la CELAC, tentant de faire revivre la moribonde Organisation de États Américains, son évidentes, et souvent, effrontées. Ne parlons même pas de ce qui se passe actuellement pour le Mercosur. Même l´échec sonnant de l´ALCA au début du siècle tente d´être surmonté par la nouvelle Alliance du Pacifique.

En Amérique du Sud, actuellement, il ne reste que quatre gouvernements qui peuvent se qualifier comme progressistes. Je ne peux même plus compter parmi eux l´Équateur, à cause de tout ce qui se passe en ce moment dans ma Patrie.

Les difficultés économiques des pays comme le Venezuela ou le Brésil sont présentées comme des exemples du supposé « échec » du socialisme, alors que l’Uruguay, gouverné par la gauche, est le pays le plus développé au Sud du Rio Bravo, ou alors même que la Bolivie jouit des meilleurs indicateurs macro-économiques de toute la planète.

La droite veut revenir à tout prix et elle a la soif de vengeance, après dix ans de défaites successives.

Nous sommes peut-être les victimes de notre propre succès. Selon la CEPAL, pendant ces dix dernières années, presque 94 millions de personnes sont sorties de la pauvreté et font partie maintenant de la classe moyenne régionale. Ceci peut être sans aucun doute attribué aux politiques des gouvernements de gauche.

Au Brésil, 37,5 millions de personnes sont sorties de la pauvreté entre 2003 et 2013, et font aujourd’hui partie de la classe moyenne. Néanmoins, ces millions de personnes ne se sont pas mobilisées lorsqu´un parlement accusé de corruption a destitué la Présidente légitimement élue, Dilma Roussef.

Nous sommes aujourd’hui face à des personnes qui ont surmonté la pauvreté et qui maintenant, malgré l´amélioration de leurs conditions de vie, demandent encore plus, et se sentent pauvres, sans prendre comme référence ce qu’ils ont, et encore moins ce qu’ils avaient, mais plutôt ce à quoi ils aspirent. Nous appelons ce phénomène « prospérité objective et pauvreté subjective ». Ces personnes se laissent ainsi facilement emporter par les chants de sirène d´une droite qui, avec la complicité des médias, offre à tout le monde, un style de vie à la new-yorkaise.

ATTAQUES

La nouvelle droite accuse les gouvernements progressistes d’être « idéologiques » et de manquer de technique lors de la gestion du développement national. Soit ils dissimulent soit ils ne comprennent pas que le développement est fondamentalement un problème politique, où l´orientation de la politique publique est nettement idéologique et, dans notre cas, cherche la priorité du public, c´est- à- dire, des grandes majorités.

Il est flagrant de voir comment le marketing et le discours bien ficelé de la nouvelle droite cherchent des indéfinitions politiques, ses représentants n´apparaissent pas comme des leaders politiques, mais plutôt comme des PDG qui ont réussi dans le monde de l´entreprise.

Mais ce sont les médias qui assument aujourd’hui le rôle des principaux partis d´opposition. Maintenant, se sont eux les vrais représentants du pouvoir politique entrepreneurial et conservateur.

La relation qui lie les capitaux des médias au secteur financier et des affaires est scandaleuse. Lorsque je suis arrivé au gouvernement, parmi les 7 chaînes nationales de télévision, 5 étaient sous la propriété du secteur banquier. Il n’existait même pas de télévision publique.

Nos démocraties doivent s’appeler des démocraties médiatisées, parce que les médias sont un élément plus important du processus politique, que les partis politiques et les systèmes électoraux. En effet, ils ont substitué à l’État de droit l’État d’opinion. Peu importe quel ait été le programme présenté pendant la campagne électorale et ce que le peuple, le souverain de toute démocratie, ait décidé dans les urnes. Ce qui compte réellement c’est ce qu’approuvent ou désapprouvent dans leurs titres quotidiens les médias.

Bien que cela soit un problème planétaire, compte tenu des monopoles médiatiques détenus par une poignée de familles, le problème est encore plus sérieux en Amérique Latine. Les médias montrent d´importantes lacunes éthiques et professionnelles, et une insolente participation en politique.

Le débat devrait poser la question si une société peut être réellement libre lorsque la communication, et particulièrement l´information, est fournie par des entreprises privées, à but lucratif.

C´est un pouvoir sans aucun contre-pouvoir, mais personne n´ose parler de cela, par crainte d´être stigmatisé comme un ennemi de la liberté de presse, bien que, depuis que la presse est apparue, la liberté de presse n´est rien d`autre que la volonté du propriétaire de l’imprimerie.

On accuse aussi nos gouvernements d´être « populistes », un concept assez flou qui est souvent associée avec la démagogie, l´irresponsabilité et l´absence de technique, et qui sert finalement à définir tout ce qui s´éloigne de la logique du marché et des canons des démocraties libérales occidentales.

On confond souvent ce qui est populaire avec le populisme. Dans le cas de mon gouvernement, il a été très populaire mais il fut aussi un des gouvernements les plus techniques de l´histoire de mon pays.

La double morale internationale est aussi impressionnante : si Angela Merkel cherche sa réélection en Allemagne, cela est qualifié comme une démocratie mûre et avec une grande capacité de leadership. Par contre, si un dirigeant politique latino-américain fait la même chose, ceci est qualifié de dictatorial et d´autoritaire.

Finalement nous pouvons dire que la soi-disant « lutte contre la corruption » est devenue un outil efficace pour détruire les processus politiques progressistes et populaires de notre Amérique. Le cas le plus emblématique est celui du Brésil, où une opération politique très bien ficelée a abouti à la destitution de la présidente Dilma Roussef après quoi, il a été démontré qu´elle n´était pas du tout coupable de ce dont on l´accusait. En ce moment, en Équateur, le même scénario du Brésil est en marche pour écarter le Vice-Président de la République du pouvoir.

Et bien sûr, on dit toujours que la corruption est de la faute de l´État. On parle maintenant aussi d´une confrontation entre la société civile et l´État, la première qualifiée de bonne et le second de mauvais, alors que l´État n´est autre chose que la représentation institutionnalisée de la société.

Qui peut s’opposer à une vraie lutte contre la corruption ? Ce fut justement une de nos principales luttes pendant les dix dernières années, et nous avons mis fin à une corruption institutionnalisée qui existait auparavant. Mais la soi-disant lutte anti-corruption dirigée par la droite et par les médias est tout à fait fausse et est utilisée comme un instrument d´attaques politiques, à l’image de ce qu’a été l’utilisation de la lutte contre le trafic de drogues dans les années 90, ou de la lutte contre le communisme. Pour parler d´une vraie lutte contre la corruption il suffirait par exemple d´interdire les paradis fiscaux, où est finalement concentrée toute la corruption que nous avons dû affronter.

On nous parle d´un manque de contrôle, d´une certaine acceptation des systèmes de corruption. Mais je me demande : quel type de contrôle permet de détecter un pot de vin payé sur un compte secret dans un paradis fiscal ?

