Jean Bricmond, Imperialismo humanitário (Migrações para a Europa) em Rebelión

Le Grand Soir:

Impérialisme humanitaire. Droits de l’homme, droit d’ingérence, droit du plus fort ?

Jean Bricmont est professeur de physique théorique à l’Université de Louvain (Belgique). Il a notamment publié « Impostures intellectuelles », avec Alan Sokal, (Odile Jacob, 1997 / LGF, 1999) et « A l’ombre des Lumières », avec Régis Debray, (Odile Jacob, 2003).
Présentation de l’ouvrage
Une des caractéristiques du discours politique, de la droite à la gauche, est qu’il est aujourd’hui entièrement dominé par ce qu’on pourrait appeler l’impératif d’ingérence.
Nous sommes constamment appelés à défendre les droits des minorités opprimées dans des pays lointains (Tchétchénie, Tibet, Kosovo, Kurdistan), à propos desquels il faut bien reconnaître que la plupart d’entre nous ne connaissent pas grand-chose, à protester contre les violations des droits de l’homme à Cuba, en Chine ou au Soudan, à exiger l’abolition de la peine de mort aux États-Unis, ou à dénoncer la persécution des femmes musulmanes.
Le droit d’ingérence humanitaire est non seulement très généralement admis, mais il est souvent devenu un « devoir d’ingérence ». On nous assure qu’il est urgent de créer des tribunaux internationaux pour juger divers crimes commis à l’intérieur d’États-nations. Le monde est supposé être devenu un village global et rien de ce qui s’y passe ne doit nous laisser indifférent.
La sagesse de ceux qui prétendent « cultiver leur jardin » passe pour anachronique et réactionnaire. La gauche excelle dans ce discours encore plus que la droite, accusée alors d’égoïsme, et pense continuer ainsi la grande tradition d’internationalisme du mouvement ouvrier et de solidarité lors de la guerre d’Espagne ou des luttes anticoloniales. Par ailleurs, la gauche actuelle insiste sur le fait qu’il ne faut surtout pas « répéter les erreurs du passé » en s’abstenant de dénoncer les régimes opposés à l’Occident, comme la gauche « stalinienne » l’a fait dans le temps à propos de l’Union soviétique ou à l’instar de certains intellectuels « tiers-mondistes », vis-à -vis du Cambodge à l’époque des Khmers rouges ou d’autres régimes issus de la décolonisation.
Corrélativement à cette situation, les mouvements pacifistes ne sont que l’ombre de ce qu’ils étaient, par exemple lors de la crise des missiles dans les années 80, et les mouvements tiers-mondistes ont pratiquement disparu. Il n’y eut pratiquement pas d’opposition à la guerre à la Yougoslavie en 1999, qui fut la guerre « humanitaire » par excellence, et très peu lors de l’invasion de l’Afghanistan en 2001. Il est vrai qu’il y a eu des manifestations gigantesques, uniques dans l’histoire et porteuses d’espoirs certains, contre la guerre en Irak. Mais il faut reconnaître qu’une fois la victoire proclamée par l’administration Bush, les opinions publiques, en Occident du moins, sont devenues relativement muettes, alors que continuent en Irak des combats qui sont loin d’être d’arrière-garde.
De plus, Fallujah a été un Guernica sans Picasso. Une ville de 300 000 âmes privée d’eau, d’électricité et de vivres, vidée de ses habitants qui sont ensuite parqués dans des camps. Puis le bombardement méthodique, la reprise de la ville, quartier par quartier. Quand un hôpital est occupé, le New York Timesjustifie cela en disant qu’il servait de centre de propagande, en gonflant le chiffre des victimes. Justement, combien y a-t-il de victimes de la guerre en Irak ? Nul ne le sait, on ne fait pas de body count (pour les Irakiens). Quand des estimations sont publiées, même par les revues scientifiques les plus réputées, telles le Lancet, elles sont dénoncées comme exagérées.
Face à cela, combien de protestations ? Combien de manifestations devant les ambassades américaines ? Combien de pétitions pour appeler nos gouvernements à exiger des États-Unis qu’ils arrêtent ? Combien d’éditoriaux dans les journaux qui dénoncent ces crimes ? Qui, parmi les partisans de la « société civile » et de la non-violence, rappelle que les malheurs de Fallujah ont commencé lorsque, peu après l’invasion, ses habitants ont manifesté pacifiquement et que les Américains ont tiré dans la foule, tuant 16 personnes ? Il n’y a pas que Fallujah ; il y a aussi, entre autres, Najaf, Al Kaïm, Haditha, Samarra, Bakouba, Hit, Bouhriz.
LBRussels tribunal, un tribunal d’opinion qui examine les crimes américains en Irak et dont fait partie l’auteur, reçoit fréquemment des informations sur des disparitions et des assassinats en Irak. Mais à qui transmettre ces informations ? Qui s’intéresse à cela ?