En Équateur, les contrôles sont si stricts qu´il est obligatoire de déclarer l´origine des virements de plus de 10 000 dollars. Par contre, dans les paradis fiscaux, il est possible de déposer des millions, sans que personne ne contrôle rien du tout.

La réalité est donc bien différente. On peut citer aussi le cas d´Odebrecht, une entreprise de construction du Brésil qui a mis en place toute une structure de corruption dans 12 pays. On constate donc que la corruption, en grande partie, vient aussi du secteur privé. Dans des pays comme l´Allemagne, jusqu´à il n´y a pas si longtemps, les entreprises pouvaient même déduire de leurs impôts les pots de vin versés dans nos pays !

Il existe donc encore une énorme hypocrisie dans le monde à propos de la lutte contre la corruption.

Sur ce, il est important de signaler que l´Équateur est le premier pays du monde qui a approuvé au travers d´un referendum, une loi qui empêche aux fonctionnaires d´effectuer des opérations de n´importe quel type dans des paradis fiscaux. Mais bien que l´utilisation de ces endroits pour cacher de l´argent illégalement accumulé soit maintenant interdite, ils continuent à exister.

CONCLUSIONS

Chers compagnons :

Ce sont des temps difficiles pour l´Amérique Latine, mais pas terribles. Nous ne sommes plus la gauche du 3% de voix. Nous sommes aujourd’hui une gauche avec une vocation à gouverner et qui a fait preuve d´importants succès.

Néanmoins, il est clair qu´il existe un retour du conservatisme, d´une droite nationale et internationale qui a vaincu son étourdissement de plus de dix ans de défaites politiques. Aujourd’hui cette droite s’est construit un nouveau discours, une nouvelle articulation, possède des ressources illimitées, elle détient le monopole des médias et profite des inévitables problèmes liés au pouvoir, comme le changement de cycle économique et des cas isolés de corruption.

Que peut-on faire face à tout cela ? Il ne nous reste qu´un seul chemin : je cite le grand Simón Bolívar, alors qu´il se retirait du Pérou soi-disant vaincu et victime de l´ingratitude.

Que peut-on faire face à tout cela ? Vaincre !

Hasta la victoria siempre !

Rafael CORREA
Marseille, 25 août 2017.

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Macron – O Fim da Soberania e da Identidade da França – Thierry Meyssan

Prononçant un discours fondateur devant les plus hauts diplomates français, le président Macron a révélé sa conception du monde et la manière dont il entend utiliser les outils dont il dispose. Selon lui, il n’y a plus de souveraineté populaire, ni en France, ni en Europe, donc pas de démocraties nationales ou supra-nationale. Il n’y a plus non plus d’Intérêt collectif, de République, mais un catalogue hétéroclite de choses et d’idées composant des biens communs. Décrivant leur nouveau travail aux ambassadeurs, il les a informés qu’ils ne devraient plus défendre les valeurs de leur pays, mais trouver des opportunités d’agir au nom du Léviathan européen. Entrant dans le détail de certains conflits, il a décrit un programme de colonisation économique du Levant et de l’Afrique.

 | DAMAS (SYRIE) | 5 SEPTEMBRE 2017 

Participant à la traditionnelle semaine des ambassadeurs, le président Macron a prononcé son premier discours général de politique étrangère depuis son arrivée au palais de l’Élysée [1]. Toutes les citations entre guillemets de cet article en sont extraites. Le président n’a pas dressé de paysage des relations internationales actuelles, ni expliqué le rôle qu’il conçoit pour la France dans le monde, mais la manière dont il entend utiliser cet outil.

Selon lui, la France n’a pas été capable de s’adapter aux changements du monde depuis 1989, la chute du Mur de Berlin, la dissolution de l’Union soviétique et le triomphe de la globalisation états-unienne. Pour reconstruire le pays, il serait absurde de vouloir revenir à l’ancien concept de souveraineté nationale. Au contraire, il faut avancer en s’emparant des leviers disponibles. C’est pourquoi, aujourd’hui : « Notre souveraineté, c’est l’Europe ».

Certes, l’Union européenne est un monstre, « un Léviathan » [2]. Elle n’a pas de légitimité populaire, mais devient légitime lorsqu’elle protège ses ressortissants. Dans son format actuel, elle est dominée par le couple franco-allemand. Lui, Emmanuel Macron, et la chancelière Angela Merkel peuvent donc, ensemble, la gouverner. Ainsi a-t-il pu se rendre en Pologne, en sa qualité de président français, et, avec l’accord de sa partenaire allemande qui ne pouvait se permettre d’agresser la Pologne au regard de l’Histoire, y parler en tant que représentant implicite de l’Union, y insulter le Premier ministre, lui rappeler qu’elle n’est pas souveraine et la faire rentrer dans le rang européen.

D’ores et déjà, avec la chancelière, il a décidé d’agir dans quatre domaines :
- la protection des travailleurs ;
- la réforme du droit d’asile et la coopération européenne en matière migratoire ;
- la définition d’une politique commerciale et d’instruments de contrôle des investissements stratégiques ;
- le développement de l’Europe de la Défense.

Ces objectifs déterminent évidemment les politiques nationales de chacun des États membres, y compris la France. Par exemple, les ordonnances que son gouvernement vient de prendre sur la réforme du Code du Travail posent les limites minimales de la protection des travailleurs conformément aux instructions arrêtées depuis longtemps déjà par les fonctionnaires de Bruxelles. La coopération européenne en matière migratoire fixera les seuils d’hospitalité permettant de faire fonctionner l’industrie allemande [3], tandis que la réforme du droit d’asile fixera la capacité d’accueil de la France au sein de l’espace Schengen. L’Europe de la Défense permettra d’unir les armées de l’Union et de les intégrer collectivement aux ambitions de l’Otan.

Pour faire avancer plus rapidement l’Union européenne, la France et l’Allemagne organiseront des coopérations renforcées sur différents thèmes, en choisissant leurs partenaires à la carte. On conservera alors le principe de décision à l’unanimité, mais uniquement entre États présélectionnés comme étant déjà d’accord entre eux.

La cohésion de cet ensemble sera maintenue autour de quatre valeurs communes :
- « la démocratie élective et représentative,
- le respect de la personne humaine,
- la tolérance religieuse et la liberté d’expression,
- et la croyance au progrès ».
« La démocratie élective et représentative » ne s’appliquera qu’au niveau local (communautés de communes et régions administratives, les communes et les départements étant appelés à disparaître) puisqu’il n’y a plus de souveraineté nationale.
« Le respect de la personne humaine, la tolérance religieuse et la liberté » devront être compris au sens de la Convention de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, et non plus à celui de la Déclaration de 1789 pourtant placée en préambule de la Constitution.
« La croyance au progrès » permettra de mobiliser les ressortissants européens dans une période où chacun voit des pays aisés, au Moyen-Orient élargi, soudain rasés de la carte et renvoyés à l’âge de pierre.

La méthode Macron

La France devra utiliser l’outil européen pour s’adapter au « monde multipolaire et instable ». Étant entendu qu’il n’est pas question de rétablir l’alliance franco-russe que le président Sadi Carnot et l’empereur Alexandre III conclurent car l’Union européenne est le volet civil de l’Alliance militaire atlantique, il ne sert à rien de fonder la diplomatie française sur l’Histoire ou des valeurs.

Il convient au contraire de jouer le rôle de « contrepoids » afin de maintenir « les liens avec les grandes puissances dont les intérêts stratégiques divergent ». Comprenez bien, le président ne parle pas des intérêts qui divergent entre d’un côté les États-Unis et de l’autre la Russie et la Chine, mais de maintenir les liens que ces deux grandes puissances doivent entretenir avec les États-Unis.

« Pour cela il nous faut (…) nous inscrire dans la tradition des alliances existantes et, de manière opportuniste, construire des alliances de circonstances qui nous permettent d’être plus efficaces ». Le rôle des diplomates n’est donc plus de défendre à long terme les valeurs de la France, mais de flairer à court terme les opportunités, les bons coups à faire.

« La stabilité du monde »

Ce cadre de travail européen et cette méthode étant posés, la fonction de la diplomatie française sera à la fois d’assurer la sécurité des Français en participant à « la stabilité du monde », et de gagner de l’influence en défendant « les biens communs universels ».

Puisque depuis la chute du Mur de Berlin et la fin de la souveraineté nationale, il n’y a plus d’ennemi conventionnel, la France n’a plus besoin d’armée pour défendre son territoire. Par contre, elle doit faire face à un ennemi non-conventionnel, le « terrorisme islamiste », qui exige d’elle à la fois une police omniprésente et une armée de projection capable d’intervenir dans les foyers de terrorisme à l’étranger : la Syrie et l’Irak d’un côté, la Libye et le Sahel de l’autre. C’est évidemment ce changement d’objectif, et non pas une question budgétaire, qui a conduit le président Macron à limoger le chef d’état-major des armées. Il reste à réformer la police.

La France continuera à protéger ses ressortissants musulmans tout en maintenant dans son discours un lien entre l’idéologie politique islamiste et la religion musulmane. Elle pourra de la sorte continuer à surveiller la pratique du culte musulman, l’encadrer, et de facto influer ses fidèles.

La lutte contre le terrorisme, c’est aussi l’asséchement de son financement, que la France poursuit au travers de nombreuses institutions internationales ; étant entendu que, du fait « des crises régionales et des divisions, des divisions en Afrique, et des divisions du monde musulman », certains États participent secrètement à ce financement. Or, premièrement le terrorisme n’étant pas des hommes mais une méthode de combat, et secondement les actions terroristes étant considérablement mieux financées depuis que l’on prétend l’interdire, il est évident que ce dispositif a été mis en place par Washington non pas contre les Frères musulmans, mais contre l’Iran. Bien que cela n’ait apparemment aucun rapport avec le financement du terrorisme, le président Macron aborde alors la question de l’antagonisme saoudo-iranien, pour prendre le parti de l’Arabie saoudite et condamner l’Iran.

Depuis les attaques de Daesh contre « nos intérêts, nos vies, notre peuple », la paix en Irak et en Syrie constitue « une priorité vitale pour la France ». D’où le changement de méthode en cours depuis le mois de mai : certes, Paris « avait [été] mis à l’écart » des négociations d’Astana, mais il fait aujourd’hui « avancer concrètement la situation » en discutant, un à un, avec les participants des réunions Astana. Il les a convaincus d’adopter l’objectif fixé de longue date par le président Obama : l’interdiction des armes chimiques et l’accès humanitaire aux zones de conflits. Enfin, la France a créé un « groupe international de contact » qui se réunira à l’occasion de l’Assemblée générale de l’Onu autour de Jean-Yves Le Drian. Le retour de la Syrie à l’état de Droit « devra s’accompagner de la justice pour les crimes commis, notamment par les dirigeants de ce pays ».

Le président Macron opère ainsi un retour en arrière par rapport à ses déclarations précédentes. il ne s’agit plus comme il l’avait laissé entendre lors d’une interview au JDD, d’accepter la République arabe syrienne et de l’épauler contre Daesh, mais au contraire de poursuivre le double jeu antérieur : utiliser le prétexte humanitaire pour continuer à approvisionner les jihadistes en armes contre Damas. L’annonce du jugement des dirigeants syriens équivaut à celle de la défaite de la République arabe syrienne, puisque jamais, absolument jamais, un État n’a jugé pour crime de guerre des généraux victorieux. Le président Macron ne précise pas quel tribunal devra juger ces dirigeants, mais sa formulation renvoie au plan du directeur des Affaires politiques de l’Onu, Jeffrey Feltman, qui prévoyait dès 2012 (c’est-à-dire avant la guerre généralisée) la « condamnation » de 120 dirigeants syriens ; un plan qui avait été rédigé sous la direction d’un fonctionnaire de Madame Merkel, Volker Perthes [4].

Concernant la Libye et le Sahel, le président Macron a rappelé son initiative de La-Celle-Saint-Cloud, au cours de laquelle il a rapproché le « Premier ministre libyen » Fayez Sarraj et le « chef de l’armée nationale libyenne » Khalifa Haftar ; sommet où il avait assuré les deux hommes du soutien de l’Union européenne à la conditions qu’ils passent par pertes et profits la mystérieuse disparition de 100 milliards de dollars du Trésor national libyen [5].

La première conséquence du renversement de la Jamahiriya arabe libyenne fut la déstabilisation du Mali, pays dont elle subventionnait très largement l’économie [6]. Il s’est alors divisé en deux : d’un côté les sédentaires bantous, de l’autre les nomades touaregs. L’intervention militaire française a prit acte de ces faits et a stoppé leurs conséquences immédiates sur les civils. Le G5-Sahel a été créé par la France pour stopper les conséquences de la guerre contre la Libye et prévenir l’affrontement entre noirs et arabes que seul Mouamar Kadhafi était parvenu à contenir. L’alliance pour le développement du Sahel vise, quant à elle, à remplacer —avec de bien plus faibles moyens— le programme d’aide au développement que la Libye avait développé dans cette région. L’ensemble de ces mesures assurera la stabilité de cette partie de l’Afrique jusqu’à ce que, dans une dizaine d’années, le Pentagone mette en œuvre son plan d’extension du chaos au continent noir [7].

Le président Macron évoque la déclaration commune qu’il vient de faire adopter par des partenaires d’Afrique et d’Europe instituant des bureaux d’immigration européens sur le continent africain. Il s’agit de trier au départ les migrants qui seront acceptés par l’Union et d’en finir avec les parcours de l’exode. « Les routes de la nécessité doivent devenir des chemins de la liberté » ; une formule qui résume la pensée présidentielle : l’Afrique, c’est la nécessité, l’Europe, c’est la liberté.

Pour Emmanuel Macron, « rétablir la sécurité » en Afrique passe par les trois D : « Défense, Développement et Diplomatie », c’est-à-dire la présence de l’armée de projection française, les investissements français et l’administration française ; le programme classique de la colonisation économique.