 

Cette double constation, l’omniprésence de l’idéologie de l’ingérence d’une part et la faiblesse de l’opposition aux guerres impériales d’autre part, est à l’origine de ce livre. L’auteur jette un regard critique sur les préjugés qui sous-tendent l’idéologie de l’ingérence et soulève un certain nombre de questions qui sont rarement énoncées et auxquelles il est encore plus rarement répondu : quelle est la nature de l’agent qui est supposer s’ingérer ?
Comme il s’agit en pratique des pays puissants, quelles raisons a-t-on de croire à la sincérité de leurs proclamations humanitaires ? Quel est l’effet sur le long terme des ingérences occidentales dans le tiers monde ? La vision traditionnelle du droit international, qui interdit l’ingérence unilatérale, est-elle vraiment dépassée ? Notre histoire et notre mode de développement nous donnent-t-ils le droit de dire aux autres pays ce qu’ils doivent faire ? Lorsque l’on parle de droits de l’homme, pense-t-on aussi aux droits économiques et sociaux ? Si oui, ces droits sont-il toujours compatibles avec les droits politiques et individuels ? Et s’ils ne le sont pas, comment établir des priorités entre différents types de droits ?

 

Par ailleurs, on peut également poser un certain nombre de questions aux mouvements progressistes, pacifistes ou écologistes. Ces mouvements ne prennent-ils pas trop vite pour argent comptant les déclarations des médias et des dirigeants occidentaux ? En particulier, les dirigeants du tiers monde démonisés par l’Occident sont-ils vraiment de nouveaux Hitler, face auxquels toute compromission équivaudrait à un nouveau Munich ? La construction européenne offre-t-elle un espoir d’alternative face à l’hégémonie américaine ? La politique d’ingérence est-elle réellement internationaliste ?
L’examen critique de ces questions ne se fonde sur aucun relativisme moral ou culturel. L’auteur admet parfaitement que toutes les aspirations contenues dans la Déclaration Universelle de 1948 sont souhaitables. La critique ne se limite pas non plus à celle, relativement courante, de l’hypocrisie du pouvoir américain, qui soutient des dictatures à certains endroits tout en prétendant imposer la démocratie à d’autres endroits. L’auteur cherche plutôt à mettre en question, d’un point de vue global, et tout en restant dans un cadre universaliste, la légitimité et les effets des politiques occidentales vis-à -vis du tiers monde.
Finalement, l’auteur tente d’esquisser une autre démarche politique que celle de l’ingérence, fondée sur une vision radicalement différente des rapports Nord-Sud et sur une volonté de remettre la critique de l’impérialisme au centre de nos préoccupations politiques. Il espère ainsi contribuer à la renaissance d’une opposition ferme et sans complexe aux agressions américaines présentes et futures.
Toute idée, aussi légitime soit-elle, court le risque d’être transformée en idéologie et d’être utilisée par les pouvoirs en place à des fins qui leur sont propres. C’est ce qui arrive avec l’idée de la défense des droits de l’homme lorsqu’elle se transforme en légitimation de l’ingérence militaire unilatérale et qu’elle appuie le rejet du droit international.
Pendant la période coloniale, la domination occidentale sur le monde a été justifiée par le christianisme ou par la ” mission civilisatrice ” de la République. Après la décolonisation et la fin de la guerre du Vietnam, c’est un certain discours sur les droits de l’homme et la démocratie, mêlé à une représentation particulière de la Deuxième Guerre mondiale, qui a rempli ce rôle.
Cette idéologie a réussi à mystifier et à affaiblir les mouvements progressistes ou pacifistes qui cherchent à s’opposer aux agressions occidentales et aux stratégies de domination. Elle est une sorte de cheval de Troie idéologique de l’interventionnisme occidental au sein des mouvements qui lui sont en principe opposés. De plus, elle contribue à faire oublier aux mouvements altermondialistes que l’ordre socio-économique profondément injuste qu’ils combattent est soutenu en fin de compte par la puissance militaire américaine.
Ce livre se propose de démêler un certain nombre de confusions idéologiques fort répandues, surtout dans les milieux progressistes, sur les thèmes des droits de l’homme et des rapports entre l’Occident et le reste du monde. Il espère contribuer ainsi à la renaissance d’une opposition ferme et sans complexe aux agressions américaines présentes et futures.
Jean Bricmont, Impérialisme humanitaire. Droits de l’homme, droit d’ingérence, droit du plus fort ? (Préface de François Houtart), octobre 2005, 256 pages Format 14 cm x 20 cm ISBN 2930402148 – 18 euros. Edition Aden http://www.aden.be

 