La défense des biens communs

Loin de négliger l’atout que représentent la francophonie et le tourisme, le président Macron y a consacré de longs développements. À ce sujet, il a impulsé l’idée de profiter du système juridique français pour étendre l’influence du pays. Ce faisant, il reprend à son compte la « doctrine Korbel », selon laquelle la manière dont un traité est rédigé étend l’influence du pays qui en a conçu les concepts ; doctrine appliquée par sa fille, Madeleine Albright, puis par sa fille adoptive, Condoleezza Rice, pour transcrire en droit anglo-saxon les traités internationaux.

Le premier bien commun, c’est la planète.

Ce discours a été prononcé durant la « semaine des ambassadeurs » au cours de laquelle le président est venu expliquer à son personnel que, désormais la fonction première de son administration était la diplomatie économique. Lorsqu’il était ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius avait eu l’idée de mobiliser le réseau diplomatique français pour développer les exportations. Il avait pour cela créé Business France, un établissement public à la tête duquel il avait placé Muriel Pénicaud. Celle-ci utilisa l’argent public qui lui était confié pour lancer la campagne électorale d’Emmanuel Macron à l’étranger, ce qui lui vaut des démêlés actuels avec la Justice. Elle est aujourd’hui ministre du Travail et a rédigé les ordonnances fixant la « protection des travailleurs ». Laurent Fabius quant à lui, est devenu président du Conseil constitutionnel. C’est à ce titre —et en violation du rôle que lui attribue la Constitution— qu’il a rédigé un Pacte pour l’environnement que le président Macron présentera aux Nations Unies.

Le deuxième bien commun, c’est la paix.

À travers « l’Europe de la Défense », le président Macron entend « donner un nouveau souffle » à l’Otan. L’Alliance vise en effet à la promotion de « la paix » comme on le voit en Afghanistan, en Irak, en Libye, en Syrie et en Ukraine.

Le troisième bien commun, ce sont la Justice et les libertés

Le président Macron, qui avait préalablement évoqué les valeurs communes de l’Union européenne que sont « le respect de la personne humaine, la tolérance religieuse et la liberté d’expression », assure désormais que « la place des femmes, les libertés de la presse, le respect des droits civils et politiques » sont des valeurs universelles. Il n’a malheureusement pas précisé la distinction qu’il opère entre celles qui sont européennes et celles qui sont universelles. Bien qu’il se pique de philosophie depuis sa rencontre avec Paul Ricoeur, il semble ne pas avoir réfléchi à la philosophie politique et confond dans son discours le Droit humanitaire avec les Droits de l’homme, et à ce propos leur signification anglo-saxonne (protection de l’individu face aux abus de l’État) et leur signification française (responsabilités des hommes, des citoyens et de la Nation).

Le quatrième bien commun, c’est la culture.

Le président Macron avait déclaré durant sa campagne électorale qu’il n’y a pas de culture française, mais de la culture en France. Identiquement, il ne conçoit pas la culture en général comme un développement de l’esprit, mais comme un ensemble de biens marchands. C’est pourquoi, il poursuivra l’œuvre de son prédécesseur pour la protection des biens culturels, et pas des gens, sur les théâtres de guerre.

Conclusion

Il faudra beaucoup de temps pour tirer toutes leçons de la vision du monde du président Macron.

Le point le plus important reste que, selon lui, le temps de la souveraineté populaire est passé aussi bien pour les Français que pour les Européens en général. L’idéal démocratique peut se poursuivre au niveau local, mais est vide de sens au niveau national.

Secondairement, sa conception du Bien commun (res publica), auquel tous les régimes politiques —qu’ils soient monarchique, impérial ou républicain— furent attachés, semble également d’un autre temps. Dans leur optique, il s’agissait de servir —ou de prétendre servir— un intérêt collectif. Certes, Emmanuel Macron évoque la Justice et les libertés, mais c’est pour immédiatement placer ces nobles idéaux au même niveau que des objets, comme la Terre et les produits culturels marchands, et un déshonneur, la vassalité à l’Otan. Il semble donc que la République aussi soit morte.

À l’issue de cet exposé, l’auditoire a chaleureusement applaudi. Ni la presse nationale, ni les leaders d’opposition n’ont émis d’objection.

Como é belo o mundo livre! – por Bruno Guigue

 

timemagazine_poy_cover_750 [*]

Pródigo em boas palavras, o Ocidente pretende ser a personificação dos valores universais. Este modelo de democracia, este campeão de “direitos humanos” apela sempre às suas supostas virtudes em apoio das suas pretensões hegemónicas. É como se uma boa fada se atarefasse a fazer coincidir a sua moral com os seus interesses, revestindo as suas ambições com as roupagens da justiça e do direito. É assim que o “mundo livre” bombardeia países estrangeiros com fins “democráticos”, mas de preferência países ricos em petróleo, gás ou recursos minerais. Combinando a fé com a rapacidade capitalista, age como se pudesse converter o seu poder económico em privilégio moral.

O resto do mundo não é fácil de enganar, mas não importa. O “mundo livre” tem sempre razão, porque está do lado do Bem, e não arrisca ser contraditado, enquanto for o mais forte – pelo menos é o aquilo em que acredita tão firmemente como ferro. A barbaridade congénita que atribui aos outros é o inverso do seu autoproclamado monopólio da civilização. Aureolado do sacrossanto “direito de ingerência”, este casamento bem-sucedido de saco de areia à maneira dos GI e do saco de arroz à maneira Kouchner [NR] , o Ocidente tornado vassalo por Washington imagina sem dúvida que salva o mundo, submetendo-o à implacável razia exigida pelos abutres da finança e as multinacionais do armamento.

Este objectivo de domínio, sabemos, não começou ontem. Inscreve-se no longo período histórico caro a Fernand Braudel, da constituição de uma “economia-mundo”. Objectivo de longo alcance do mundo ocidental pela sua vantagem tecnológica, e iniciado desde a “Renascença” para a conquista de todo o planeta. Pacientemente, apropriou-se do mundo dos outros, moldou-o à sua imagem, obrigou-o a obedecer-lhe ou a imita-lo, eliminando de passagem todos os que julgou não assimiláveis. Sem que este estratagema de enganos viesse perturbar as suas certezas, o Ocidente pensa-se como uma metáfora do mundo. Ele era apenas uma parte, mas quer ser o todo, da mesma forma que hoje países que não representam mais que 10% da população mundial, se assumem como a “comunidade internacional”.

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A conquista colonial ilustra ao longo dos três últimos séculos esta propensão do Ocidente para estender sua influência para além das suas fronteiras, alegando levar os benefícios da “civilização”. Este projecto de dominação global foi posto em xeque pela revolta generalizada dos povos colonizados no século XX, mas conheceu uma segunda hipótese com a excrescência norte-americana. A “América”, este extremo Ocidente descoberto por um Cristóvão Colombo em busca do Extremo Oriente, herdou do velho continente, a sua ambição conquistadora e a sua ganância comercial. Convertendo a sua ausência de passado em promessa de futuro, estes “EUA” surgidos do nada na atmosfera do puritanismo anglo-saxónico têm ampliado essa ambição tudo unificando em seu proveito. Ao preço do genocídio dos nativos americanos, a “América” tornou-se assim a nova metáfora do mundo.

Não é certo que o mundo tenha ganho com a troca. Os impérios coloniais sucumbiram ao seu arcaísmo insuportável, enquanto a hegemonia americana é exercida, através dos múltiplos canais da modernidade tecnológica, do Google aos drones de combate. De repente, parece ao mesmo tempo mais dúctil e mais tenaz. O que lhe dá flexibilidade também lhe fornece persistência. Entre o capacete branco do administrador colonial europeu e o visor digital da cibernética militar dos EUA, ocorreu uma revolução que substituiu uma dominação abrupta, liquidada por uma descolonização sangrenta, por um negócio hegemónico multiforme. Herdeiros dos três “M” do colonialismo clássico, as ONG feitas nos EUA substituíram os “missionários” cristãos, os “mercadores” tornaram-se multinacionais e os “militares” são agora revestidos de alta tecnologia.

Fortes da boa consciência tacanha dos “nascidos de novo” do Middle West, o império americano projecta hoje no mundo o seu maniqueísmo devastador. De olhos abertos sonha com uma partilha final entre os bons e os maus, pilar inabalável de um etnocentrismo sem complexos. O direito está forçosamente do seu lado, uma vez que incorpora os valores fundamentais da “democracia liberal”, “direitos humanos” e “economia de mercado”. É claramente uma ideologia bruta, máscara fraudulenta dos interesses mais sórdidos, mas devo admitir que é eficaz. Se assim não fosse, haveria poucas pessoas no mundo a acreditar que os EUA ganharam a Segunda Guerra Mundial, que o capitalismo é um bom sistema, que Cuba é um Gulag tropical, que Assad é pior do que Hitler e que a Coreia do Norte ameaça do mundo.

Desta presumida intimidade com o Bem os acólitos do Império Norte-Americano deduzem logicamente um direito preventivo de caça ao Mal em todas as latitudes. Nenhum escrúpulo deverá inibir o seu frenesim salvador, a civilização no singular de que acredita ser a encarnação leva a prerrogativa expressa de reduzir a barbárie por todos os meios. É assim que o imperialismo contemporâneo funciona como uma espécie de tribunal universal, que distribui recompensas e inflige punições a quem bem lhe parece. Neste tribunal altamente “moral” a CIA ocupa lugar de juiz de instrução, o Pentágono o de braço secular e o Presidente dos Estados Unidos de juiz supremo, espécie de “deus ex machina” duma justiça divina que fustiga com raios os supostos do “eixo do mal”‘ e outros que causam problemas ao bom funcionamento do “Império do Bem” nas sua traseiras.

Manifestamente esta tendência para se considerarem a personificação da Moral situa-se do lado das estruturas, porque a sucessão conjuntural – e agitada – dos inquilinos da “Casa Branca” – nada muda. Em Washington, a cruzada contra os bárbaros serve invariavelmente de máscara à cupidez sem limites do complexo militar-industrial e ao objectivo secular do Estado profundo de Harry Truman a Donald Trump passando por Barack Obama. Da Coreia à Síria, passando pelo Vietname, Indonésia, Angola, Moçambique, El Salvador, Nicarágua, Chile, África do Sul, Sérvia, Afeganistão, Sudão, Somália, Iraque e Líbia, a morte é administrada directamente ou através ou de “servidores” para todos aqueles que se opõem ao reinado da “justiça universal”.

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Para executar o seu trabalho sujo, a “América” benfeitora tem sabido usar mão-de-obra local. Franco, Hitler e Mussolini (até 1939), Chiang Kai-Kak, Somoza, Syngman Rhee, Ngo Dinh Diem, Salazar, Batista, Mobutu, Marcos, Trujillo, Pik Botha, Duvalier, Suharto, Papadopoulos, Castelo Branco, Videla, Pinochet, Stroessner, Xá Reza Pahlevi, Zia Ul Haqq, Bin Laden, Uribe, rei Salmane, Netanyahu, os nazis ucranianos e os “terroristas moderados” do Médio Oriente têm fornecido uma ajuda valiosa.

Líder incontestado do maravilhoso “mundo livre”, a “América” pretende encarnar a civilização no momento em que ameaça populações inteiras com armas atómicas, napalm ou mísseis de cruzeiro, em vez de infligir a morte lenta pelo agente laranja, urânio enriquecido ou embargo sobre medicamentos. E não tem falta de zeladores, jurando que presta serviços insubstituíveis à humanidade, enquanto obviamente a derrota deste Império criminoso seria uma excelente notícia.

12/Agosto/2017

[NR] Bernard Kouchner: político francês, fundador dos Médicos Sem Fronteira.

[*] Analista político, francês, ver Wikipedia .

O original encontra-se em www.legrandsoir.info/qu-il-est-beau-le-monde-libre.html . Tradução de DVC.

Este artigo encontra-se em http://resistir.info/ .

A gente da cultura: Trump e Obama.

A intelligentsia norte-americana está em guerra aberta com Trump. Na Europa, alguns classificam essa intelligentsia, escritores, artistas das artes visuais, teatro e cinema, músicos, como de esquerda, sabendo bem de mais que a grande maioria são liberais com muito pouco de esquerda. Fazem bem em invectivarem Trump um reacionário proto-fascista, com tiques de caudilho […]

via A Intelligentsia nos seus labirintos — Praça do Bocage

Apocalipse: RTP ou Apocalipse Estaline – António Santos

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odiario.org

Recentemente, explodiu nas televisões americanas um novo tipo de «documentário» a que chamam docufiction. Ficção apresentada como se abordasse uma realidade factual. É o caso da série da RTP dedicada a Stáline. Uma fraude documental com um objectivo ideológico preciso, no ano em que se celebra o centenário da Revolução de Outubro. A RTP, paga por todos nós, dá tempo de antena a propaganda que os nazis não desdenhariam.

Acabo de assistir a «O Demónio», o primeiro episódio da mini-série «Apocalipse: Estaline». Durante uma hora, Isabelle Clarke dedica o seu «documentário» a convencer-nos de que Estaline foi o que o título diz: um demónio. Veja-se: «Lénine e um punhado de homens lançaram a Rússia no caos. (…) Como os cavaleiros do Apocalipse, os bolcheviques semeiam morte e destruição para se manterem no poder. Continuarão durante 20 anos, até os alemães chegarem às portas de Moscovo». Estaline surge como um «louco», «sexualmente insaciável» e com uma «mentalidade próxima dos tiranos do Médio Oriente» [sic] que só Hitler pode parar. Num frenesim anacrónico, o espectador é levado de «facto» em «facto» sem direito a perguntas nem a explicações. Para trás e para a frente, dos anos quarenta para o final do século XIX, de 10 milhões de mortos na guerra civil russa para 5 milhões de mortos no «holodomor: a fome organizada por Estaline», o puzzle está feito para ser impossível de montar. Ao narrador basta descrever o que, a julgar pelas imagens de arquivo, é aparentemente indesmentível: «os camponeses ucranianos, vítimas das fomes estalinistas abençoam os invasores alemães. Mais tarde serão enforcados pelos estalinistas. A conjugação das imagens de arquivo colorizadas é tão brutal e convincente que somos tentados a concordar com as palavras do narrador: «Estaline declarou guerra ao seu próprio povo». São os «factos alternativos» de Trump aplicados à História.