[Pour illustrer ce qui est erroné dans la tendance dominante, commençons par le slogan « ni-ni » : maintenant que Milosevic est à La Haye, les Talibans et Saddam Hussein renversés, les partisans de ce slogan peuvent-ils expliquer comment ils comptent se débarrasser de l’autre partie du « ni », Bush ou l’OTAN ?
Bien entendu, c’est impossible et ils le savent très bien. Mais c’est bien là tout le problème : on ne peut pas mettre sur le même pied un pays où vivent 4 % de l’humanité et dont les dirigeants déclarent ouvertement que le siècle qui commence sera « américain » et des pouvoirs brutaux (au demeurant très différents entre eux) mais dont l’action est fortement limitée dans le temps et dans l’espace. Jean Bricmont ]

 

 

 

Entrevista a Jean Bricmont, escritor y profesor de física teórica en la Universidad de Louvain, cuya última obra analiza cómo la excusa de la defensa de los derechos humanos se ha transformado en un instrumento de injerencia militar:
Imperialismo humanitario

 

 

Traducido para Rebelión por Germán Leyens

 

 

Jean Bricmont, es profesor de física teórica en la Universidad de Louvain; intelectual comprometido, acaba de publicar: “Impérialisme humanitaire. Droits de l’homme, droit d’ingérence, droit du plus fort? “ [Imperialismo humanitario. Derechos humanos, derecho de ingerencia, ¿derecho del más fuerte?]. Es una obra que analiza cómo la idea de la defensa de los derechos humanos en el intervencionismo occidental se ha transformado poco a poco en la legitimación de la injerencia militar. Jean Bricmont también forma parte del “Tribunal de Bruselas”. Es un tribunal de opinión que examina los crímenes de guerra en Irak y se considera como la continuación de la gran movilización internacional contra la guerra en Irak. Compuesto de intelectuales y juristas, el Tribunal de Bruselas participa igualmente en un movimiento más amplio que quiere poner fin al nuevo orden imperialista mundial.

Silvia Cattori: En la introducción a su último libro “Imperialismo humanitario”, usted escribe que existen dos tipos de sentimientos que conducen a la acción política: la esperanza y la indignación”. Toda persona dotada de conciencia no puede dejar de sentir indignación después leerlo. Países enteros han sido salvajemente destruidos por gobiernos que, como Estados Unidos, han actuado al margen del derecho y, lo que es más grave, con la complicidad de lo que se da por llamar la “comunidad internacional”. ¿Qué medios se pueden utilizar para difundir esta indignación en la opinión pública y asegurar su impacto político?

Jean Bricmont: ¡Qué pregunta complicada! Me limito a lo que soy capaz de hacer, escribir y hablar: evidentemente, se necesitan otros relevos, organizaciones políticas que no puedo, personalmente, estructurar. Las que existen no son suficientemente conscientes de las verdaderas prioridades, según mi modesta opinión. Hay que re-crear un movimiento internacional contra la guerra en Irak, como hubo en la época de la guerra de Argelia, de la guerra de Vietnam, de la crisis de los misiles, y como ya no existe en la actualidad.

S.C.: ¿Piensa que el desafío lanzado al mundo por “Eje por la Paz”, creado por iniciativa de Thierry Meyssan de la Red Voltaire, pueda constituir el punto de partida de un gran movimiento contra la guerra?

Jean Bricmont: La idea es buena: reunir a personas de diversos horizontes filosóficos, políticos, religiosos, y que actúan a favor de la paz; la mayor parte de los conflictos en el mundo son conflictos regionales, entre países vecinos o dentro de un mismo país. No hay más que un país que se permite enviar sus tropas lejos de sus fronteras, contra un país que no le ha hecho ningún mal, bajo pretextos totalmente inventados, y es Estados Unidos. Esta forma de actuar es una amenaza para la paz mundial, y debe ser detenida; no es una tarea simple, requiere la colaboración de la población estadounidense, y constato que una parte de esta última se da cuenta de que la opinión pública mundial no acepta la política de su gobierno. Al protestar aquí contra la política estadounidense, apoyamos a aquellos que, en Estados Unidos, quieren cambiar la política de su país.

S.C.: Si la mayoría de la gente se horroriza ante las imágenes que llegan de Irak, de Afganistán, de Palestina, no sabe con claridad que toda esta barbarie ha contado con el apoyo de los partidos progresistas. ¿Cómo han podido degenerar estos últimos hasta llegar a hacer creer que Bush y Blair libran una guerra por buenos motivos, siendo que se trata de agresiones contra la libertad y la dignidad de los pueblos?