Só há dois problemas. Primeiro: Isabelle Clarke, a autora, admite que «Apocalipse: Estaline» não é História nem tem pretensões de querer sê-lo. Vou repetir, a autora admite que aquilo que fez não tem nada a ver com História. Podia terminar aqui. Mas, em segundo lugar, será que a RTP, canal público pago por todos nós para cumprir a missão de educar e informar, sabia que estava a comprar ficção em vez de História?

Claramente a História, enquanto ciência social, passe a inelutável normatividade a que estamos presos, é incompatível com a calúnia e a propaganda ou, numa palavra, a demonização. «Apocalipse: Estaline – O Demónio» não disfarça a demonização, disfarça a ficção.

Então, o que é «Apocalipse, Estaline»? Recentemente, explodiu nas televisões americanas um novo tipo de «documentário» a que chamam docufiction. Exemplos recentes são «Sereias: o cadáver encontrado» ou «Megalodon, o tubarão monstro vive». Em ambos, o documentário da Discovery Channel dá a palavra a cientistas, investigadores, professores e biólogos que explicam a descoberta científica de sereias, no primeiro caso e de um tubarão jurássico, no segundo. Durante uma hora, o espectador assiste a filmagens convincentes dos míticos criptídos e ouve especialistas, identificados como tal, debater as possíveis explicações para as descobertas serôdias. No final, em letra de efeitos secundários de bula de medicamento, admite-se, para quem ainda estiver a ver, que era tudo a fingir: os especialistas eram actores, as imagens eram fabricadas. «Apocalipse, Estaline» faz algo parecido: no final ficamos a saber a que «historiadores» foi beber inspiração: a romancista Svetlana Alexievitch, uma versão actualizada de Alexander Soljenitsyne; Robert Service, o mais proselitista e criticado dos historiadores-pop contemporâneos ou Pierre Rigoulot, um ex-trotskista transformado em neocon apoiante de Bush e fã confesso da guerra do Iraque. Trata-se contudo de menções honrosas e agradecimentos. Mas de onde vêm as citações? Onde foi buscar os números? Quais são as fontes? Raquel Varela coraria de vergonha alheia.

Não se trata de admirar ou condenar Estaline, trata-se de não sermos tomados por parvos. «Apocalipse: Estaline» não é ficção nem História: é uma falsificação estupidificante e tóxica para o público. Como os novos «documentários» sobre sereias e tubarões jurássicos, que confundem ciência com ficção, a RTP acabou de confundir História com propaganda nazi.

Este texto encontra-se em:

http://manifesto74.blogspot.pt/2017/01/apocalipse-rtp.html#more

Convido-os a comparar este documentário com estudos sérios como, por exemplo, de Dominico Losurdo, Estaline Uma Lenda Negra ou de Jean Elenstein, História da União Soviética.

O derrube do muro de Berlim (09/Nov/89) por Daniel Vaz de Carvalho

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A queda da RDA atingiu-me duramente, mas, tal como muitos outros companheiros de luta, não perdi a convicção de que o socialismo é a única alternativa para uma sociedade mais humana e mais justa. Desde a existência do capitalismo que os comunistas pertencem aos perseguidos neste mundo, mas não pertencem aos sem futuro.
Hoje é considerado moderno etiquetar comunistas íntegros de estalinistas.
Erich Honecker, Memórias da Prisão [1]
Erich Honecker. 1 – Uma idiótica euforia

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Em 30 de setembro de 1938, o primeiro-ministro francês Daladier regressa a Paris, vindo de Munique, após ter celebrado o acordo que entregava aos nazis uma parte da Checoslováquia. Ao sair do avião uma multidão espera-o com cartazes que festejavam o acordo: “a paz tinha sido salva”. Daladier olha-os espantado, esperava ser vaiado, e murmura: “Idiotas…se eles soubessem.”

Esta cena faz evocar a euforia, com raias de histerismo, que percorreu as hostes anti-marxistas desde a extrema-direita a uma dita extrema-esquerda (do anarquismo ao trotsquismo) juntando-os num triunfalismo inconsequente. Na realidade, tal como em Munique se preparou a entrega aos nazis do domínio sobre a Europa, o derrube do Muro de Berlim preparou a entrega aos EUA, como líder do grande capital transnacional, do domínio mundial.

Se a direita exultava com a derrota do seu arqui-inimigo, a social-democracia acompanhava-a fantasiando o enterro definitivo do “comunismo” propagandeando “um socialismo de rosto humano”. Na sua cegueira acreditavam que afastado o “espectro do comunismo” (Marx) que os afligia: as massas populares pertenciam-lhe política e sindicalmente. Era o “fim da História” e a “paz social” através da colaboração de classes.

Sem o mínimo de contraditório as massas foram submersas pela propaganda que prometia a “economia social de mercado” ou a “economia de mercado com justiça social”.

Contudo, o derrube do Muro de Berlim e o fim da URSS vieram exaustivamente confirmar as teses marxistas-leninistas: o capitalismo humanista não existe. Os avanços sociais e civilizacionais conquistados pelos povos foram somente obtidos à custa de duras lutas e sacrifícios, contra capitalismo.

O que se passou a seguir demonstra, por um lado a incapacidade de a social-democracia, presa nos seus preconceitos e calúnias, e incapaz de avaliar as consequências das suas orientações para os povos, os Estados, para a própria democracia. Por outro lado, mostra como a sua degradação ideológica levou a cedências quase inimagináveis e compromissos com a exploração mais desbragada, a corrupção, a agressão imperialista, até com ditaduras fascizantes.

Nos países ex-socialistas toda uma série de oportunistas, de especialistas neoliberais, ONGs ao serviço do imperialismo, de indivíduos educados nos EUA, alguns obtendo dupla nacionalidade, apossarem-se desses países, tal como o crime organizado. Foi então imposta a democracia oligárquica que se traduziu numa inaudita regressão civilizacional.

A devastação em termos de direitos humanos foi silenciada pela incessante propaganda de calúnias contra a realidade socialista. Milhões de desempregados foram deixados sem apoio, jovens desesperados abandonaram os seus países para irem trabalhar no estrangeiro em condições muitas vezes humilhantes e de exploração brutal, quando não à mercê das máfias. Os indicadores de saúde e esperança de vida da URSS caíram quase de imediato para valores do chamado terceiro mundo.

O neoliberalismo devastou instituições culturais e artísticas, escolas e universidades, submetidas aos critérios da mercantilização neoliberal. Vários dos países ex-socialistas, são hoje dominados por demagogos da extrema-direita e neofascistas que, com a cumplicidade e apoio da UE e dos EUA, se aproveitam da miséria criada pela instauração do capitalismo.

Por detrás do derrube do Muro de Berlim, está patente a atitude de traição de Gorbatchov, citando Lenine para melhor destruir o seu partido, assumindo-se depois como social-democrata e confessando serem aquelas citações uma estratégia. No seu discurso do 70º aniversário da Revolução de Outubro, Gorbatchov caracterizou a industrialização socialista, a colectivização da agricultura e a revolução cultural como acontecimentos de dimensão histórica para o reforço da potência soviética. Mais tarde denegriu e renegou o que dizia defender. [1]

Gorbatchov, desprezado no seu país, publicou recentemente, um livro “New Russia”, fazendo coro com o “ocidente” (leia-se NATO) contra Putin. Aí cita Lenine: “não se pode ultrapassar o povo”. Foi o que ele e outros como ele fizeram.

Quando a URSS foi dissolvida e o socialismo liquidado, de 70% a mais de 80% da população (conforme as Repúblicas) desejavam a manutenção da URSS; 85% o socialismo. Também o povo da RDA não foi consultado sobre a anexação da sua pátria pela RFA, que Gorbatchov acordou nas costas do povo e dos órgãos soberanos da RDA.

Quando se entra na via da traição não se para… A “perestroika” acabou rendida ao neoliberalismo e ao imperialismo. Exemplo, foi a figura patética de Chevarnadze (último ministro dos Negócios Estrangeiros da URSS) que acabou afundando-se numa guerra civil na Geórgia de que se tornara presidente, alimentada pelos seus amigos da NATO.

Vivemos hoje as consequências do que aconteceu então. A social-democracia está morta rendida ao neoliberalismo fascizante e ao imperialismo. O mundo enfrenta intermináveis guerras de agressão, crises económicas, tragédias sociais e humanitárias. O perigo de uma confrontação global é uma realidade eminente.

O imperialismo impôs um intolerável totalitarismo pretendendo aplicar a todos os povos o mesmo modelo económico, social e político ao serviço dos interesses oligárquicos, a globalização capitalista, sem qualquer consideração pela vontade e interesses dos povos. Um modelo imposto pelo poder militar (agressões, invasões), político (conspirações, ingerências) e económico (sanções).

Na fronteira de Berlim foram mortas 74 pessoas, cidadãos aliciados nas redes organizadas pelos serviços secretos ocidentais para fugirem, por razões políticas ou por delitos comuns. E. Honecker lamentou-o até ao fim. Porém quantos trabalhadores, estudantes, etc, foram mortos pelas polícias em manifestações na Europa Ocidental? Nos EUA foram mortas 500 pessoas só em 2015, alegadamente por não acatarem ordens da polícia. ( US Police Killed Over 500 People This Year ). Quantos foram e são mortos ao tentar passar a fronteira entre os EUA e o México? Isto, sem contar com os milhões de vítimas do colonialismo, das guerras de agressão, ditaduras, para impor o capitalismo.

O socialismo não é uma sociedade perfeita, nunca o marxismo o afirmou, representa a natural evolução e progresso da sociedade humana. É construído por homens imperfeitos em circunstâncias muitas vezes dramáticas. De facto, em parte alguma é possível uma democracia perfeita enquanto houver imperialismo.

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2 – As “Memórias da Prisão” de Erich Honecker

Após o fim da RDA Honecker, foi preso, simbolicamente regressando à mesma prisão, Berlim-Moabit, onde em 1935 os nazis o tinham encarcerado.

A felonia do imperialismo manifestou-se desde logo na criminalização da RDA, e de militantes íntegros. Isto apesar de em 1987 Honecker, a convite do chanceler Kohl, ter visitado a RFA, tendo sido tocado o hino da RDA e rendida homenagem à sua bandeira. De seguida, Kohl fez uma vista não oficial à RDA.

Doente, com cancro, em Moscovo, o traidor Ieltsin revelou mais um traço da baixeza do seu carácter ao extradita-lo para a Alemanha. Pretendia-se apresenta-lo, debilitado e vergado ao infortúnio, perante o capitalismo triunfante.

Tal não aconteceu, Honecker em 1993 perante o tribunal que o julgava, fiel aos ideais pelos quais lutou desde a juventude, assumiu todas as responsabilidades pela defesa da RDA como Estado soberano, demonstrou a superioridade do socialismo e denunciou o julgamento como mais um episódio nos “quase 190 anos de perseguições da burguesia alemã aos comunistas, a todos os lutadores pela paz e pelo socialismo”; transformou os acusadores em réus.

Os objetivos da direita e da social-democracia falhavam, optaram por silencia-lo e o julgamento terminou com a alegação do seu estado de saúde, como se tal não estivesse evidenciado desde o início. Faleceu em 1994 no Chile (pátria do seu genro) na companhia deste, da mulher e da filha.

Face aos conspiradores e traidores, Honecker fica como um exemplo do revanchismo e da perseguição aos comunistas que se seguiu e prossegue nos países ex-socialistas. Os textos seguintes são baseados nas “Memórias da Prisão”, de Erich Honecker. [1]

Acerca do socialismo

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A RDA não pode ser apagada da História. As realizações da RDA ficarão na memória do povo e influenciarão no futuro. A comparação com a democracia burguesa também devia ser abertamente discutida a partir dos exemplos da RDA e da RFA. Na RDA não havia desemprego em massa, mas sim pleno emprego, não havia sopa dos pobres, mas sim comida para todos, não havia falta de vagas na formação profissional ou na educação.

Na RDA havia 9,5 milhões de postos de trabalho. A desindustrialização destruiu metade. Foram vítimas do lucro que encheu abundantemente os bolsos do grande capital. Muitas pessoas encontraram-se na pobreza e em situação de necessidade em consequência desta barbaridade. Depois da anexação pela RFA, desapareceu o que era querido aos trabalhadores da RDA: a segurança em matéria social garantida pelo socialismo.

A RDA era um país com uma indústria e uma agricultura modernas, dispondo de uma ampla rede de proteção social. A agricultura da RDA conseguia assegurar o abastecimento alimentar interno e exportar alimentos.

Não há nenhuma razão nem ninguém tem o direito de denegrir as realizações dos trabalhadores, por muitos erros e insuficiências que tenham afectado o socialismo e que foram objecto de debates. Como os desequilíbrios no desenvolvimento económico, os problemas quanto a produtos de consumo, a escassez de matérias-primas, a incapacidade da indústria ligeira dar resposta às necessidades, os problemas de abastecimento de bens de consumo, a política de preços, a qualidade dos produtos.

Foi um erro não se ter dado rápido seguimento às propostas apresentadas no Plenário realizado em 1988, no sentido de uma maior participação das pessoas na gestão direta da sociedade, das empresas, dos bairros. Contudo, pretender que não havia democracia no socialismo ou até mesmo afirmar que a democracia burguesa é superior à democracia socialista não corresponde nem à verdade nem às realidades da sociedade capitalista, que estão à vista de todos.

É necessário romper o véu da conversa sobre uma democracia acima das classes. Só pode haver uma verdadeira democratização se as pessoas que criam riqueza forem as proprietárias dos principais meios de produção e da terra. A democracia burguesa, onde funciona, reduz-se a espaços de liberdade conquistados ao capital pela luta dos trabalhadores. Quando o poder está nas mãos do capital, o povo é tutelado.