Jean Bricmont: Hay que distinguir; hay diversos aspectos. La política de Bush no ha sido muy popular en los medios que pueden ser calificados de izquierdas, incluyendo el movimiento favorable a la ingerencia humanitaria. La política que fue verdaderamente popular, era la de Clinton; durante todo el período de su presidencia hubo un embargo contra Irak que sin duda ha causado más muertos que la guerra, y vi muy pocas protestas contra ese embargo por parte de personas que abundaban en elogios de la ingerencia humanitaria, por ejemplo en Yugoslavia. Si la gente no apoya la política de Bush, es porque posee el arte de presentarla muy mal, lo que resulta en que la hace impopular; también es muy arrogante, lo que agrava su impopularidad, sobre todo en el extranjero. Clinton no era así. Por otra parte, el apoyo de la izquierda al intervencionismo frenó la oposición a las guerras, incluso a las de Bush, y hace que dicha oposición sea relativamente superficial. No se opone por principio a la hegemonía y a la guerra en Irak, sino porque Bush es torpe. El objetivo del libro es sacudir al sector de la izquierda constituido por personas que a menudo son muy sinceras, pero que no poseen una visión suficientemente global de la situación como para tener como prioridades la paz y el respeto a la soberanía nacional de los países del Tercer Mundo. Ese tipo de ideas ha sido mermado por la ideología de la ingerencia humanitaria que nació después de la guerra de Vietnam.

S.C.: ¿Cuáles son los países que han sufrido guerras en nombre de ese “derecho de intervención?

Jean Bricmont: Desde el comienzo de la era colonial, existe fundamentalmente en Occidente una ideología según la cual, porque somos países civilizados, más respetuosos de la democracia y de los derechos del hombre, más desarrollados, más racionales, más científicos, etc., tenemos derecho a cometer monstruosidades contra países que consideramos como menos civilizados. El cristianismo, la misión civilizadora de la república, la carga del hombre blanco donde los ingleses, han servido sucesivamente de justificación ideológica para crímenes abominables. En la actualidad, la ideología que tiende a remplazar todo eso, es la ideología de los derechos humanos y de la democracia. Esto no conduce forzosamente a la guerra, pero abarca otras formas de acción, como el embargo contra Irak, o contra Cuba, y otras sanciones, que son aceptadas porque van dirigidas contra regímenes horribles, o que supuestamente lo son. La izquierda debería considerar lo que dicen las cumbres de los países del sur, o de los países no-alineados, que se han opuesto a todas esas sanciones y que lo dicen de modo muy explícito. Para ellos, ninguna sanción puede ser unilateral y todo debe pasar por la ONU. Los países del sur, que representan a la inmensa mayoría del género humano, no desean en ningún caso una semejante política de ingerencia.

S.C.: Usted escribió: “La ideología de nuestra época, en todo caso en lo que se refiere a la legitimación de la guerra, ya no es el cristianismo, ni la “misión civilizadora” de la República, sino un cierto discurso sobre los derechos del hombre y la democracia. Ese discurso y esa representación son lo que hay que encarar si se quiere construir una oposición radical y sin complejos a las guerras actuales y futuras.” Pero, ¿de dónde salió esa teoría del derecho a la ingerencia humanitaria?

Jean Bricmont: Su origen se remonta esencialmente a la administración Carter, que realizó un cambio. Antes de, y durante, la guerra de Vietnam hubo una política de apoyo a los regímenes anticomunistas, respetuosos o no de los derechos humanos, en nombre de la lucha contra el comunismo. Después del fin de la guerra de Vietnam, Carter redoró el blasón de Estados Unidos diciendo que los derechos humanos constituían el alma de su política extranjera. Esto contradecía su práctica política en Timor o en Afganistán, pero, con esa ideología y a causa del impacto de los “nuevos filósofos” en Francia, hubo una presión inmensa sobre la izquierda para que se distanciara de los movimientos revolucionarios y de liberación en el Tercer Mundo. La crisis yugoslava fue el clímax de la legitimación de la intervención porque la izquierda se puso a repetir consignas como: “No se puede permitir que hagan eso”, “es como Hitler antes de la guerra”, etc. El cambio de mentalidad se completó con la guerra de Kosovo, y la izquierda, sobre todo en Occidente, había capitulado por completo en el tema de la defensa de la soberanía nacional y del derecho internacional. Es lo que hace que la oposición a la guerra en Irak haya sido muy débil, sobre todo ideológicamente, en las cabezas de las organizaciones que podían estructurar esa oposición. Se aceptaban argumentos del estilo de: “Sí, pero primero hay que desarmar a Irak… “Aceptaban casi todos los pretextos a favor de la guerra, incluso personas que se declaraban contra la guerra. Y en la actualidad, las mismas personas parecen aceptar la idea de que los estadounidenses van a permanecer indefinidamente en Irak. La idea general, es que se asiste en Irak a una transición hacia la democracia: no todo va bien pero las cosas en general van mejor, o por lo menos, van a terminar por mejorar. En el momento de la caída de Bagdad gente de mi entorno creía que se había acabado y que no habría más resistencia. Muchos piensan todavía que esta última terminará por ser vencida, pero yo lo dudo.