Foi subestimada a influência de inúmeras estações de televisão e rádio sobre o comportamento das pessoas, bem como os perigos resultantes da ação da RFA no seio da NATO.

A RDA sempre defendeu uma política de paz e coexistência pacífica, deu um grande contributo para afastar o perigo guerra na Europa. Com a sua liquidação, Honecker perguntava então de forma premonitória: quanto tempo durará esta paz? Será que a França se deixará esmagar pelo abraço da Alemanha?

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A anexação da RDA pela RFA

Apesar dos bem pagos hinos entoados ao capitalismo, ninguém pode negar seriamente a situação extremamente difícil em que se encontram milhões de operários e empregados, cientistas e artistas, sejam eles defensores ou adversários da “economia de mercado”.

A Treuhand, organismo criado “para a boa administração das empresas” estatais não foi senão uma instituição para desbaratar o património do povo, entregando as empresas do Estado a preços de saldo aos trusts capitalistas ou destrui-las para eliminar concorrentes. A liquidação das empresas públicas da RDA foi um polpudo negócio para os capitalistas

O desemprego é uma tragédia para todos. Ninguém o conhecia na RDA. Imagine-se qual teria sido o resultado se então o chanceler Kohl tivesse declarado abertamente aos eleitores que haveria quatro a cinco milhões de desempregados, as rendas de casa aumentariam de três a dez vezes e que grande parte das prestações sociais seria eliminada.

Não estava em causa derrotar um “poder pessoal”, derrotar “a dominação do Politburo”, mas sim expropriar as empresas pertencentes ao povo, liquidar as cooperativas agrícolas, restituir as terras aos grandes proprietários, eliminar a propriedade socialista. Tratou-se da liquidação da RDA, das suas instituições científicas, dos equipamentos de saúde, de tudo o que estava relacionado com o Estado da RDA.

O poder do capital foi pura e simplesmente restaurado. Era isso que estava em causa. Ninguém pode negar que o guião seguido em todos os países socialistas consumado na contra-revolução foi dirigido a nível internacional. O mesmo guião levou à destruição dos partidos marxistas nestes países.

As traições

Como qualificar de outro modo aqueles que trabalharam para a restauração do sistema político e económico do capitalismo sob a capa da democracia burguesa? Dê-se a volta que se der, tratou-se da reconquista do poder da burguesia perdido 40 anos antes.

Sob a bandeira da luta contra o “estalinismo” conduziu-se a luta contra o socialismo. Todos os “reformadores” renunciaram ao socialismo, dando ouvidos ao “grande reformador” que, em seis anos, conseguiu desarmar o seu partido, o PCUS, de que era secretário-geral, e conduzir a URSS à sua aniquilação.

A RDA foi sacrificada no altar da “casa comum europeia”, pela qual Gorbatchov lutava com tanto afinco. Isto só foi possível porque houve elementos dirigentes da RDA que objectivamente contribuíram para a eliminação do socialismo. Entre estes havia traidores conscientes, que se vangloriaram de terem aberto o caminho à anexação da RDA, utilizando os seus contactos com a RFA em concertação com o círculo de Gorbatchov. A “renovação” da RDA traduziu-se apenas na sua anexação pela RFA capitalista.

Uma desmesurada campanha de calúnias contra as principais personalidades dirigentes, uma criminalização vinda das próprias fileiras conduziu a uma ampla dessolidarização, facilitou às forças reacionárias da RFA a condução da sua ampla campanha de vingança contra os comunistas e outros elementos de esquerda.

Porque se organizou uma caça às bruxas contra todos os colaboradores do partido e do aparelho do Estado, contra a segurança de Estado, contra os soldados e oficiais do Exército Nacional Popular, contra as tropas fronteiriças, contra professores, médicos, cientistas, jornalistas e artistas? Tudo isto agravou ainda mais a miséria na RDA. Centenas de milhares de famílias com as suas crianças foram lançadas numa situação de desespero.

Aqueles que desfiguraram a história do socialismo, acentuando erros e deficiências, reclamando-se eles próprios de comunistas sem defeitos, tendo embora virado costas ao partido, contribuíram para a desagregação, dificultaram o trabalho ideológico junto da juventude. Foi assim que muitas pessoas perderam as suas convicções nos ideais socialistas.

Porém, continua sem se saber o que seria o tão invocado “socialismo democrático”. O afastamento decisivo do comunismo significa não só a negação dos ideais comunistas, mas a negação das necessárias transformações das relações de propriedade.

O futuro pertence ao socialismo

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Com a destruição do socialismo na Europa, o mundo tornou-se completamente caótico e desorientado. Os EUA, autoproclamados polícias do mundo, atuam a seu bel-prazer e impõem a “nova ordem mundial” a golpes de bombas e mísseis.

A tão glorificada nova liberdade priva o indivíduo da mínima segurança. A “livre” economia de mercado penetra em todos os domínios. As conquistas sociais foram condenadas a desaparecer.

Numa nova sociedade tem de haver um lugar para cada um dos seus membros, não obstante todas as evoluções tecnológicas e outros condicionalismos. Antes de mais isso significa um posto de trabalho para cada um. O capitalismo é incapaz de o garantir, isso é hoje mais evidente do que nunca. A corrida aos lucros fixa os limites à sociedade capitalista. Quer se queira quer não, no mundo capitalista atuam as leis que Marx e Engels revelaram e provaram cientificamente em toda a sua obra.

Com a fé infantil de que “o mercado tudo soluciona” não se resolve nenhum dos problemas da Humanidade. Por isso inevitavelmente novas forças sociais, alcançarão e organizarão novas relações sociais.

“Ou a humanidade é conduzida ao abismo pelo capitalismo ou vencê-lo-á. A última hipótese é a mais plausível, porque os povos querem viver. Apesar de todas as dificuldades e perigos, apesar da situação sombria, estou e estarei confiante. O futuro pertence ao socialismo”.

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09/Novembro/2016
[1] Erich Honecker (1912-1993) operário e filho de operários, membro da Juventude Comunista alemã em 1926. Estudou em Moscovo no Colégio Internacional Lenine, em 1930 e 1931, regressando à Alemanha em 1931. Foi preso pelos nazis em 1935 sedo libertado no fim da guerra em 1945. Eleito secretário-geral do Partido Socialista Unificado da Alemanha (PSUA) em 1971; eleito Presidente do Conselho de Estado em 1979. Textos completos em:
Notas da prisão (I)
Notas da prisão (II)
Notas da prisão (III)
Notas da prisão (IV)
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Este artigo encontra-se em http://resistir.info/ .

Hillary admits creation of Mujahedin plague – The Greanville Post — Proletarian Center for Research, Education and Culture

Estudantes em Kabul, Afeganistão (1978), durante o regime socialista apoiado pela URSS.

Source: Hillary admits creation of Mujahedin plague – The Greanville Post

via Hillary admits creation of Mujahedin plague – The Greanville Post — Proletarian Center for Research, Education and Culture