S.C.: ¿No será que los ideólogos que han proclamado que había que imponer la democracia para combatir el “terrorismo”, han invertido el problema porque les convenía? ¿No habría sido necesario enfrentar las causas profundas, especialmente Israel, que provoca todos los conflictos regionales?

Jean Bricmont: No diría que eso genera todos los demás conflictos, pero juega un papel inmenso en muchos otros conflictos, eso es seguro. Los occidentales no comprenden que la naturaleza del conflicto israelí-palestino va mucho más allá de las fronteras de Israel o de Palestina por una razón muy simple: lo que los europeos han hecho, es hacer pagar a los árabes por los crímenes cometidos por los europeos contra los judíos. Las cosas se pueden resumir diciendo que no crearon un Estado judío en Europa, para compensar las desgracias sufridas por los judíos en Europa, no sólo porque los sionistas querían un Estado en Palestina, sino porque esta última estaba poblada por árabes, considerados en ese tiempo como carentes de todo valor. Desde entonces, no se ha reconocido jamás la raíz del conflicto, se han sumado otros conflictos al conflicto inicial, se ocupan territorios, etc. En realidad, las cosas se han agravado y existe una ceguera de los occidentales sobre las raíces y la profundidad del conflicto. No hay un niño que crezca en Rabat, incluso si están tan lejos de Palestina, que no sepa que si Israel fue creado en el sitio en el que se encuentra, es porque los europeos lo han hecho, judíos y no-judíos, que se creían más civilizados que árabes como él, y eso es difícilmente tolerable. Es una dimensión del conflicto que es mucho más profunda que lo que se comprende en general en Occidente.

S.C.: A propósito de la crítica de la política de Israel y del sionismo, usted ha escrito: “Cuando judíos como Norman Finkelstein o Noam Chomsky se atreven a criticar la política del movimiento sionista, tratan de hacerlos callar acusándolos de una extraña enfermedad psicológica, el “odio a sí mismo”. Y en cuanto a los no-judíos, basta una sola palabra: “antisemitismo”– ¿Qué se puede hacer para reconquistar un derecho a la libre expresión, asfixiado en la actualidad – especialmente en Franca – por esas acusaciones sin fundamento?

Jean Bricmont: Hay dos tipos de problemas: por una parte la satanización y la intimidación, por otra los procesos (Dieudonné Mbala Mbala, Edgar Morin, Israel Shamir y otros). Frente a esta situación, hay que defender la libertad de expresión. Es otro error de la izquierda y, de modo irónico, es precisamente una izquierda que se quiere antifascista y antiestalinista, la que adopta la doctrina, común al fascismo y al estalinismo, según la cual el Estado tiene derecho a determinar lo que se puede decir en cuanto a la historia o sobre otros temas. Las leyes que reprimen la libertad de expresión parten de ideas antirracistas tal vez generosas, pero mal entendidas. Esas leyes, igual que la ley Fabius-Gayssot contra el negacionismo, son sostenidas en general por la izquierda y la extrema izquierda (Gayssot es comunista). Pienso que es un error total, porque la respuesta a los discursos supuestamente de odio, es más discursos, no menos. Existen perfectamente medios de combatir al antisemitismo respetando la libertad de expresión; no faltan medios donde expresar puntos de vista criticando al antisemitismo. Además estoy perfectamente de acuerdo en que se critique al antisemitismo pero no es posible hacerlo de modo eficaz si no se distingue radicalmente entre el antisionismo, que consiste en un cierto número de actitudes políticas, y el antisemitismo, que es una forma de racismo. La gente que amalgama las dos cosas piensa que va a librarse del antisionismo difamándolo, al asociarlo con el antisemitismo; el problema es que se puede leer al revés la ecuación antisionismo=antisemitismo, es decir que se puede legitimar el antisemitismo al asociarlo con el antisionismo. Los que practican esta asimilación piensan que van a hacer desaparecer ideas que no les gustan, pero no se dan cuenta en todos los casos de que también pueden legitimar ideas que les gustan menos aún.

S.C.: Los movimientos que pretendían ser anticolonialistas han apoyado la ideología del intervencionismo occidental. Personalidades políticas – como Bernard Kouchner, Cohn Bendit, Joska Fischer – han hecho uso cínicamente de los derechos humanos y de la democracia por motivos oportunistas. ¿No es aún mayor la responsabilidad de estos personajes de gatillo fácil si se considera que los medios les han dado vía libre para proceder al lavado de cerebros?

Jean Bricmont: No quiero emprenderlas demasiado contra persona; es verdad que a veces cito en el libro a personas que son representativas de esa esfera de influencia, como Kouchner o Havel. Pero lo importante, es la desviación del movimiento ecológico. Cuando nació ese movimiento, era no-violento, opuesto a todo ejército, y ahora apoya una política una política de ingerencia humanitaria que presupone un ejército importante. Exigir una política de ingerencia humanitaria presupone tener los medios, un ejército poderoso, la posibilidad de transportar tropas a miles de kilómetros de distancia. Esta transformación del movimiento ecológico es extraordinaria. En la época de la guerra fría, existía verdaderamente una amenaza de guerra, tal vez exagerada, pero la URSS era poderosa y su ejército nos era potencialmente hostil. A pesar de ello, en esa época, los ecologistas abogaban por una defensa civil no-violenta, incluso en caso de agresión soviética. Por lo tanto, la ideología de la ingerencia ha producido transformaciones profundas, irreconciliables con la perspectiva ecologista del comienzo, a causa precisamente de la militarización que presupone su nueva posición política. Esto ocurrió en los años noventa, y esos movimientos oponen actualmente una resistencia muy débil a la guerra en Irak, no dicen mucho al respecto, y no hacen mucho. No dicen, por ejemplo: nuestra prioridad es exigir el retiro de las tropas estadounidenses de Irak. En EE.UU., por paradoja, existe una oposición muy fuerte a la guerra en ciertos sectores de la derecha, que no es neoconservadora, sino que es más tradicional, así como entre ciertos militares y sus familiares que pagan el costo de la guerra, en vidas humanas. Esta oposición contrasta con la actitud de los demócratas, o de la izquierda “moderada”, que dicen: “Hay que seguir ocupando, no podemos abandonar a los iraquíes, etc.” ¡No es sólo el gobierno Bush el que debilita el movimiento por la paz!

S.C.: Ha habido unanimidad en las fuerzas políticas para barrer con los principios que rigen el derecho internacional. Al no condenar a los Estados que han violado esos principios, las instancias internacionales han perdido igualmente todo crédito. El Consejo de Seguridad de la ONU ha ratificado las peores sanciones. ¿No ha llegado la hora de construir muros de contención para impedir que la superpotencia de Estados Unidos vaya más lejos? ¿Y no es demasiado tarde?

Jean Bricmont: No es nunca demasiado tarde. En lo que se refiere a la ONU, hay que usar matices. Lo que usted dice del Consejo de Seguridad es verdad: han legitimado la agresión, las sanciones, etc. Pero igual hay que ver a la ONU como un adelanto mayor en relación a lo que existía antes de 1945, porque ha reforzado el derecho internacional y ha ofrecido un medio para solucionar conflictos de manera pacífica antes de que estallen. Los votos de la asamblea general de la ONU son también interesantes: expresan en muchos temas el punto de vista de la opinión pública mundial. El problema del Consejo de Seguridad, es el derecho a veto, y el exorbitante poder de Estados Unidos, que posee medios enormes de presión sobre los miembros no-permanentes del Consejo de Seguridad. Toda reforma de la ONU debe pasar por la ONU, es decir debe tener el acuerdo de los países que tienen derecho a veto, y yo no sé cómo obligarlos a aceptar reformas que serían positivas en el sentido de que limitarían el poder de los Estados más poderosos, es decir el de ellos. Pienso que proyectos regionales, el proyecto bolivariano en América del Sur o el grupo de Shangai que agrupa a China, Rusia y otros países, que tratan de poner límites a la hegemonía estadounidense, constituyen buenos pasos. Y ciertos dirigentes estadounidenses se dan cuentan de que la política de Bush es la que, por reacción, suscita esas dinámicas, y por lo tanto querrían una política más suave, lo que se producirá sin duda cuando los demócratas vuelvan al poder: un retorno a la política de Clinton. Si las cosas van mal en Irak para EE.UU., y si se convierte en una catástrofe, tal vez haya un electrochoque, una revuelta de la población. Por el momento, la población no está muy preocupada, es relativamente indiferente, pero una política aislacionista podría recibir el apoyo de la mayoría de la población estadounidense. Para el resto del mundo, sería sin duda la solución menos mala.

S.C.: Ya que el agresor es al mismo tiempo el que financia a las ONG, esto implica que espera de ellas que se conduzcan frente a los verdugos como si fueran perfectamente legítimos. ¿Se puede continuar teniendo confianza en esas ONG que se han involucrado en esos desastres programados y que hoy hacen el trabajo humanitario como si fuera un negocio?

Jean Bricmont: No quiero pronunciarme de un modo demasiado categórico, no he estudiado en detalle el problema de las ONG. Simplemente presento un cierto número de ejemplos en el libro: Cuando sobrevino la guerra en Irak, Human Rights Watch denunció la forma como EE.UU. hizo la guerra, lo que ha causado, dicen, centenares de muertos inútiles. Pero, según un estudio publicado por la prestigiosa revista médica The Lancet, habría habido 100.000 muertos civiles y, por lo menos, hay 25.000. Por lo tanto la declaración de Human Rights Watch es absolutamente extraordinaria: se indigna, denuncian un crimen, y al mismo tiempo minimizan considerablemente su amplitud, lo que es una forma particularmente hipócrita de defenderlo. El fondo del problema, es la “N” en ONG. ¿En qué medida es real? Las ONG no son gubernamentales en el sentido estricto de la palabra, pero son en general y en gran parte financiadas por los gobiernos, o por la Unión Europea, ¡y eso no parece causarles problemas! En realidad, como esas ONG son financiadas por países democráticos, sus militantes piensan que ese financiamiento no puede tener influencia, amañar su conducta, llevarlas a hacer algunas cosas y no otras. Pero es evidente, para presentar un ejemplo extremo, que una ONG de médicos no sería financiada para ir a atender a los miembros de la resistencia iraquí. Por lo tanto, la fuente del financiamiento de las ONG, que es gubernamental, influye sobre sus decisiones. Es un poco como en el caso de la prensa: Es “libre”, pero todos los periodistas interiorizan la idea de que hay cosas que no se hacen y no se dicen: las que pondrían en peligro sus contactos con los que están en el poder, o los recursos publicitarios de sus periódicos. Entre los militantes de las ONG, la credulidad fundamental concierne la creencia en la neutralidad de los Estados que las financian.

S.C.: La situación de las víctimas se hace aún más dramática por el estado de inferioridad en la que se encuentran los pueblos. Y se les prohíbe igualmente resistir al agresor. Por lo tanto todo se pasa como si la dignidad de las palabras no tuviera valor cuando se trata de árabes y musulmanes. Pero su libro, como un grito, hace comprender que ya no es posible callarse. ¿Qué pueden hacer los ciudadanos deseosos de cambiar las cosas sin equivocarse por las políticas?

Jean Bricmont: He tratado de argumentar, de hacer un libro que ataca lo más rigurosamente posible a la ideología imperial. Yo no quiero hacer reaccionar a la gente por la fuerza, aunque parta de una indignación: me chocó ver la debilidad de la oposición durante la guerra en Yugoslavia, en los movimientos contra la guerra, pacifistas, de extrema izquierda, etc. En 2003, la población se movilizó, es verdad, pero fue momentáneo. La situación en Irak choca probablemente a muchas personas, pero no comprenden que lo que hay que hacer, es decir a Estados Unidos: “Respecten el derecho internacional, punto y aparte, vuelvan a su casa”. Si en Irak no hubiera habido resistencia, todos habrían dicho: Muy bien, Bush los libró de Sadam Husein, y ya está, se habrían lanzado a la guerra contra Irán, contra Siria, o en Cuba, hasta que los detuvieran en algún sitio. Siempre he pensado, desde el comienzo de la ideología de la ingerencia, que ésta llevaría a un nuevo Dien Bien Phu o a un nuevo Stalingrado, porque esa ideología es totalmente errónea, Debemos cooperar con los países del Tercer Mundo sobre la base de un respeto mutuo, no meternos en sus asuntos internos. Desde el comienzo de los años ochenta, la izquierda toma un rumbo totalmente equivocado con esta ideología. Además, es un truco que fomenta el poder de los países occidentales (vayan a salvar a los kosovares, a las mujeres afganas, etc.) y sobre todo su peor aspecto, el poder militar.

S.C.: Usted dice que el futuro retendrá sin duda de nuestra época la imagen de una indiferencia generalizada ante políticas criminales, mezclada con una perfecta buena conciencia, simbolizadas por el moralismo de un Kouchner que justifica indirectamente el cinismo de un Rumsfeld. En lo inmediato, después de haber destruido y desmembrado Irak, quebrantado a la gente, esta vez Irán y Siria son amenazados por Bush, Blair y también Chirac. ¿No caracterizan la hipocresía, las mentiras, y las sumisiones a la política y la diplomacia? ¿Se puede esperar, a pesar de todo, que nuestro futuro será menos cruel que nuestro pasado?

Jean Bricmont: Hay una especie de carrera de velocidad entre la superpotencia estadounidense y la opinión pública mundial: si esta última es suficientemente fuerte, Estados Unidos se encontrará en una situación de la que se puede esperar que lo bloquee. La situación militar en Irak, es el nudo de todo; mientras se vean inmovilizados por la resistencia en Irak, no los veo atacando a otros países, salvo mediante bombardeos. Pueden bombardear a Irán y Siria, pero no tienen suficientes tropas para invadirlos. Además, tenemos a Latinoamérica donde la situación no es nada de buena para los estadounidenses. Lo que es muy peligroso, es la nueva posición del Pentágono que considera abiertamente el uso de armas nucleares contra países que no poseen tales armas. Es su nueva doctrina. Muchos científicos estadounidenses y franceses se movilizan contra esta política. Pero a pesar de ello hay que esperar que haya una reacción en Estados Unidos, que les impida utilizar el arma todopoderosa que es el arma nuclear. Siempre han tenido una doble estrategia: las armas convencionales, en cantidades absurdas, más el arma nuclear. Han demostrado en Irak, para sorpresa de muchos, que las armas convencionales no bastan. Por lo tanto, lo único que les queda, es el arma nuclear. ¡Hay que impedir que la utilicen! Para convencer a la opinión dicen: “vamos a miniaturizar el arma nuclear,” será mucho menos devastadora, por lo tanto su utilización será políticamente más aceptable. Es muy peligroso. Existe efectivamente una carrera de velocidad entre un militarismo estadounidense que puede no aceptar su derrota, y la opinión pública mundial, incluyendo a una buena parte de la opinión pública estadounidense, ya que una fracción importante de ésta piensa que hay que destituir a Bush, lo que no está mal.

S.C.: Su libro, que apela a la sensibilidad y a la compasión que debemos a los seres que no tienen la posibilidad de vivir con dignidad, puede contribuir a aumentar las posibilidades de una toma de conciencia. Pero ¿puede esperarse verdaderamente que los dirigentes que se han equivocado de rumbo lo vayan a leer y que echen marcha atrás bajo la presión de la opinión pública, y particularmente la de sus electores?

Jean Bricmont: No espero que dirigentes como Bush me vayan a leer. En todo caso no leen mucho. Pero deseo abrir la discusión en la izquierda, y re-crear la actitud que existía en los movimientos anticolonialistas del pasado, que era mucho más lúcida respecto a lo que son nuestros propios países. Además, hay que darse cuenta que en Occidente somos los principales responsables de la política de los países occidentales. Cuando vemos políticas en los países del tercer mundo que no nos gustan, hay que comenzar por discutir con la gente que vive allá, pero con las organizaciones representativas de las masas, no con grupúsculos o individuos aislados. Hay que tratar de ver si sus prioridades son las mismas que las nuestras. Por ejemplo, la gente de a pie en Latinoamérica no ve a Cuba de la misma manera que en Francia, donde cuesta decir algo bueno sobre Cuba, pero en Latinoamérica es bastante popular. Una persona como el primer ministro de Malasia, Mohammed Mahatir, es demonizada en nuestro país (por antisemitismo), pero lo que ha dicho es sin duda relativamente popular en los países musulmanes (y no simplemente por el antisemitismo). Existe una extraordinaria conciencia tranquila occidental que consiste en decir: “Esa gente son dictadores, o musulmanes fanáticos, extremistas, etc.”, que permite ignorar y no escuchar lo que piensa una gran parte del género humano. Espero que el movimiento altermondialista instituya canales que permitan una mejor comprensión de los puntos de vista del sur. Por el momento, la izquierda occidental tiende a permanecer en su rincón, aunque tiene poquísima influencia donde reside y hace indirectamente el juego del imperialismo al satanizar al adversario, al otro, al árabe, el ruso, el chino… en nombre de la democracia y de los derechos humanos. De lo que se es responsable antes de todo, es del imperialismo de su propio país. Comencemos por lo tanto a encarar ese tema y a enfrentarlo de manera eficaz; de los crímenes de los otros: Sadam, Milosevic, Bin Laden, hablaremos cuando corresponda.

Ver también: http://www.voltairenet.org/article131461.html#article131461

Bibliografía.

– Jean Bricmont, Impérialisme humanitaire. Droits de l’homme, droit d’ingérence, droit du plus fort ?, Aden, Bruselas, 2005, 18 Euros.
– Jean Bricmont, Régis Debray, A l’ombre des Lumières, Odile Jacob, Paris, 2003
– Jean Bricmont, Alan Sokal, Impostures Intellectuelles, Odile Jacob, Paris, 1997 (2ème édition, Le livre de poche, 1999)
– Jean Bricmont, Diana Johnstone, « Les deux faces de la politique américaine », in : L’empire en guerre (coll.), Le temps des cerises, Paris, 2001
– « Folies et raisons d’un processus de dénigrement, Lire Noam Chomsky en France », postface in : Noam Chomsky, De la guerre comme politique étrangère des Etats-Unis, Agone, Marseille, 2002
– « L’espoir change-t-il de camp? » en: Mourir pour MacDo en Irak (coll.), Aden, Bruselas, 2004
– Prfacio en: Norman Finkelstein, Tuer l’espoir: introduction au conflit Israélo-Palestinien, Aden, Bruselas, 2003
– « Donner un contenu concret à la notion de classe », prefacio en: Geoffrey Geuens, Tous pouvoirs confondus, EPO, Bruselas, 2003
– « La fin de la “fin de l’histoire” », y « Questions aux “défenseurs des droits de l’homme” », en: 11 de septiembre 2001, La fin de la “fin de l’histoire” (coll.), Aden, Bruselas, 2001.

Anúncios